Une intelligence artificielle de Google découvre des exoplanètes avec la NASA

Une huitième planète vient d’être découverte autour de l’étoile Kepler-90, presque semblable au Soleil, grâce à l’intelligence artificielle. Kepler-90i est la troisième plus proche de son soleil — Crédit : NASA, Ames Research Center, Wendy Stenzel

L’intelligence artificielle de Google, au moyen du machine learning, a prêté main-forte à la NASA pour identifier de nouvelles exoplanètes dans la base de données de Kepler. Des mondes, en particulier, qui étaient restés cachés au sein de systèmes déjà connus. Parmi ses premières prises : Kepler-90i, une huitième planète autour d’une étoile qui ressemble au Soleil. On connaît donc désormais deux systèmes de 8 planètes.

Ce jeudi 14 décembre, à 19 h heure de Paris, la NASA a fait une « annonce majeure » dans le domaine de la recherche d’autres mondes, au-delà de notre Système solaire. Au centre de la conférence : le télescope spatial Kepler, chasseur inégalé d’exoplanètes, et un poids lourd de l’informatique, Google.

Le célèbre moteur de recherche, sous l’impulsion de Christopher Shallue et Andrew Vanderburg, a souhaité en effet s’associer avec l’Agence spatiale américaine pour l’aider à débusquer les planètes en orbite autour d’autres étoiles. Il faut dire qu’au cours des quatre années de sa première mission (de 2009 à 2013), Kepler qui surveillait les changements de luminosité de quelque 150.000 étoiles — il détecte les exoplanètes quand elles passent devant leur soleil — a engrangé des quantités considérables de données. D’ailleurs, nombre d’astronomes continuent toujours d’explorer sa base de données, à la recherche de nouveaux mondes. Cela prend du temps, énormément de temps. Aussi, la contribution d’une intelligence artificielle peut être la bienvenue, d’autant plus que nous l’avons appris, ses premières traques sont très prometteuses.

L’Intelligence artificielle s’est entrainée à détecter les exoplanètes

Au moyen du Machine Learning, l’intelligence artificielle qui, inspirée du cerveau humain, tisse un véritable « réseau neural », a donc appris à identifier les exoplanètes cachées dans les réserves de Kepler et à démêler les faux des vrais positifs.

Les chercheurs attendent d’elle notamment de pouvoir repérer les signaux les plus faibles qui jusqu’ici ont échappé à l’œil humain et à d’autres IA. Au cours de son entraînement sur 15.000 cibles déjà vérifiées, l’IA de Google a réussi à identifier à séparer les bons grains de l’ivraie dans 96 % des cas.

« Nous avons eu beaucoup de faux positifs de planètes, mais aussi potentiellement plus de planètes réelles, explique Andrew Vanderburg. C’est comme si l’on cherchait des pierres précieuses dans les rochers, si vous avez un tamis plus fin, vous attraperez plus de roches, mais vous pourrez aussi attraper plus de pierres précieuses ».

Illustration du système de Kepler-90, le seul connu à ce jour avec le Système solaire, à posséder huit planètes — Crédit : NASA, Ames Research Center, Wendy Stenzel

Kepler-90i : la huitième planète dans un système qui ressemble au nôtre

Avec le Machine Learning, deux nouvelles exoplanètes ont été découvertes au sein de deux systèmes connus différents. L’une d’elles appartient à un véritable petit Système solaire.

Nommée Kepler-90i, elle gravite autour de Kepler-90, une étoile semblable au Soleil, située à 2.545 années-lumière de nous et de Kepler. Environ 30 % plus grande que la Terre, elle est la huitième planète de ce système. Huit, cela fait autant que dans notre Système solaire qui jusqu’à présent était le seul connu avec autant de planètes. Celui de Kepler-90 pourrait sembler atypique — mais c’est sans doute le nôtre qui l’est — car tous ces mondes sont très proches de leur soleil. Le plus éloigné de toutes, Kepler-90h, orbite à une distance similaire à celle de la Terre autour de notre Soleil. C’est une sorte de Système solaire ramassé, où les planètes rocheuses sont plus proches de l’étoile que les gazeuses. Une année sur Kepler-90i ne dure que 14,4 jours. Sa proximité avec son étoile-parent ne la rend pas habitable : la température à sa surface atteindrait 300 °C en moyenne.

L’autre prise de l’IA est une sixième planète, jusqu’ici insoupçonnée, dans le système de Kepler-80. Kepler-80g aurait les mêmes dimensions que la Terre mais ne semble pas habitable. Cinq planètes, dont celle-ci, sont en résonance, un peu comme dans le système Trappist-1. La découverte de cette planète de dimension terrestre qui avait échappé jusqu’alors montre tout l’intérêt de marier l’intelligence artificielle à la quête des mondes lointains. La capacité d’identifier de petites planètes rocheuses qui sont peut-être habitables et habitées est ainsi augmentée.

« Cette découverte montre que nos données seront un trésor pour les chercheurs innovants pour les années à venir », a déclaré Paul Hertz, directeur de la division astrophysique de la Nasa à Washington.

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1 Comment

  •  » Celui de Kepler-90 pourrait sembler atypique — mais c’est sans doute le nôtre qui l’est — car tous ces mondes sont très proches de leur soleil. »

    Attention aux biais imposés par les méthodes utilisées. En particulier celle des transits où les planètes plus proches de leur étoiles donnent des signaux plus importants. Il n’est pas surprenant que l’on détecte plus facilement les grosses planètes proches de leur soleil. Cela ne signifie par pour autant que ces systèmes soient majoritaires.

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