Pluton se dévoile à la sonde New Horizons

pluto may 2015
La surface de Pluton apparait de plus en plus détaillée sur ces images réalisées avec le télescope Lorri de la mission New Horizons, entre le 8 et le 12 mai 2015. La présence d’une calotte polaire semble se confirmer. On remarque sur ces images traitées avec la méthode de déconvolution, des structures contrastées et relativement complexes. La sonde était alors à 77-75 millions de km de la planète naine

A raison de 1,2 millions de km par jour, la sonde New Horizons approche à grand pas de la première étape de sa grande mission : le système de Pluton. Les images prises entre le 8 et le 12 mai suggèrent l’existence de structures complexes et très contrastées.

Comme ce fut le cas récemment avec Cérès, première planète naine jamais visitée par une sonde spatiale — en l’occurence Dawn —, le vrai visage de Pluton commence à se dévoiler. Certes, progressivement, par petites touches, mais le moment où les scientifiques et le grand public vont enfin découvrir la surface de cet astre lointain, jadis considéré comme la neuvième et dernière planète du Système solaire, est proche.

Son survol, à environ 12.500 km, par le vaisseau New Horizons est prévu en effet pour le 14 juillet prochain, soit dans 45 jours. Commencé le 19 janvier 2006, ce long périple de plus de 4,7 milliards de km nous emmène sur les rives inexplorées des confins, au-delà de l’orbite de Neptune. Pour la première fois depuis sa découverte en 1930, Pluton et son cortège de satellites naturels — demeurés longtemps inconnus —, se démasquent.

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Entre les images capturées à la mi-avril, à quelque 110 millions de km de la planète naine, et celles obtenues entre le 8 et le 12 mai, alors que New Horizons n’était plus qu’à 77-75 millions de km, Pluton a grandi d’environ 50 % dans le champ du télescope Lorri (Long-Range Reconnaissance Imager). Cette dernière série publiée par le JHUAPL (Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory) couvre une période de rotation complète de l’astre sur son axe (6,4 jours), offrant ainsi aux planètologues la possibilité de distinguer ses éventuelles différences de luminosité et de contrastes qui pourraient refléter sa géomorphologie.

« Ces nouvelles images nous montre que les différentes faces de Pluton sont toutes distinctes. » Pour Alan Stern (Southwest Research Institute, Boulder), directeur scientifique de la mission, cela suggère la complexité de la géologie à sa surface ou les variations de sa composition d’un endroit à un autre. Ces images continuent aussi de soutenir l’hypothèse que Pluton possède une calotte polaire dont l’étendue est variable selon la longitude ; nous serons en mesure de déterminer définitivement la température de cette région polaire brillante, assure-t-il, lorsque nous obtiendrons les mesures spectroscopiques de sa composition en juillet ».

Les images ont été traitées selon une méthode baptisée déconvolution (inverse de la convolution) qui permet de les optimiser. Cependant les membres de la mission préviennent que l’algorithme peut parfois ajouter de faux détails, aussi préfèrent-ils encore attendre avant de confirmer l’existence de certaines structures remarquables.

Le niveau de détails de la surface de Pluton va naturellement continuer de croître à mesure que le vaisseau s’approche. Chaque jour, c’est approximativement 1,2 millions de km qui sont parcourus. Et il n’en reste plus que 54 millions avant l’arrivée. « Fin juin, la résolution des images sera quatre fois meilleure que pour celles faites entre le 8 et le 12 mai, déclare Hal Weaver, chercheur de la mission au JHUAPL, et au plus proche (le 14 juillet, NDLR), nous nous attendons à obtenir des images avec une résolution 5.000 fois supérieure à l’actuelle ».

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Pluton et ses satellites, photographiés le 11 mai par New Horizons, à moins de 64 jours de son survol à 12.500 km. Les équipes de la mission n’ont pas détecté pour l’instant la présence de débris voire de petites lunes qui pourraient mettre en danger la sonde spatiale et sa navigation. D’autres recherches sont prévues les 29-30 mai

A ce stade de la mission, les équipes sondent l’environnement de la planète naine par prévention, à la recherche d’éventuels débris ou poussières qui pourraient mettre en péril NH. Une particule aussi petite qu’un grain de riz pourrait en effet lui être fatal, rappelle le JHUAPL dans son communiqué de presse. Les quelque 144 pauses de 10 secondes réalisées avec Lorri, les 11 et 12 mai (alors à une distance d’environ 76 millions de km) n’ont pour l’instant rien révélé de menaçant. Toutes les lunes connues apparaissent et aucun nouveau cas n’a été détecté, pas plus d’ailleurs de présence d’anneaux… Si le système Pluton-Charron en possède, leur largeur ne doit pas excéder 1.600 km, estiment les scientifiques et réfléchir moins de cinq millionième de la lumière du Soleil…

Une nouvelle campagne de prospection est prévue ce 29 et 30 mai. La sensibilité devrait être deux fois supérieure à la première. Un premier rapport sera publié le 12 juin et les scientifiques se donnent jusqu’au 4 juillet pour décider d’une éventuelle correction de sa trajectoire et opter pour l’un des trois itinéraires alternatifs.

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