Ne manquez pas les Géminides dans la nuit du 13 au 14 décembre

Les Géminides est une des plus belles, si ce n’est la plus belle, pluie d’étoiles filantes de l’année. L’activité de l’essaim météoritique culminera dans la nuit du 13 au 14 décembre. Plus de 100 météores par heure devraient être visibles. Phaéton qui en est à l’origine passera près de la Terre, le 16 décembre.

Beaucoup moins célèbres que la pluie d’étoiles filantes estivale des Perséides (pic d’activité annuel autour du 12-13 août), les Géminides n’en sont pas moins l’une des plus belles et intenses de l’année et la préférée de nombreux observateurs.

L’activité de l’essaim météoritique s’étend du 7 au 17 décembre. C’est au cours de la nuit du 13 au 14 décembre, surtout quand la constellation des Gémeaux — qui a donné son nom à l’essaim des Géminides en raison de la position du radiant près de l’étoile Castor — culmine dans la voûte céleste et passe le méridien, que la pluie d’étoiles filantes est la plus belle à regarder.

En 2017, le pic d’activité a des chances de se produire le 14 décembre vers 06 h 30 TU, selon des modèles récents basés sur des observations et des enregistrements vidéo. Des grains de poussière laissés par 3200 Phaéton lors de son passage de 2009 pourraient en effet s’ajouter aux dizaines de météores qui s’abattent sur l’atmosphère terrestre chaque heure. Le taux horaire moyen de 100 — jusqu’à 160 certaines années — pourrait ainsi être dépassé. Mais l’activité d’un essaim météoritique reste difficile à prévoir avec précision. Quoi qu’il en soit des salves de 100 météores par heure en font déjà un spectacle céleste merveilleux. Souhaitons que des conditions météo favorables soient au rendez-vous (n’oubliez pas de choisir un site où la pollution lumineuse est la plus faible possible).


L’astre-parent Phaéton passera près de la Terre le 16 décembre

Après sa découverte en 1983, Phaéton est devenu le principal suspect des astronomes quant à la paternité des Géminides. Mesurant environ 5 km, le corps céleste ne ressemble pourtant pas aux comètes, habituels astres-parents des essaims météoritiques que la Terre croise chaque année au cours de son orbite autour du Soleil mais davantage à l’astéroïde Pallas (544 km) de la ceinture principale. Se pourrait-il qu’il en soit un fragment ? C’est un des scénarios envisagés. Autrement, des chercheurs pensent que Phaéton est une sorte de comète rocheuse (ou astéroïde cométaire) dont l’activité est réveillée à chacun de ses passages près du Soleil, à seulement 21 millions de km.

Le 16 décembre prochain, Phaéton — de son vrai nom 3200 Phaéton (1983 TB) — fera son passage le plus rapproché de la Terre depuis 1974. Mesurant, d’après les observations passées, environ 5 km, il est le troisième plus gros astéroïde géocroiseur potentiellement dangereux. Mais pas de panique pour cette nouvelle visite : l’objet passera à quelque 10,3 millions de km, soit près de 27 fois la distance moyenne entre notre planète et la Lune.

Illustration de Pallas. De par sa ressemblance physico-chimique, Phaéton pourrait être un fragment de l’astéroïde de 544 km — Crédit : UCLA, B. E. Schmidt and S. C. Radcliffe

Cette proximité, qui ne présente donc aucun danger est, surtout, une formidable occasion pour les chercheurs d’éclaircir la nature ambiguë de cet objet céleste découvert au début de l’automne 1983. (Il n’y aura pas d’aussi « petite » distance entre la Terre et Phaéton avant 2093.) À Goldstone et à Arecibo, on se prépare à cette visite. « […] nous espérons obtenir des images détaillées avec des résolutions aussi fines que 75 m par pixel à Goldstone et 15 m par pixel avec Arecibo, s’enthousiasme l’équipe de l’antenne de Goldstone. Les images devraient être excellentes pour obtenir un modèle 3D détaillé ».

Bien que son nom signifie à l’origine en grec ancien, « brillant », Phaéton est un objet plutôt sombre. Les astronomes ont choisi de l’appeler ainsi car au cours de son orbite très elliptique d’une année et demie, il s’approche jusqu’à 20 millions de km seulement du Soleil, lors de son périhélie. Dans la mythologie grecque, Phaéton est le fils d’Hélios et de Clyméné qui, un peu vantard, avait fini par convaincre son père de pouvoir conduire le char du Soleil à travers la voûte céleste. Mais malheureusement pour lui — et heureusement pour tout le monde —, très maladroit, effrayé par les créatures du zodiaque (notamment par le Scorpion) et ne parvenant pas à maîtriser les chevaux, il fut foudroyé par Zeus avant qu’il ne renverse le char et embrase la Terre et le ciel…

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La pluie d’étoiles filantes des Géminides en 2016

À une semaine du solstice de décembre, exactement dans la nuit du 13 au 14 décembre, voici trois bonnes raisons pour mettre le nez dehors, chaudement vêtu, par une longue nuit d’hiver. Pas besoin d’instruments pour en profiter, juste, éventuellement, un bon fauteuil de jardin et une boisson chaude.

La première raison, et la plus importante, est le rendez-vous annuel que nous donne l’essaim météoritique des Géminides. « C’est généralement la meilleure pluie d’étoiles filantes de l’année » n’hésite pas à dire le spécialiste du sujet à la Nasa Bill Cooke. Un spectacle garanti, année après année, qui s’est même amplifié depuis les premières observations en 1833.

Au cours de cette nuit, l’activité de l’essaim qui s’étend du 4 au 17 décembre est prévue pour culminer avec une moyenne de 120 météores visibles par heure. Comme le point d’entrée dominant de ces grains de poussière dans l’atmosphère terrestre — à une vitesse moyenne de 35 km/S — se situe à proximité de Castor, l’étoile la plus brillante des Gémeaux (Gemini), cette très belle pluie d’étoiles filantes souvent caractérisée par des bolides brillants et colorés est nommée Géminides. Leur astre-parent a été identifié en 1983 comme étant 3200 Phaethon, un astéroïde potentiellement dangereux dont la période orbitale est de 1,4 année. Pour les astronomes intrigués par cet objet, il pourrait s’agir en réalité d’une comète épuisée déguisée en astéroïde.

C’est en tout cas une pluie d’étoiles filantes pleine de promesses. Et comme toujours : c’est mille fois mieux par une belle nuit noire sans la moindre pollution lumineuse… et aussi sans Lune. Mais malheureusement pour le cru 2016, le 13 décembre, la Pleine Lune toise le ciel toute la nuit. Conséquence : environ un tiers (40) des météores seront visibles, les autres étant pour la plupart noyés dans la lumière pâle de l’astre lunaire lequel, en outre, s’affiche haut dans le ciel, à l’extrémité d’une corne du Taureau, en dessous du radiant. Certes, la Lune sera gênante, mais tant pis. Le spectacle aura bien lieu.

En 2016, une superlune accompagne la pluie d’étoiles filantes

Justement, une bonne raison pour sortir dehors, en cette soirée c’est la Lune elle-même. Car oui, ce mardi 13 décembre, une superlune (encore une) s’élèvera au-dessus de l’horizon nord-est tandis que le Soleil disparaîtra, juste en face. C’est la troisième fois consécutive que la Pleine Lune se produit au périgée, sur le point de son orbite le plus proche de la Terre. La différence avec celle de novembre, qui a marqué un record depuis 1948, n’est que de quelques milliers de kilomètres. À l’œil nu, en tout cas, cela ne se remarquera pas.

Enfin, et toujours sans instruments, une troisième bonne raison pour sortir à l’affut des étoiles filantes : faire connaissance avec les plus belles constellations qui peuplent le ciel de l’hiver, notamment le Chasseur Orion, que l’on remarque toujours par l’alignement des trois étoiles de sa ceinture, le Taureau qui se tient face à lui, et bien sûr l’étincelante Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, dans la constellation du Grand Chien, au pied d’Orion.

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