Sur Mars, Opportunity évite de déraper et observe une colonne de poussière

dust devil Opportunity
« Démon de poussière » à l’intérieur du grand cratère d’impact Endeavour (22 km de diamètre) photographié par la NavCam d’Opportunity lors 4.332e jour sur Mars. Le rover est sur le flanc sud de la vallée de Marathon qui coupe d’est en ouest le bord du cratère. Sur cette photo, on aperçoit derrière le tourbillon, la crête du bord opposé — Crédit : NASA, JPL-Caltech

Toujours très en forme, le rover Opportunity qui s’était lancé en février dans l’ascension du flanc sud de la vallée de Marathon, a du renoncer à l’approche du sommet, car la pente était devenue trop raide et périlleuse. Sa prochaine cible a donc été modifiée. Le 31 mars dernier, une fois n’est pas coutume, il fut le témoin d’un tourbillon de poussière.

Le rover Opportunity, qui a soufflé sa douzième bougie sur Mars, dans la région de la plaine Meridiani où il a débarqué (retrouvez son parcours sur la carte virtuelle réalisée par la Nasa) en janvier 2004, continue de cumuler les exploits malgré son grand âge. D’abord, il y a son admirable longévité et endurance : sept hivers et toujours la forme. Ensuite, il y a celui de la plus grande distance extraterrestre jamais parcourue par une machine fabriquée par l’Homme : il en est à 42,728 km. Bloqué depuis 6 ans, son jumeau Spirit n’a, quant à lui, roulé que 7,730 km. Et l’un des derniers en date, celui d’avoir abordé la pente la plus raide jamais prise par un rover martien. Il a d’ailleurs battu son propre record, accompli neuf mois après son arrivée.

Le 10 mars (4.311e jour sur Mars), poursuivant bon an mal an son escalade du flanc sud de la vallée de Marathon, une entaille est-ouest dans les remparts du grand cratère Endeavour (22 km de diamètre), Opportunity était sur une pente inclinée à 32 °. Il n’était plus très loin de sa nouvelle cible, la crête de Knudsen où des « zones rouges » interpellent les chercheurs de la mission car, comme le suggèrent les observations en orbite de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), cette zone pourrait être associée à des phyllosilicates.

Tout proche de sa cible, Opportunity a malheureusement du renoncer malgré ses tentatives de l’atteindre. On peut voir sur cette image, les traces de dérapages du rover sur ce terrain sablonneux en pente — Crédit : NASA, JPL-Caltech

Tout proche de sa cible, Opportunity a malheureusement du renoncer malgré ses tentatives de l’atteindre. On peut voir sur cette image, les traces de dérapages du rover sur ce terrain sablonneux en pente — Crédit : NASA, JPL-Caltech

Malheureusement, les difficultés rencontrées les jours suivants pour progresser ont contraint l’équipe à renoncer à cette destination. Cela devenait trop périlleux. Comme l’explique la Nasa, les ingénieurs avaient prévu que les six roues en aluminium de l’astromobile pourraient patiner sur ce terrain, et avaient donc anticipé des tours de roue supplémentaires pour progresser. Résultat, le rapport a montré que les roues avaient certes effectué assez de tours pour parcourir 20 mètres, sans aucun patinage, mais en réalité, il n’avait avancé que de… 9 centimètres.

Il fut donc décidé, après ce troisième essai non concluant, d’abandonner cette cible pourtant toute proche puis de redescendre la pente en direction du nord, sur environ 8,2 mètres. Jusqu’au 31 mars (sol 4.332), le rover a effectué 8 séances de conduites – 60 mètres parcourus – qui l’ont mené vers le sud-ouest et sa prochaine zone d’investigation sur des minéraux argileux.

Ce jour-là, le 4.332e depuis son atterrissage, Opportunity eut la chance d’enregistrer (photo en Une) avec la caméra de navigation sur son mât, une colonne de poussière balayant le fond du cratère Endeavour. Surnommés Dust devil (« démon de poussière » en français), ces phénomènes ne sont pas rares sur Mars comme l’a montré son alter ego Spirit qui, à l’autre bout de la planète, en fut témoin à de nombreuses reprises au cours des années 2000 (à voir et revoir en version animée ici). Pour Oppy, c’est cependant plus inhabituel.

Comme sur la Terre, ces tourbillons se forment lorsque l’air se réchauffe au sol et se met en rotation au cours de son ascension. Ce sont les poussière aspirées et emportées qui les rendent visibles.

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2016 Xavier Demeersman

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *