Les mers sur Titan sont aussi lisses qu’un miroir, quoique …

NP_lakes_low_noboundaries

Les mers et les lacs d’hydrocarbures sur Titan apparaissent extraordinairement lisses quoique certaines données acquises par la sonde spatiale Cassini montrent des régions plus « agitées ». Les vagues peuvent y atteindre 2 cm de hauteur ! Si leur existence est confirmée, il s’agit des premières vagues jamais observées à la surface d’un autre monde que la Terre.

Voici 10 ans que la mission Cassini gravite autour de Saturne et explore les mondes qui l’entourent, à plus de 1,4 milliard de kilomètres de nous (soit 9,1 UA). De ses 62 satellites naturels connus, Titan (5.150 km de diamètre) est le plus grand et aussi le plus visité par la sonde spatiale — par ailleurs, la NASA et l’ESA viennent de célébrer le centième survol de Titan, début mars 2014 —. Pour les scientifiques, il s’agit aussi de l’endroit du système solaire le plus ressemblant avec la Terre. Surtout parce que « c’est le seul corps céleste que nous connaissions à posséder un cycle complexe de constituants solides, liquides et gazeux » rappelle Howard Zebker, professeur de géophysique à l’Université de Stanford. Malgré l’épaisseur de l’atmosphère, le radar de Cassini a révélé ces dernières années l’existence de grands lacs d’hydrocarbures — essentiellement du méthane et de l’éthane liquides — lesquels sont alimentés par d’importants réseaux de rivières et même de pluies. Parmi ceux-ci, citons le plus grand, Ligeia Mare qui s’étend sur environ 420 km de long et 350 km de large prés du pôle Nord. Une étude récente montre que sa surface est anormalement — et extraordinairement — plane, « aussi lisse que la peinture d’une voiture ». Pas une vaguelette, en effet, ne semble venir troubler ce miroir naturel. « La sensibilité du radar de Cassini dans cette expérience est d’un millimètre, cela signifie donc que s’il y avait des vagues sur Ligeia Mare, elles seraient plus petites qu’un millimètre. Ce qui est vraiment, vraiment lisse » a déclaré à ce sujet le professeur Zebker. Ses travaux publiés dans The Geophysical Research Letters ont par ailleurs montré que, contrairement à ce qui était suggéré jusqu’à présent, les rivages ne seraient pas composés de glace d’eau mais davantage d’éléments organiques solides. Vraisemblablement les mêmes que l’on trouve à l’état liquide dans ces grands lacs.

Titan
Lors de son 85e survol de Titan, la sonde spatiale Cassini a observé des variations dans la région d’un lac polaire

De minuscules rides à la surface d’un lac géant

Parallèlement, une enquête menée par le professeur Jason Barnes (Université de l’Idaho) et des collègues chercheurs au JPL, Cornell et le MIT dans la région du lac — ou plutôt mer — Punga Mare (380 km de long) suggèrent cette fois l’existence de vagues minuscules, bref des vaguelettes. L’examen des données acquises entre 2012 et 2013 par l’instrument VIMS (Visible and Infrared Mapping Spectrometer) de Cassini a mis en avant une variation importante de luminosité sur 4 pixels. Cela témoignerait à vrai dire d’ondulations hautes d’environ 2 centimètres… seulement. Pour autant insignifiante qu’elle puisse paraître, les scientifiques soulignent qu’il s’agit d’une zone agitée pour Titan… En attendant que ces résultats soient confirmés et que toute la lumière soit faite sur la météorologie de Titan, le calme apparent qui règne à la surface de cette lune glacée (température moyenne – 180 °C) sème le trouble.

Crédit photo : NASA/ESA/Cassini.

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2014 Xavier Demeersman
Tags from the story
, , ,
More from X. Demeersman

Ephémérides Décembre 2010

Événements et phénomènes astronomiques à observer au cours du mois de décembre...
Read More

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *