Les effets du changement climatique prévus par James Hansen en 1981 sont en train de se produire

Une des premières images de Larsen B capturée par Envisat en 2002
Une des premières images de Larsen B capturée par Envisat en 2002

Les observations d’Envisat montrent la désintégration rapide de grands glaciers en Antarctique. Une étude publiée en 1981 par James Hansen annonçait les effets du changement climatique comme ils sont en train de se produire aujourd’hui à travers le monde.

Les observations menées depuis 10 ans par le satellite Envisat (Agence Spatiale Européenne, ESA) montrent une accélération de la fonte des glaces dans les régions polaires provoquée par le changement climatique ou réchauffement global (global warming). L’un des exemples les plus impressionnants est le glacier Larsen B (voir images ci-dessus et ci-dessous). En 1995, il s’étendait sur 11 512 km². Sept ans plus tard (février 2002), le satellite Envisat qui effectuait ses premières orbites relevait une surface réduite de presque la moitié, vaste de 6 664 km2. Quelques jours plus tard, en mars 2002, l’immense plateforme se désintégrait et ne mesurait plus que 3 463 km². Quelques 10 ans plus tard, les observations montrent un glacier Larsen B qui ne s’étend plus que sur 1 670 km² ! Larsen A a totalement disparu en 1995 et Larsen C, longtemps stable, souffre désormais d’amincissements importants sur des périodes qui se prolongent au-delà de l’été.

Evolution du glacier Larsen B depuis 10 ans
Evolution du glacier Larsen B depuis 10 ans

Les relevés des températures dans cette partie du monde montrent une augmentation de + 2,5° C en seulement 50 ans (sur la même période, le globe s’est réchauffé de + 0,4° C en moyenne) ! En Arctique, les mêmes conditions sont observées par les scientifiques : émiettement de la banquise, disparition des glaciers (95 % des glaciers dans le monde sont en retrait ou disparaissent), océan libéré des glaces donc réduction de l’albédo, de leurs couvertures neigeuses réfléchissantes. L’eau d’un bleu profond absorbe la lumière solaire et emmagasine l’énergie.

La vitesse du réchauffement est sans précédent. Les scientifiques s’inquiètent, outre des quantités croissantes de CO2 injectées dans l’atmosphère, de la libération latente du méthane – gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, le CO2 – enfermé depuis des millénaires dans le permafrost et les fonds marins (hydrates de méthane) de ces régions froides. La vapeur d’eau qui augmente avec le réchauffement accentue également l’effet de serre. Nous (nous tous qui habitons le vaisseau Terre, une biosphère exceptionnelle) nous dirigeons vers une augmentation moyenne des températures globales de + 2° pour l’horizon 2100. En réduisant fortement nos émissions de gaz à effet de serre, on pourrait limiter les ennuis et les conséquences désastreuses d’un emballement climatique mais, hélas, ce n’est pas le chemin qu’ont choisis les décideurs. En continuant ainsi, nous écoperons d’une élévation des températures de + 3° C pour les prévisions les plus optimistes ou de + 6° C pour les pessimistes. Il s’agit des températures moyennes globales. Une augmentation de + 6° C comme au Permien-Trias serait une catastrophe majeure. La biodiversité est déjà en danger, prés de la moitié des espèces vivantes sont menacées d’extinction. L’excès de carbone répandus par la combustion d’énergies fossiles acidifient l’eau des océans à un rythme très rapide que la Terre n’avait pas connue depuis 300 millions d’années ! Le phytoplancton, à la base de la chaine alimentaire marine, est particulièrement menacé.
Certains parlent d’une sixième extinction de masse provoquée non pas par le volcanisme ou un astéroïde mais par les activités humaines. La machine climatique a été déréglée en moins de deux siècles.

La répétition des sécheresses frappant des régions jusqu’alors peu concernées, leur durée anormalement longue représentent des menaces réelles pour les écosystèmes et aussi nos “greniers” dont les sept (et bientôt neuf !) milliards d’êtres humains dépendent. Des sécheresses et aussi, à l’inverse, des épisodes violents de pluies torrentielles qui emportent tout sur leurs passages, favorisant l’érosion – et donc l’appauvrissement – des sols. Les tempêtes, ouragans et cyclones gonflés par l’énergie accumulée dans l’atmosphère, les océans ou la terre frappent aveuglément. Les phénomènes climatiques extrêmes enregistrés ces dernières décennies se suivent de plus en plus vite, leurs rythmes est sans commune mesure avec ceux relevés dans l’histoire récente de notre espèce. Encore une fois les “greniers” (monocultures, champs de céréales, élevages, etc.) sont menacés et par conséquent toute l’économie qui en dépend. Des anomalies qui sont de plus en plus fréquentes. Ce scénario était envisagé par l’astrophysicien et directeur de la NASA/GISS (NASA/Goddard Institute for Space Studies) James Hansen dans un article publié en 1981 dans la revue Science. Les projections émises semblent, à présent, se réaliser. Mais le film ne fait que commencer. L’astrophysicien qui a étudié l’atmosphère de Vénus (où règne un effet de serre extrême : 480° C en moyenne à sa surface !) avant de s’intéresser à celle de notre planète, multiplie les interventions auprès des dirigeants américains, s’efforçant de les prévenir des instabilités qui guettent notre planète. “Notre maison brule et nous regardons ailleurs”. James Hansen emploie lui, l’image d’un astéroïde qui fonce droit sur nous et auquel on ne fait pas attention (voir ci-dessous son brillant exposé au TED). Mais, rappelle-t’il, plus nous attendons, plus il sera difficile de le dévier … ! La propagande zélée des négationistes du climat, subventionnée par les lobbys industriels qui exploitent les énergies fossiles, continue de mener sans scrupules son entreprise de sape et d’intoxication de l’information, à l’instar des lobbyistes du tabac qui, par cupidité, ont tout fait pour retarder les lois anti-tabac. Un déni de réalité inquiétant qui nous conduit vers de sombres perspectives. Il serait préférable de dévier cet astéroïde avant qu’il soit trop tard !

Retrouvez ci-dessous, l’intégrale de l’exposé très clair de James Hansen sur le problème du changement climatique : “Pourquoi je dois parler du changement climatique”. Sous-titré en français.

Corroborant les récentes observations d’Envisat sur la fonte rapide du glacier Larsen B, découvrez les impressionnantes “timelaspes vidéos” (accéléré photographique) produites par le photographe James Balog (entre art et science), offrant de voir l’invisible, … les fontes extrêmes de glaciers en accéléré, effets spectaculaires du changement climatique !

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Crédit photo et vidéo : ESA et TED.

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