Après Europa Clipper, la NASA envisage de poser un atterrisseur sur Europe

Europa Lander
Illustration d’un possible atterrisseur de la Nasa sur Europe — Crédit : NASA, JPL-Caltech

La vie a-t-elle pu se développer ailleurs dans le Système solaire que sur Terre ? Pour y répondre, la NASA réfléchit à envoyer dans une douzaine d’années un atterrisseur sur Europe. Cette lune de Jupiter qui cache sous son épaisse banquise un immense océan est une candidate prioritaire pour la recherche de la vie ailleurs. Une étude conceptuelle est en cours.

Dans moins de trois ans, un rover s’envolera vers Mars pour y rechercher d’éventuelles traces de vie passé. Ce sera une première dans l’histoire de l’exploration spatiale depuis les tentatives des atterrisseurs Viking, 40 ans plus tôt. Un nouveau chapitre va s’écrire en ce début de XXIe siècle qui devrait notamment voir débarquer les premiers Hommes sur notre voisine la Planète rouge à l’horizon 2030.

Au même moment, peut-être en 2031, il est possible qu’ailleurs dans le Système solaire, un atterrisseur se pose sur Europe. Considéré par la Nasa comme une « cible prioritaire de la recherche de la vie ailleurs que sur Terre », ce monde glacé potentiellement habitable en orbite autour de Jupiter intrigue autant qu’il fascine les astronomes depuis qu’un vaste océan d’eau salée en contact avec le noyau rocheux y a été découvert. Avec Encelade, autour de Saturne et situé deux fois plus loin, il est un des lieux où des formes de vie sont susceptibles d’exister.

Il ne reste donc plus qu’à aller y voir de plus près… Oui, mais l’ennui est que pour explorer son océan qui contient deux fois plus d’eau que la Terre, il faut au préalable percer son épaisse armure de glace. Une autre solution, plus simple à mettre en œuvre, serait d’enquêter le plus près possible des geysers récemment découverts, là où les sols fragilisés et fragmentés sont douchés par l’eau expulsées depuis ses entrailles. Ainsi, si vie il y a sous la surface de cette lune, sa signature devrait être décelable dans cet environnement.

Bientôt, au début de la décennie 2020, une sonde de la NASA quittera la Terre pour une mission de survols de cette lune presque aussi grande que la nôtre. Au programme d’Europe Clipper alias Europa Multiple Flyby Mission : 45 survols à des altitudes variant entre 2.700 et 25 km où seront menées des enquêtes approfondies sur son habitabilité via des cartographies détaillées de sa minéralogie, des études de sa géodynamique, etc. Un préambule en quelque sorte visant à préparer le terrain, si l’on peut dire, du futur atterriseur qui intéresse l’Agence spatiale américaine.

europa remastérisé

Image mosaïque de Europe, satellite galiléen de Jupiter, capturée par la sonde spatiale Galileo lors de survols en 1995 et 1998. L’image d’origine (voir plus bas) a été revue et améliorée. Les pôles sont à gauche et à droite. Dans ces régions, le blanc et le bleu qui dominent, indiquent une densité plus importante de glace d’eau pure. Quant aux vaisseaux rouges et ocres qui veinent les régions équatoriales, il s’agit de matériaux non aqueux qui s’accumulent dans ces lignes de fractures

Élaborer une « stratégie de détection de la vie »

Celui-ci est en train de passer ses premières évaluations conceptuelles (pré-phase A dans le jargon de la Nasa), étapes obligées avant son développement et sa construction, si toutefois elle est décidée. Le rapport de la Science Definition Team (SDT) , l’équipe constituée par la Nasa en juin 2016, chargée d’évaluer la faisabilité de la mission et ses bénéfices scientifiques vient d’être dévoilé (à consulter ici). Après délibération, les 21 chercheurs ont défini les trois objectifs scientifiques suivants : 1. rechercher la vie ou des biosignatures ; 2. définir l’habitabilité d’Europe par l’analyse des dépôts en surface ; 3. caractériser les propriétés de sa surface pour une connaissance approfondie du terrain en vue de missions ultérieures d’exploration robotiques. Dans ses abysses peut-être ?

Les chercheurs ont préconisé de doter l’engin de 8 instruments dans une « stratégie de détection de la vie ». Des forages dans un sol de glace (et autres matériaux déposés) jusqu’à 10 cm de profondeur sont envisagés. En collaboration étroite avec les ingénieurs, l’équipe a aussi réfléchi à l’arrivée du lander et au moyen de le débarquer sur cet astre qui est quasiment dépourvu d’atmosphère. Affaire à suivre donc… Inutile de dire qu’on a hâte d’y être.

Prochain rendez-vous des scientifiques pour en parler, le 19 mars à l’occasion des Lunar and Planetary Science Conference (LPSC) de 2017, puis le 23 avril, lors de Astrobiology Science Conference (AbSciCon).

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2017 Xavier Demeersman

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *