Hubble découvre une lune autour de la planète naine Makémaké

Illustration de Makémaké — Crédit : NASA

Makémaké, une des cinq planètes naines du Système solaire reconnue par l’Union astronomique internationale, possède une lune. Celle-ci va aider à mieux connaître cette planète mineure qui ressemble à Pluton.

Débusquée à Pâques 2005 par l’équipe de Mike Brown, le même qui a découvert un peu plus tôt Éris et, plus récemment, est persuadé avec son collègue K. Baytgin qu’il y a une neuvième planète dans notre système solaire, Makémaké – 1 400 km de diamètre – reçu son nom (validé par l’UAI) de la divinité créatrice du peuple Rapa Nui de l’Île… de Pâques.

Grâce à l’acuité d’Hubble et de sa caméra WFC3, une équipe de chercheurs a pu épingler un petit compagnon qui lui gravite autour, le premier, à quelque 21 000 km. Provisoirement désigné S/2015 (136 472) 1 et surnommé MK2, il a été découvert en avril 2015 et annoncé au printemps 2016. Il est 1 300 fois plus pâle que Makémaké qui, après Pluton, est la planète naine la plus brillante de la ceinture de Kuiper. Son diamètre est estimé à 161 km et sa période orbitale est de 12 jours. C’est sans doute parce que le plan de son orbite est vu de profil depuis la Terre (et donc par le télescope spatial) que, précédemment, les équipes d’astronomes qui la recherchaient revinrent bredouilles : la petite lune sombre étant noyée dans l’éclat de l’astre dominant.

Noyé dans la luminosité de Makémaké (1 400 km), son satellite de quelque 161 km de diamètre : MK2 — Crédit : NASA, ESA, A. Parker, M. Buie (Southwest Research Institute), W. Grundy (Lowell Observatory), K. Noll (NASA GSFC)

Les points communs avec Pluton s’accumulent (à noter que c’est Hubble qui permit il y a quelques années la détection de ses minuscules lunes). Comme la célèbre planète naine visitée pour la première fois en juillet 2015 par New Horizons, Makémaké semble couverte de glaces, notamment de méthane – peut-être a-t-elle le même comportement -, et possède au moins un satellite.

La découverte de ce dernier est une aubaine pour les planétologues, car il va permettre de calculer – grâce à ses paramètres orbitaux – la masse et donc la densité du sphéroïde avec davantage de précision et ainsi inférer sa composition. « Cette nouvelle découverte ouvre un nouveau chapitre de planétologie comparée dans le système solaire externe » a commenté Marc Buie (Southwest Research Institute) qui a dirigé l’équipe. À ce propos, on se rappellera qu’en 1978, suite à la découverte de Charon autour de Pluton, les chercheurs avaient dû revoir leurs estimations de la masse de cette dernière, alors considérée comme la neuvième planète du système solaire, à la baisse.

Les premières observations suggèrent que l’orbite est plus circulaire qu’elliptique. C’est une donnée importante, car cela peut trahir les origines de Makémaké. En effet, plus elle est circulaire et resserrée, plus cela indique que la planète naine est née de la collision avec un autre corps circulant dans la région. En revanche, si l’orbite est plus allongée, les scientifiques inclineraient à penser que MK2 a été en réalité capturé quelque temps après la naissance de son ravisseur (sans doute dans sa prime jeunesse). Enfin, la présence de cette lune peut peut-être expliquer les variations de luminosité observées à sa surface dans l’infrarouge. Affaire à suivre.

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