L’étoile Gliese 710 se dirige tout droit vers notre Système solaire

pluie de comètes sur une planète
Dans 1,3 million d’années, la Terre et les autres planètes du Système solaire, devront faire face à un déluge de comètes inédit - Crédit : NASA, JPL-Caltech

L’étoile Gliese 710 fonce vers notre Système solaire. En traversant le nuage d’Oort dans un peu plus d’un million d’années, sa masse perturbera des milliers de comètes endormies, semant le trouble en les projetant dans toutes les directions. Un tel événement ne s’est pas produit dans le voisinage du Soleil depuis des millions d’années.

Dans 1,3 million d’années, nos descendants, s’il y a encore des êtres humains sur Terre, devront se préparer à détourner des comètes venues s’aventurer en nombre dans le Système solaire interne, autour du foyer centra, le Soleil. Bien sûr, les Terriens ne seront pas les seuls menacés, les habitants des stations orbitales aussi, ainsi que les colons sur Mars (si cela se fera encore…), sur Vénus, la Lune, les satellites de Jupiter et Saturne, etc. La cause de cette zizanie ? Une étoile qui traversera le vaste nuage de Oort, réservoir de millions de petits corps glacés aux confins du Système solaire.

Gliese 710, c’est son nom, est connue depuis plusieurs années – et les mesures du satellite Hipparchos – pour être l’étoile qui se rapprochera le plus de la nôtre au cours des prochains millions d’années. Il a pu être établi que sa trajectoire au sein de notre Galaxie, la Voie lactée, la conduit tout droit vers nous. Une nouvelle étude publiée dans la revue Astronomy and Physics et basée sur les données plus récentes collectées par le satellite Gaia (trois fois plus précises qu’Hipparchos et un catalogue d’étoiles 20 fois plus grands) table donc sur un passage dans notre voisinage dans 1,35 million d’années, et cela, cinq fois plus près qu’estimé précédemment.

Illustration de la coquille peuplée de comètes, vestiges de la formation du Système solaire, le nuage de Oort. Au centre, minuscule, la ceinture de Kuiper et à l’intérieur, le Soleil et les huit planètes qui l’entourent — Crédit : Calvin J. Hamilton

Gliese 710 brillera autant que Mars

Les projections de Filip Berski et Piotr Dybczński, de l’université Adam Mickiewicz, en Pologne, indiquent que cette étoile de type naine orange, presque deux fois plus petite que notre Soleil (60 %), perturbera gravitationnellement, plusieurs millions d’années durant, la population des comètes massées sagement pour l’essentiel depuis des milliards d’années dans le nuage de Oort, une sphère s’étendant jusqu’à 200.000 fois la distance Terre-Soleil (celle-ci, appelée unité astronomique ou UA, vaut 150 millions de km). Cela devrait occasionner le passage de plusieurs dizaines de comètes visibles à l’œil nu, chaque année, dans les parages de la Terre.

D’après leur modèle, Gliese 710 passera au plus près du Soleil à 13.365 UA, soit environ 2.000 milliards de km. À titre de comparaison, la planète naine Pluton, que la sonde New Horizons a mis neuf ans à rejoindre, est à 49 UA, au plus loin du Soleil…

13.365 fois la distance entre la Terre et le Soleil… cela peut paraître énorme. En réalité, c’est très proche à l’échelle de l’univers. Cela ne représente que 77 jours-lumière (actuellement Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil est à 4,2 années-lumière). Jamais, de mémoire d’hominidés, une étoile n’était passée aussi près. Dans ces conditions, l’étoile, qui atteindra alors une magnitude de -2,7, brillera dans le ciel terrestre autant que Mars (quand elle est au plus près de nous).

Pour l’instant, Gliese 710 est encore loin : 64 années-lumière en direction de la constellation du Serpent. En attendant sa visite, d’autres étoiles se rapprocheront au cours des prochains millénaires, mais jamais à moins de trois années-lumière, comme la naine rouge Ross 248, dans 36.000 ans.

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2 Comments

  • Denis Udrea dit :

    Je ne comprends pas pourquoi cette étude ne s’intéresse qu’aux objets du nuage de Oort et non pas aussi aux planètes au moins extérieures. Car si l’étoile représente 60% de la taille du soleil en estimant une densité similaire cela fait une masse de plus de 20% de celle du soleil à 13 UA de lui et l’impact gravitationnel sur Neptune, Uranus…Ne devrait pas être négligeable.

  • Denis Udrea dit :

    Ok Je me répond à moi même : ce n’est pas 13UA ce qui aurait été catastrophiquement proche même dans un plan différent de l’écliptique (Neptune est à 30 UA du soleil) mais 13365 (c’est le point qui m’a trompé)
    Comme l’article ne donne pas le lien vers celui d’origine (celui d’Astronomy and Physics) J’ai eu la flemme au départ de vérifier. Je viens de la faire et c’est bien plus clair.
    La en effet ce sont surtout les comètes les plus externes du nuages de OORT qui seront dérangées.

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