Eruption record du trou noir supermassif au centre de la Voie lactée

Le télescope spatial Chandra a observé un rayonnement X 400 fois plus intense que d’ordinaire au centre de notre galaxie où se cache Sagittarius A*, un trou noir supermassif.

Conçu pour des campagnes d’observation dans le domaine du rayonnement X, le télescope spatial Chandra est régulièrement sollicité, depuis son installation en orbite terrestre en 1999, pour épier le trou noir supermassif tapi au centre de la Voie lactée — notre galaxie —, à environ 26 000 années-lumière de nous. Nommé Sagittarius A*, rappelons que sa masse est estimée à 4,5 millions de fois celle du Soleil !

Même si de nombreux indices suggèrent que Sgr A* manifestait une activité plus forte et fébrile voici plusieurs millions d’années, les chercheurs le connaissent plutôt assagi et au régime depuis les premières preuves tangibles de son existence, à la fin des années 1990. Un calme relatif, certes qui furent troublé le 14 septembre 2013, par une soudaine intensification du rayonnement X, 400 fois plus élevée que d’ordinaire.

C’est l’équipe de Daryl Haggard (Amherst College, Massachusetts), occupée à étudier le nuage de gaz appelé G2 qui s’aventurait à seulement quelque 2,5 années-lumière (un peu plus de 24 000 milliards de km ; soit une distance qui équivaut à un peu plus de la moitié de celle qui nous sépare de Proxima du Centaure) du trou noir géant, qui remarqua cet événement. Un second, moins fort, fut observé le 20 octobre 2014. Sa luminosité était toutefois 200 fois plus importante que d’habitude.

Sgr A*
Sagittarius A*, le trou noir supermassif (environ 4,5 millions de masses solaires) au centre de notre galaxie — image (rayon X) du télescope spatial Chandra

Qu’est-ce qui a pu provoquer ce soudain sursaut d’activité ? Lors des 225e rencontres de l’American Astronomical Society à Seattle, l’équipe d’astrophysiciens qui présentait ses recherches, a proposé deux explications au phénomène : soit il s’agit d’un gros astéroïde « passé à la trappe » après avoir été mis en pièce par les forces de marée du trou noir supermassif — il fut échauffé avant de s’engouffrer au-delà de l’horizon des événements… — ; soit, dans le cas de la deuxième théorie présentée, il pourrait s’agir de torsions de lignes de champ magnétique (en relation avec les gaz qui sont absorbés) de l’astre noir qui, à l’instar de ce qui se produit à la surface du Soleil, peuvent se briser et se reconnecter (reconnexion magnétique), créant par conséquent un puissant flash lumineux.

Quant à l’étude de l’objet G2, les données acquises avec Chandra ont permis de mieux cerner le magnétar, étoile à neutrons dotée d’un puissant champ magnétique, animé de fréquentes éruptions qui évolue dans cet environnement abrasif.

Crédit photo : NASA/CXC/Northwestern University/D.Haggard et al.

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