Une des plus jeunes et lointaines galaxies jamais observée

Abell2744-Y1_Spitzer-Hubble

Grâce à la sensibilité des télescopes spatiaux Spitzer et Hubble et avec le concours de l’effet de « lentille gravitationnelle » produit par l’amas de galaxies Abell 2744, des chercheurs ont épinglé une lointaine galaxie gonflée de gaz et de jeunes étoiles. Évoluant dans notre univers alors âgé de 650 millions d’années, elle pourrait être une des galaxies les plus lointaines connues.

La petite tache rouge, orangée mise en exergue sur l’image présentée ci-dessus est une sérieuse prétendante au titre de plus lointaine galaxie jamais observée. Elle fut récemment débusquée par une équipe d’astrophysiciens dans le cadre du programme « Frontier Fields » qui passe au crible six amas de galaxies afin d’identifier de très jeunes candidates. L’entreprise réclame les yeux les plus puissants comme le télescope spatial Spitzer et son célèbre homologue, Hubble pour sonder les confins de l’univers dans l’infrarouge, le visible et le proche infrarouge. En outre, les chercheurs n’auraient pas réussi cette découverte sans l’aide du lointain amas de galaxies Abell 2744. Massif, il est prisé pour la déformation de l’espace-temps et donc l’amplification de la luminosité d’un corps céleste éloigné situé à l’arrière-plan. Un effet prédit par le physicien Albert Einstein nommé « lentille gravitationnelle ».

En s’éloignant de nous, les galaxies ont leur spectre qui se décale de plus en plus vers le rouge (redshift). C’est pourquoi, plus on regarde loin, plus elles sont rougies. Aussi, la valeur du redshift (z=8) de cette candidate désignée Abell2744 Y1 suggère-t’-elle que nous la distinguons telle qu’elle était lorsque notre univers n’était âgé que de 650 millions d’années ! Oui, nous la contemplons sur ces clichés capturés par nos puissants télescopes avec plus de 13,1 milliards d’années de retard (l’âge de l’univers est estimé à 13,8 milliards d’années). Encore très jeune, elle est gorgée de gaz et déborde d’énergie si l’on peut dire. Les données indiquent qu’elle serait 30 fois plus petite que notre galaxie (le diamètre de la Voie Lactée est de 100 000 années-lumière) et qu’elle produit en moyenne, 10 fois plus d’étoiles que notre Voie Lactée. Nous regardons le passé et naturellement, cette galaxie est peut-être aussi grande et âgée que la nôtre à présent. D’ailleurs, si ils nous regardent, ils sont loin d’imaginer notre Soleil (né il y a 4,6 milliards d’années) et notre planète habitée… Tout ce qu’ils peuvent voir c’est un embryon de galaxies, des nuées d’étoiles très jeunes dans des vallons gorgés de gaz et de poussières.

Il y a « juste une poignée de galaxies connues à ces grandes distances » comment Jason Surace, scientifique du satellite Spitzer. « Le programme “Frontier Fields” travaille d’ores et déjà à trouver plus de ces galaxies distantes et faiblement lumineuses. Ceci est un aperçu de ce qui reste à venir ».

À cela s’ajoute l’arrivée du télescope spatial James Webb (JWST) en 2018 dont l’une de ses principales missions sera de creuser plus loin et plus profond encore que son illustre prédécesseur, aux confins mal connus de l’univers.

Crédit photo : NASA/ESA/J. Lotz/M. Mountain/A. Koekemoer/HFF Team (STScI)/N. Laporte (Instituto de Astrofisica de Canarias).

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