Cassini survole le pôle nord d’Encelade

pôle nord d'Encelade
Région proche du pôle nord d’Encelade photographiée le 14 octobre 2015 par Cassini, à environ 6.000 km de la surface. Il n’y a pas que des cratères d’impact comme s’y attendaient les chercheurs

Cassini vient de réaliser le premier de ses trois derniers survols d’Encelade. C’est la première fois que la sonde spatiale photographie les régions du pôle nord de ce petit satellite naturel de Saturne qui arbore des geysers au sud et cache vraisemblablement un océan d’eau liquide sous sa surface.

Le 14 octobre dernier, Cassini qui navigue autour de Saturne et ses mondes depuis plus de 11 ans, a réalisé son vingtième survol de l’étonnant Encelade. Ce petit satellite naturel de 500 km de diamètre concentre beaucoup l’attention des scientifiques depuis la découverte, en 2005, de ses geysers près du pôle sud et la mise en évidence, récemment, étape par étape, d’un océan global sous son épais manteau de glace. Par ailleurs, ce vaste réservoir d’eau liquide pourrait bien être en contact avec le noyau rocheux. Des nanograins de silices observés dans l’environnement de cette petite lune suggèrent que leur présence serait le produit d’une activité hydrothermale. Inutile de dire que beaucoup de planétologues et d’exobiologistes rêvent d’y envoyer, dans un futur relativement proche on l’espère, une sonde qui explorerait plus en profondeur ce monde potentiellement habitable.

surface d'encelade
Trio de cratères traversés de fissures visibles dans la région proche du pôle nord d’Encelade. Cette image a été prise par Cassini le 14 octobre 2015, à environ 10.000 km de la surface

Plongé dans les ténèbres depuis de nombreuses années, bien avant le début de la mission Cassini, le pôle nord d’Encelade a été survolé pour la première fois, ce 14 octobre, par le vaisseau de la Nasa et de l’Esa (voir une animation du déroulement de ce 20e survol). L’équipe scientifique est en effet curieuse de savoir si, à l’instar du pôle sud et de ses fameuses « rayures du tigre » où sont observés les multiples geysers, cette partie du sphéroïde a connu dans le passé une activité similaire.

La sonde s’en est approchée jusqu’à une altitude de 1.839 km, dévoilant enfin cette région dans une résolution supérieure à celle de Voyager, qui était passé par là il y a 34 ans. D’autres images sont à venir ces prochains jours. Sur la base des images — en basse résolution — de ce dernier, les chercheurs s’attendaient à découvrir une surface exclusivement grêlée de cratères là où ils virent un paysage plus contrasté, lacéré de fissures.

« Les régions septentrionales sont sillonnées par un réseau en toile d’araignée de minces fissures qui coupent à travers les cratères, a commenté à la Nasa, Paul Helfenstein, de l’équipe d’imagerie de Cassini à l’université de Cornell. Ces fines crevasses sont omniprésentes sur Encelade, et nous voyons à présent qu’ils s’étendent ainsi à travers les terrains du Nord. »

Après Dioné, il y a quelques semaines, Cassini, qui achèvera sa mission en 2017, s’apprête désormais à faire ses adieux à Encelade. En effet, il ne reste plus que deux survols de programmés. Le prochain, le 28 octobre, conduira la sonde spatiale jusqu’à 49 km seulement au-dessus du pôle sud, au plus intime avec les geysers afin de renifler les molécules expulsées de l’océan interne. L’ultime visite est prévue le 19 décembre, à près de 5.000 km. Il sera question alors de mesurer la chaleur issue de ses entrailles.

Crédit photos : NASA, JPL-Caltech, Space Science Institute

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