Agoria, Aux Cyclades électro magnétiques

Agoria

Agoria, c’est une ossature trip-hop hypnotique enrobée d’une chair techno lancinante et électromagnétique. Un corps composite et fantastique qui ne cesse de grandir, que l’on écoute, captivé.

À l’écoute de ce deuxième album du français Agoria, on est arraché de notre canapé pour être projeté dans un éboulis de sons et de sens extraordinaires. Et oui, rien d’ordinaire, on l’abandonne ce misérable ordinaire balisé, pour s’abandonner à cette nouvelle doctrine musicale. L’artiste sait nous séduire. Beats exaltants, qui transpirent et rêvent, qui nous balancent entre chaos et harmonies dansantes … Un disque furieux, au relief sans cesse modifié. Quelle beauté ! Des paysages poussent sous nos pieds, on est sans cesse entouré d’un nouveau monde, l’imaginaire défile, l’hypnose nous agrandit le monde !

Aprés un début assez moyen avec le titre « Baboul Hair Cuttin », on change vite d’avis, transporté par la turbulence radieuse de « Code 1026 ». Galvanisé par d’infernales tensions, on monte très vite dans la stratosphère qui entoure le cerveau de ce talentueux artiste lyonnais qui aime les collaborations savantes et précieuses avec quelques maîtres du genre comme Tricky dans son précédent album.

Et que dire du morceau « Million Miles » interprété par Neneh Cherry ? Sublime ! Ah, oui !
Sa superbe voix trouve ici un habillage qui lui va à ravir. Rien à voir avec le décevant Cirkus produit par son talentueux mari … et beaucoup plus incolore ! On la retrouve totalement affranchie dans un titre qui prend son élan et monte très haut sur un canevas trip-hop d’une force et une majesté qu’on n’entend plus depuis longtemps. Une merveille !

Autre point culminant de l’album, le titre « Cecile ». Des nappes de synthés onctueuses et tendres, aux sonorités mystérieuses entre les compositions de Popol Vuh pour le film « Aguirre » et Bertrand Burgalat et ses magistrales « Aux Cyclades Électroniques ». L’ivresse est palpable, on chavire sur ces eaux troubles.

Un peu plus loin, un peu plus tard dans la soirée, nouvelle apothéose avec le morceau « Edenbridge ». Sortilège électro-organique d’une beauté venimeuse sur les traces de « Trash Palace« . En « guest star » pour ce trip pris dans une atmosphère oppressante, Peter Murphy de Bahaus chantant avec ses oripeaux rock et incantatoire. Un morceau que l’on aimerait voir en live, d’une majesté qui rejoint parfois le rock spectral des excellents Death In Vegas. Absolument génial !

Mais ce n’est pas fini : toujours aussi beau, dépliant des textures étranges et éclectiques, on es séduit par le plus agité « Lips On Fire » auquel Princess Superstar injecte frénésie et un tempérament égrillard !

On est plus sages avec « Les Violons Ivres » qui galopent sur les terres endormies d’un dancefloor au bout de la nuit …

Mais c’est le matin, le disque se referme avec la « gueule de bois » … Morceau chanté, hanté d’une voix caverneuse, ça rappelle Gainsbourg ou encore Max Berlin avec « Elle et Moi ».

« The Green Armchair » vient se classer parmi les meilleurs albums de l’année, rompant avec l’ennui et venant nous offrir un paysage très diversifié, aux reliefs exaltants, nous promettant de solubles moments de bonheur et de rêveries dans ces espaces profonds. N’attendez plus pour l’écouter, c’est rafraîchissant et tellement mouvementé. Une superbe construction qui mérite d’être découverte et qui se déguste à toute heure de la journée !

Agoria sur MySpace.
Agoria « The Green Armchair »
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