Le 9 mai, Mercure passe devant le Soleil durant plus de 7 heures

Lundi 9 mai, durant plus de sept heures, Mercure sera visible en train de passer devant le Soleil. Un événement exceptionnel qui ne sera observable que 14 fois au cours du XXIe siècle. Toutes les précautions relatives à l’observation du Soleil s’imposent. Voici quelques indications pour suivre ce transit.

Ce lundi 9 mai 2016, nombre de terriens (notamment la moitié est de l’Amérique du Nord, Cuba, Jamaïque, une grande partie de l’Amérique du Sud, une frange de l’Afrique de l’ouest et toute la partie ouest de l’Europe, France incluse, voir carte ci-dessous) pourront observer – à condition de posséder un équipement adéquat – le transit de Mercure devant le Soleil. Le terme transit désigne le passage de l’astre devant notre étoile du point de vue de la Terre, troisième planète du Système solaire. Seules Vénus et Mercure peuvent être vues ainsi, mais cela n’arrive pas aussi souvent qu’on pourrait le penser : pour cette dernière, 14 fois au cours de ce siècle.

Avec une révolution d’un peu moins de trois mois – 87,97 jours pour être précis -, la planète la plus proche du Soleil pourrait être surprise en train de passer devant le disque solaire tous les 116 jours en moyenne, nonobstant son orbite elliptique et inclinée de 7° par rapport à celui de la Terre, l’écliptique. En réalité, lorsqu’elle est alignée avec le Soleil et la Terre (conjonction inférieure), elle est toujours un peu au-dessus ou un peu en dessous de l’astre solaire. Cela n’est arrivé que deux fois depuis le début du XXIe siècle qu’elle passe juste devant : le 7 mai 2003 et le 8 novembre 2008 (celui-ci fut invisible en France métropolitaine).

Carte de visibilité du passage de Mercure du 9 mai 2016 — Crédit : Observatoire de Paris, IMCCE
Carte de visibilité du passage de Mercure du 9 mai 2016 — Crédit : Observatoire de Paris, IMCCE

Comment l’observer ?

Le transit sera visible du début à la fin quasiment partout en France à l’exception d’une petite portion de la Côte d’Azur où le Soleil sera en train de se coucher à la fin de l’événement. La plus petite planète du Système solaire va prendre son temps pour traverser d’un bord à l’autre tout le disque solaire. Cela se produira sur près de sept heures et demie, du premier au dernier contact. Certes, cela laisse un laps de temps confortable pour le suivre mais les meilleurs moments sont sans nul doute lorsque le petit point sombre commence à percer le bord de notre étoile (le premier contact sera à 13 h 12, heure de Paris) et, quelques instants plus tard, lorsqu’il est tout contre le bord interne (deuxième contact), puis vice-versa, troisième et quatrième contact lors de sa sortie prévue à 20 h 40 (calculez les horaires pour votre localité avec le site dédié de l’IMCCE).

Bien entendu, comme à chaque fois qu’il est question d’observer notre étoile, il est impératif de suivre le phénomène avec un instrument équipé de filtres solaires, lunettes ou télescope, ou alors indirectement, par projection. Mercure, 158 fois plus petite que le Soleil, apparaitra en outre de par sa distance avec nous comme un minuscule point noir. Il convient de l’agrandir au minimum 50 fois pour espérer la distinguer devant l’astre du jour. Avec des grossissements de 100 à 200 fois, ce sera beaucoup mieux.

Durant le transit, il est possible que la silhouette de la planète devant la photosphère du Soleil croise un ou plusieurs archipels de taches solaires, néanmoins elles ne sont pas très nombreuses en ce moment (le 17 avril dernier, il y a quand même eu une grande région active avec une éruption remarquable), l’activité solaire est plutôt décroissante ces derniers temps, mais cela n’interdit pas de belles surprises. On en saura plus le jour même. Idem pour la météo. Pour celle-ci, cependant, en cette période, on peut espérer que les conditions soient favorables.

À noter que si la curiosité pour cet événement vous dévore et que vous n’avez pas d’instruments pour le suivre, vous pouvez tenter de vous rapprocher d’un club d’astronomie amateur dans votre région, autrement, il sera possible de regarder sa retransmission sur internet via l’Observatoire de Paris ou la Nasa.

transit de Mercure en 2006
Image composite du précédent transit de Mercure devant le Soleil en 2006 — Crédit : NASA, ESA, SoHO

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