Le télescope WISE « déshabille » la Voie Lactée

Une partie de la Voie Lactée déshabillée dans l'infrarouge
Une partie de la Voie Lactée déshabillée dans l'infrarouge

Dans les bras nébuleux de la Voie Lactée.

Observant le cosmos exclusivement dans les longueurs d’onde infrarouge, le télescope spatial WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer) livre une gigantesque mosaïque de milliers d’images d’une partie de la Voie Lactée. Long parchemin où l’on peut y déchiffrer les turbulences interstellaires, cendres d’étoiles et multiples concentrations où se nouent le destin de futures étoiles.

Cette image inhabituelle de la Voie Lactée ne couvre que les régions des constellations de Cassiopée et de Céphée (reine et roi de l’Ethiopie dans le récit mythique), situées non loin de l’extrémité boréale du “chemin de lait”. Cet un écheveau de gaz et de poussières à basse température, un vaste réseau de filaments ici mis au jour par les caméras du satellite WISE, sensible aux infrarouges submilimétrique.

C’est un peu comme si nous découvrions les coulisses de la Voie Lactée. Ce qui se trame derrière le visible, la belle et lumineuse matière visible à laquelle nous sommes accoutumé. Ici, sur cette toile, c’est l’infra-monde. Des sous-structures, infra-structures qui consolident la galaxie, la remplit. Ce qui ressemble à des lambeaux, à des oripeaux préparent bien souvent de nouvelles étoiles. Les coulisses du théâtre galactique sont féconds ! Il s’agit bien de fabriques d’étoiles “à la chaîne” et enchainées. Les mondes futurs chauffés par l’étoile centrale sont tissés dans ces lugubres matrices. Au sein de l’écheveau quelques tombeaux d’étoiles hagards. Les cendres répandues par l’explosion, ensemencent la toile qui se répand. Incubation d’étoiles après que les supernovae aient labouré les plaines de gaz, inondées les fleuves de poussières. Circonvolution de la matière d’où émerge en quelques millions d’années, de lumineuses grappes d’étoiles.

Sur ce tableau, les étoffes rutilantes des étoiles les plus brillantes se font discrètes tandis que celles qui s’allument, apparaissent, surgissent, se dévoilent. Les restes de la supernova de Tycho Brahé (1572) se devine dans le brouillard interstellaire (voir image annotée). La région nommée Berkeley 59 est une magnifique cavité plus connue pour l’amas ouvert qui l’éclaire. A l’extrémité gauche de l’image, l’oeil est irrésistiblement attiré par le complexe formé par les nébuleuses Heart et Soul, distante de 6 000 années-lumière de nous. Sans oublier la nébuleuse Pacman, visible en bas, non loin du centre de l’image.
Les tonalités rouge et vert traduisent les émissions de la poussière. Le bleu est en lien avec les étoiles.

Télécharger et/ou afficher l’image en très haute résolution (16,6 Mb). Version « normal » (1,4 Mb) ici et version XXL très très haute résolution (70,3 Mb) ici.

Crédit photo : NASA/JPL-Caltech/UCLA.

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