Voyager 1 : la NASA rallume avec succès des propulseurs éteints depuis 37 ans

Voyager 1, qui vient de fêter les 40 ans de son lancement, poursuit à grande vitesse sa route vers les frontières du Système solaire et au-delà. Des ingénieurs ont réussi à remettre en marche des propulseurs de la sonde spatiale qui n’avaient pas fonctionné depuis son survol de Saturne, en novembre 1980.

Partie de la Terre, il y a exactement 40 ans et trois mois, la sonde spatiale Voyager 1 continue d’avancer vite, très vite (17 km/s par rapport au Soleil) dans l’espace interstellaire, au-delà de la bulle de vent solaire qui enveloppe le Soleil. Distante actuellement de 21,1 milliards de kilomètres — ce qui représente tout de même 141 fois la distance entre la Terre et le Soleil : un record ! —, le vaisseau demeure néanmoins dans l’aire d’influence gravitationnelle de l’étoile prés de laquelle il fut fabriqué au cours des années 1970. Elle franchira les limites du Système solaire dans quelques millénaires et passera à environ 1,6 année-lumière de Gliese 445 (AC+79 3888) — une étoile dans la constellation de la Girafe — dans… 40.000 ans !

Une touche vintage et disco pour cette affiche fêtant les 40e anniversaires du lancement de Voyager 1 et 2 — Crédit : NASA, JPL-Caltech

Chargée de survoler Jupiter puis Saturne, la sonde qui s’est envolée trois semaines après sa jumelle Voyager 2, continue de communiquer avec la Terre. La Nasa qui lui prédisait de fonctionner au moins jusqu’en 2020 a désormais bon espoir de la prolonger de deux à trois ans. En effet, suite à des problèmes rencontrés avec des propulseurs de contrôle d’attitude, une équipe de spécialistes à la recherche de solutions alternative s’est intéressée à un autre ensemble de propulseurs qui, eux, n’avaient pas fonctionné depuis… 1980.

Des propulseurs qui n’avaient pas fonctionné depuis le survol de Saturne

« L’équipe de vol de Voyager a déterré des données datant de plusieurs décennies et a examiné le logiciel codé dans un langage assembleur obsolète pour s’assurer que nous pouvions tester les propulseurs en toute sécurité », a indiqué l’un d’entre eux, Chris Jones, ingénieur en chef au JPL. Cet ensemble n’avait pas été allumé depuis la visite à Saturne, le 8 novembre 1980.

Saturne par Voyager 1
Saturne photographiée par Voyager 1 le 16 novembre 1980 alors qu’elle s’en éloigne — Crédit : NASA, JPL

Les ingénieurs ont procédé aux tests le 28 novembre dernier. La réponse est arrivée quelque 19 heures et 35 minutes plus tard, soit le 29 novembre. Et elle fut très bonne. « L’équipe de Voyager a été chaque fois plus excitée à chaque étape du test du propulseur, rapporte Todd Barber. L’humeur était celle du soulagement, de la joie et de l’incrédulité après avoir vu ces propulseurs bien reposés prendre le relais comme si le temps n’était pas passé ».

Devant ce succès, l’équipe envisage de basculer sur ces propulseurs en janvier prochain. Opérant des petites poussées de quelques millisecondes, ils sont importants pour orienter l’antenne de la sonde spatiale vers la Terre. Actuellement à 17,4 milliards de km de la Terre, la sonde Voyager 2 n’est bien sûr pas en reste, et cela même si ses propulseurs de contrôle ne sont pas aussi fatigués que ceux de Voyager 1.

Avec l’application web Nasa’s Eyes Visualization, découvrez où est Voyager 1 maintenant !

L’odyssée de Voyager dans le Système solaire — Crédit : NASA
Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2017 Xavier Demeersman
Tags from the story
, ,
More from X. Demeersman

Promenade virtuelle autour de Saturne

Le Jet Propulsion Laboratory (JPL) a mis en ligne une excellente application...
Read More

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *