Vers une baisse de l’activité solaire pour plusieurs décennies ?

Différence entre minimum et maximum d'activité solaire
La photosphère du soleil au minimum et au maximum d'activité solaire (cliquez pour agrandir)

Deux récentes études scientifiques suggérent que l’activité solaire pourrait être de plus en plus faible au cours des prochaines décennies.

Révélées lors de la conférence annuelle de la Solar Physic Division (SPD) de la prestigieuse American Astronomical Society (AAS), de récentes études indiquent une tendance à la baisse pour plusieurs décennies de l’activité solaire.

Pas de panique, le Soleil, astre indispensable à la vie sur Terre, va continuer de briller pour encore 4 ou 5 milliards d’années, comme il le fait depuis déjà 4,6 milliards d’années ! La connaissance de notre étoile a beaucoup progressé depuis les premières observations au XVIIéme siècle. En 2009, le Soleil est entré officiellement dans le  cycle 24 (cycle solaire I observé en 1761), non sans un retard qui a beaucoup surpris et intrigué les spécialistes. Rappelons qu’un cycle solaire dure en moyenne 11 ans. La reprise du cycle 24 était attendue pour 2006, or notre étoile a montrée peu de signes d’activité durant cette période. Point d’accroissement du nombre de taches solaires, signe corrélé avec l’activité solaire. 527 jours s’étaient écoulés sans qu’aucune tâche sombre ne soit observée ! Inhabituel certes mais déjà constaté dans le passé.
Ces derniers mois, le Soleil montre une activité en hausse (cours normal d’un cycle solaire), laquelle devrait culminer au milieu de l’année 2013, selon les dernières prévisions des chercheurs. Quelques épisodes d’éruptions spectaculaires ont ponctués l’actvité récente comme la gigantesque éruption du 7 juin 2011 d’une intensité, cependant, modérée (classée M).

Tout cycle a un minimum et un maximum. Fruit du champ magnétique qui s’inverse périodiquement, les changements se traduisent notamment pas l’apparition d’archipel de tâches solaires, toujours plus grands et nombreux, et aussi par des trous coronaux qui libérent dans l’espace interplanètaire des  tempêtes de particules solaires …

Diagrame en papillon, répartition des tâches solaires
Diagrame en papillon, répartition des tâches solaires au cours de 13 cycles d'activité

Les physiciens solaires et spécialistes de la question ne sont pas tous d’accord pour pronostiquer un possible ralentissement de l’activité de notre Soleil. Tous admettent qu’il est très dificile de prévoir l’activité de notre étoile, c’est un excercice délicat où beaucoup « s’y sont cassé les dents » !
Les prévisions sont fondées sur des observations menées depuis des dizaines d’années et quelques 24 cycles plus ou moins connus. A cela, s’ajoute les nouveaux outils de simulation informatiques et de calculs, corroborés par l’étude de quelques étoiles identiques à la notre.
Les recherches menées par le National Solar Observatory (NSO) et l’Air Force Research Laboratory vont dans la même direction, indiquant que le Soleil va connaître un probable ralentissement de l’activité solaire. La baisse sensible du champ magnétique du Soleil (50 gauss par an) depuis le cycle 23, suspectant une descente sous la barre des 1 500 gauss pour les années à venir, aurait pour principal effet, une diminution des tâches solaires et des orages magnétiques !
Voilà qui rappelle aux scientifiques un certain « minimum de Maunder« . Une période s’étalant de 1645 à 1715 où la surface solaire était complètement désertée par les tâches … L’une des conséquences significatives aurait été le fameux « petit âge glaciaire » qui sévit pendant plus de 70 ans sur le globe terrestre (les cendres volcaniques ne seraient pas étrangéres à ce refroidissement principalement ressenti dans l’hémisphère nord).

Si baisse générale de l’activité solaire il y a dans les prochaines décennies, la température moyenne du globe terrestre pourrait baisser alors de 0,3 °C. Ce qui reste très insuffisant pour compenser la hausse des températures provoquées par le changement climatique. Les émissions de gaz à effets de serre (qui n’ont jamais été aussi élevée en 2010), principal responsable, devrait entrainer une élévation de 3,7 °C à 4,5 °C d’ici à 2100 et, par conséquent, des modifications importantes dans le climat !
N’en déplaise également aux prêcheurs d’apocalypse pour 2012, qui imaginent de catastrophiques éruptions solaires embraser toute notre planète !

Ces prévisions de l’activité solaire sont encore très discutées et ne font pas l’unanimité. Il reste encore beaucoup de choses à comprendre sur la physique de notre étoile, sur son métabolisme. Les chercheurs savent pertinement que le Soleil peut toujours les surprendre et qu’il n’est point régler comme une horloge !

Pour suivre le cycle solaire : SolarHam.

Source : « Major drop in Solar Activity Predicted« .

Crédit photo : SWRI.

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2 Comments

  • Votre article manque de logique.

    La température terrestre s’est élevée d’environ 0.7 degrés Celsius depuis 1850, et apparemment la forte activité solaire ne serait pas responsable. Seul le CO2 le serait (en plus que celui émis par l’homme, ce qui représente moins de 10% par an de tout le CO2 émis).

    Comment le soleil calme ferait alors baisser la températures de 0.3 degrés C ?

    En conclusion prétendre, comme l’a écrit le GIEC, que le soleil très actif n’a aucune influence sur le climat terrestre est sans fondement, puisque tout à coup il aurait une influence sur la baisse des températures s’il est calme.

    Vive la politique et les taxes !

  • Le Soleil n’est pas très actif comme vous semblez le dire (« forte activité solaire« ). Il connait des cycles d’activité qui durent 11 ans en moyenne. L’étude des physiciens solaires qui est évoquée dans l’article indique que les données relevées vont dans le sens d’une activité solaire générale en baisse pour les 50 à 70 ans. Autrement dit, les cycles de 11 ans continueront mais seront moins forts et parfois imperceptibles … Si cela se passe comme ils le prédisent, une des conséquences de cette baisse sensible du rayonnement serait une diminution de 0,3 °C sur la température moyenne du globe terrestre.

    Le CO2 (et aussi le méthane, etc.) que nous injectons dans l’atmosphère par la consommation exponentielle d’énergies fossiles modifie le climat global. L’atmosphère terrestre se réchauffe et personne ne le nie (même C. Allègre) ! Depuis 1850, il n’y a pas eu de « forte activité solaire » comme vous dites, mais une activité solaire normale comme avant 1850, avec ses maximum et ses minimum tous les 11 ans !

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