Quand le trou noir au centre de notre galaxie rejette la nourriture

Black Hole Rejects Food (NASA, Chandra, 08/29/13)

Le télescope spatial Chandra a espionné les activités du trou noir Sagittarius A* durant 5 semaines, apportant des éclaircissements sur son régime en particulier et le comportements des trous noirs supermassifs en général.

Au sujet du trou noir supermassif tapi au centre de la Voie Lactée à environ 26 000 années-lumière de la Terre — en direction de la constellation du Sagittaire — une question taraude les astrophysiciens depuis plusieurs années quant à son régime : pourquoi émet t’il donc si faiblement dans le rayonnement x ? Après tout, avec la force gravitationnelle colossale dont il use et s’amuse ne devrait-il pas être plus rayonnant dans les hautes énergies que ce qu’il daigne nous exhiber ? Les spécimens installés au coeur d’autres galaxies se montrant plus voraces et rayonnant ne sont pas rares, en effet. Alors que se passe-t’il autour Sagittarius A (Sgr A), ce petit ogre de 4 millions de masses solaires … ?

Afin de trouver quelques éléments de réponses, une équipe internationale de chercheurs a mis à contribution le télescope spatial Chandra, sensible au rayonnement x, durant plus de 5 semaines afin de collecter un ensemble d’images en très haute résolution et d’étudier minutieusement le comportement de Sagittarius A*. En recoupant ces données avec celles obtenues dans l’infrarouge par le célèbre Hubble, il apparait que moins de 1 % de la matière qui l’entoure parvient à franchir ce qui est nommé l’“horizon des événements” (au-delà, point de salut …) et par conséquent à rayonner puissamment. Un pour-cent seulement, le reste du nuage de gaz étant repoussé, éjecté. Pour espérer y plonger un jour, la matière doit perdre de l’énergie — vélocité et température — et d’avantage se densifier, à l’instar d’homologues abrités par d’autres galaxies. Elle doit donc profiter d’être éjectée pour se délester puis repasser.

“La plupart du gaz doit être éjecté de sorte qu’une petite quantité puisse atteindre le trou noir” raconte Feng Yuan (Shanghai Astronomical Observatory) qui a participé à cette étude, ajoutant que “contrairement à ce que les gens pensent, les trous noirs ne dévorent pas tout ce qui est tiré vers eux. Sgr A* a apparemment beaucoup de mal à avaler toute sa nourriture”.

Relativement proche de nous “Sagittarius A* est un des très rares trous noirs assez proche de nous pour qu’on puisse en étudier le processus d’écoulement de la matière” comme le rappelle Daniel Q. Wang (University of Massachusetts), co-auteur de l’article publié dans la prestigieuse revue Science.

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Crédit photo et vidéo : NASA/CXC/SAO/UMass/D.Wang/STScI.

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