La sonde Juno a commencé à déshabiller Jupiter

Premiers regards de Juno sur la plus grande planète du Système solaire. Les huit instruments de la sonde spatiale ont commencé à la déshabiller. Pour le directeur de la mission, c’est à peine si on reconnait Jupiter !

Venue de la Terre pour découvrir ce que la plus grosse planète du Système solaire, Jupiter, a dans le ventre, Juno vient de transmettre sa première moisson de données scientifiques.

Arrivée le 4 juillet 2016, elle a bouclé la première des 36 orbites polaires et elliptiques programmées le 27 août. Ce jour-là, elle a survolé le pôle nord de la géante gazeuse à seulement 4.200 km. C’est la première fois que les scientifiques et aussi le grand public le découvrent via les images capturées par la caméra dédiée JunoCam.

Les huit instruments de la sonde spatiale étaient grands ouverts durant les six heures qu’a duré le survol de la planète de son pôle nord à son pôle sud. La totalité des six megabytes de données collectées a été transférée jusqu’aux bureaux de l’équipe scientifique, à environ 800 millions de kilomètres de là (40 minutes-lumière) en l’espace de 36 heures. Bien qu’elles soient en cours d’analyse et de traitement, les chercheurs sont déjà très heureux des premières découvertes qui ont été faites.

La sonde Juno était à 195.000 km du centre de Jupiter lorsque cette image a été prise avec JunoCam. La planète géante n’avait pas été vue sous cet angle depuis la visite de Pioneer 11 en 1974. Une multitude d’ouragans sont visibles aux hautes latitudes. Pas de traces d’une structure hexagonale comme pour Saturne. À voir aussi une vue à 78.000 km du pôle nord de Jupiter. Crédit : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS
La sonde Juno était à 195.000 km du centre de Jupiter lorsque cette image a été prise avec JunoCam. La planète géante n’avait pas été vue sous cet angle depuis la visite de Pioneer 11 en 1974. Une multitude d’ouragans sont visibles aux hautes latitudes. Pas de traces d’une structure hexagonale comme pour Saturne. À voir aussi une vue à 78.000 km du pôle nord de Jupiter.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS

En terre inconnue : les pôles de Jupiter

« Premier aperçu du pôle nord de Jupiter et il ne ressemble à rien de ce que nous avions vu ou imaginé auparavant, commente le directeur scientifique de la mission, Scott Bolton (Southwest Research Institute). C’est plus bleu là-haut que dans les autres parties de la planète, il y a beaucoup de tempêtes, ajoute-t-il. Il n’y a aucun signe des bandes latitudinales et de ceintures auxquelles nous sommes habitués ». Pour le chercheur, c’est à peine si on reconnait Jupiter ! En outre : « Nous voyons des signes que les nuages ont des ombres, ce qui indique peut-être qu’ils sont à une altitude plus élevée que d’autres traits caractéristiques. »

L’une des découvertes les plus importantes qui a frappé l’équipe est l’absence d’une structure hexagonale coiffant le pôle de la géante, au contraire de Saturne, deuxième plus grande planète du Système solaire. Jupiter est « vraiment unique », ont-ils insisté.

Observation de la première aurore australe de Jupiter
Observation de la première aurore australe de Jupiter

Sous la peau de Jupiter

Au cours du survol, l’instrument JIRAM (Jovian Infrared Auroral Mapper) conçu par l’Agence spatiale italienne a scanné la planète géante dans l’infrarouge, regardant « sous la peau de Jupiter » comme l’a illustré l’un de ses co-investigateurs, Alberto Adriani, de l’Istituto di Astrofisica e Planetologia Spaziali à Rome.

Plusieurs points chauds, jamais vus auparavant, ont ainsi été révélé. Et cerise sur le gâteau : une aurore jovienne australe a enfin été observée.« Maintenant, avec JIRAM, nous voyons qu’elle apparait être très lumineuse et bien structurée. Le haut niveau de détail dans les images nous en dira plus sur la morphologie des aurores et de la dynamique. »

À l’occasion de ce premier tour, Juno a aussi enregistré les émissions radio internes de la géante gazeuse. « Jupiter nous parle de la façon dont seuls les mondes géants et gazeux peuvent le faire » résume Bill Kurth, coresponsable de Waves, instrument chargé de détecter la signature des particules énergétiques générant les aurores, les plus puissantes du Système solaire, qui couronnent le pôle nord de Jupiter. « Maintenant, nous allons essayer de comprendre d’où viennent les électrons de qui les génère. »

Ci-dessus : 13 heures d’émissions radio de Jupiter reportée visuellement dans cette vidéo. « Les signaux ont été transférés dans la gamme de fréquences audio et sont affichés dans un format similaire à une empreinte vocale, montrant l’intensité des ondes en fonction de la fréquence et de temps. Les intensités les plus larges sont indiquées dans les couleurs chaudes » a écrit la Nasa en introduction. Crédit : NASA, JPL-Caltech, SwRI, MSSS

 

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