Réveil réussi pour la sonde spatiale Rosetta

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Après un sommeil profond de 31 mois, la sonde spatiale européenne Rosetta s’est réveillée avec succès le 20 janvier à 18 h 18. En chemin vers la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, elle est programmée pour l’étudier de prés et déposer à la surface le module Philae. De nombreux et passionnants défis attendent cette mission au cours des prochains mois.

Les ingénieurs et scientifiques en charge de la mission Rosetta sont ravis, leur « chasseur de comètes est de retour » !
Plongée dans un sommeil profond depuis juin 2011 alors qu’elle était éloignée d’environ 800 millions de kilomètres du Soleil, la sonde spatiale était sommée, ce lundi 20 janvier 2014, de se réveiller. Quatre tentatives étaient prévues, mais après une longue journée d’attente, le suspense était à son comble en fin d’après-midi quand Rosetta a enfin signalé au monde entier qu’elle allait très bien. La grande antenne de Goldstone, en Californie (NASA), a reçu le signal confirmant son réveil à 18 h 18 TU.

A présent, 673 millions de kilomètres la séparent de notre étoile et il ne lui reste plus que 11 « petits » millions de kilomètres à parcourir avant d’atteindre son objectif, la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.

Après le succès de la mission Giotto laquelle, en 1986 — on s’en souvient —, s’était approchée de très près de la célèbre comète de Halley, l’agence spatiale européenne (ESA) a souhaité renouveler l’expérience en déposant en douceur, cette fois, un petit robot sur le dos de la comète sélectionnée.

« Toutes les autres missions cométaires ont jusqu’à présent été des survols qui ont permis de capter des moments fugitifs de la vie de ces corps glacés » raconte Matt Taylor (responsable scientifique de la mission Rosetta à l’ESA). « Avec Rosetta, nous retracerons l’évolution d’une comète au jour le jour et pendant plus d’un an, ce qui nous donnera des informations uniques sur son comportement et nous aidera au final à découvrir le rôle joué par ces objets dans la formation du Système solaire ».

Lancée en 2004, Rosetta (pierre de rosette) doit en effet survoler la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko (4 km de diamètre) à partir d’août 2014 afin de la cartographier en très haute-résolution, évaluer sa masse, sa gravité et sa taille. Composées de glaces, roches et poussières, les comètes conservent au sein de leurs noyaux les traces, toujours intactes, du système solaire primitif. Quelques pincées des éléments qui abondaient autrefois (4,5 milliards d’années) autour de notre très jeune soleil y sont restés prisonniers. Une véritable « malle aux trésors » pour les scientifiques.

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Philae devrait se poser à la surface de la comète, le 13 novembre prochain

Au moyen de ses nombreux instruments, la sonde spatiale sera en mesure d’étudier la comète sous toutes les coutures, au cours de ses différentes phases ultérieures de réveil… Et oui, venue des confins du système solaire, elle ne tardera plus à s’activer, « piquée » à vif par le rayonnement du Soleil et les températures qui s’élèvent au fil de sa progression.

Les chercheurs pourront ainsi suivre sur leurs écrans (presque) en direct, l’évolution de son atmosphère — la coma (chevelure) —, ses dégazages fréquents, la formation de sa queue de plasma et celle constituée des poussières arrachées. Toutes les interactions avec le vent solaire au fil de son périple devraient être enregistrées.

Et ce n’est pas tout. Le 11 novembre prochain, le module Philae (100 kg) est programmé pour s’élancer vers la comète et la « chevaucher »… Pour se prémunir des ruades (faible gravité et soubresauts), l’atterrisseur devra s’amarrer solidement au sol chaotique avec des harpons. Chargé d’effectuer des prélèvements en surface et aussi jusqu’à 23 centimètres de profondeur, Philae sera en capacité d’analyser tous les échantillons prélevés sur place.

Suivie à la trace par la sonde Rosetta, la comète passera au plus proche de notre étoile (périhélie), le 3 août 2015, à quelque 185 millions de kilomètres.

En attendant, l’ESA donne rendez-vous le 2 mai 2014 pour découvrir les premières images de la comète, qui sera distante alors de 2 millions de kilomètres de la sonde spatiale.

Crédit photo : ESA.

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