Retour sur Terre réussi de la sonde spatiale Hayabusa

Hayabusa traverse le ciel d'Australie
Hayabusa traverse le ciel d'Australie, superbe photo de Ozaki Takashi

Après un périple de 7 ans dans l’espace, qui l’a conduit de la Terre jusqu’à l’astéroïde Itokawa, aller et retour, la sonde spatiale japonaise Hayabusa (ce qui se traduit par « faucon pèlerin ») a réussie, le 13 juin 2010, son retour sur notre planète, plus précisément en Australie dans le désert de Woomera.

La mission d’Hayabusa, rappelons-le, était de prélever des échantillons de roches à la surface d’un astéroïde géocroiseur, plus ou moins menaçant, nommé Itokawa (1998 SF36). Découvert en 1998, il porte le nom d’Hideo Itokawa, grande figure de l’aérospatiale japonaise. Sa taille est estimée à 500 mètres de long. La sonde spatiale de l’agence spatiale JAXA a réalisée de nombreux et fantastiques clichés de sa surface (voir ci-dessous) lors de son approche au mois de novembre 2005.

L'astéroïde géocroisieur Itokawa
L'astéroïde géocroisieur Itokawa

En raison de plusieurs dysfonctionnement, le petit vaisseau explorateur a du modifier sa mission et retarder son retour sur Terre, initialement programmé pour 2007. Au cours de sa nouvelle configuration, Hayabusa s’est posé sur le sol de l’astéroïde pendant 30 minutes. Scientifiques et ingénieurs espèrent que ce court séjour a permis une récolte suffisante de poussières et de micro-poussières … En ouvrant la capsule, revenue ce 13 juin 2010 après un voyage de 4,5 milliards de kilomètres, ils auront la satisfaction (ou pas) de trouver plusieurs échantillons de cet objet qui erre dans notre banlieue terrestre depuis des milliards d’années. Les astronomes s’y intéressent beaucoup car ces rochers très anciens sont en quelque sorte la mémoire du système solaire. Certains étant même constitués de poussières capturées lors de la formation de notre étoile ! Sous leur aspect anodin, ils renferment la longue histoire de notre système solaire et peut-être bien aussi, celle de la vie. Beaucoup sont riches en matières organiques, lesquelles ont pu servir de « ferments » lors des grands bombardements météoritiques survenus dans les temps antédiluviens, il y a 3,8 milliards d’années ! Itokawa est plutôt un astéroïde banal, formé d’agrégats de poussières, une catégorie aussi affublée du surnom « tas de gravats ». Quasiment aucun cratère n’a été observé à sa surface.

Dés à présent, plusieurs équipes de scientifiques japonais, américains et australiens vont ouvrir cette capsule et s’évertuer à recueillir des poussières, aussi infimes soient-elles ! C’est la deuxième fois dans notre Histoire spatiale qu’il est offert à l’humanité d’étudier des roches venues d’un autre monde (la première fois était des roches de la Lune), extérieur à notre planète et, qui plus est, très ancien.

En vidéo, désintégration de la sonde spatiale Hayabusa lors de son entrée dans l’atmosphère terrestre. On peut voir la capsule, contenant les échantillons de poussières, continuer son chemin, protégée par un bouclier thermique. Fusant à plus de 40 000 km/h, elle est ralentie par un parachute jusqu’à son arrivée au sol. Ces images ont été filmées depuis un hélicoptère de la NASA, présent sur les lieux. Somptueux feux d’artifice illuminant le ciel de l’Australie.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=u-Xp_-_gLTA[/youtube]
Détails de la désintégration d'Hayabusa
Détails de la désintégration d'Hayabusa

Autres photos et vidéos du retour de la sonde Hayabusa.

A écouter : le podcast de Ciel & Espace sur la mission Hayabusa « Hayabusa pour une poignée de poussières ».

Crédit photo : Ozaki Takashi, ISAS, JAXA et NASA.

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