Probable nouveau record de la galaxie la plus lointaine jamais observée !

L’objet MACS0647-JD, distant de 13,3 milliards d’années-lumière

L’objet MACS0647-JD est en passe de devenir la galaxie la plus lointaine jamais observée. Minuscule et peuplée de quelques centaines de millions d’étoiles, elle apparait dans les premières couches du temps, à l’aube de l’Univers.

“Cette dernière découverte a dépassée mes attentes de ce qui est possible avec le programme CLASH [Cluster Lensing And Supernova Survey with Hubble].” déclarait Rychard Bouwens, co-auteur de l’article qui a annoncé l’observation d’une galaxie candidate à un nouveau record de distance.
Durant des mois, les chercheurs ont enquêté sur l’identité de l’objet MACS0647-JD, écartant toutes les fausses pistes et leurres possibles. Le redshift (z 11) ou décalage vers le rouge suggère que sa lumière a voyagé durant 13,3 milliards d’années à travers l’espace-temps ! L’hypothèse d’une galaxie et même d’un embryon de galaxie se précise. Ce petit point rouge mis en exergue sur l’image ci-dessus est vraisemblablement un agrégat de 100 millions à 1 milliard d’étoiles (entre 0,1 et 1 % de la masse de la Voie Lactée !) observé tel qu’il était, environ 420 millions d’années seulement après le “Big Bang” (à ce sujet, je vous invite à lire « Discours sur l’origine de l’univers » d’Etienne Klein)  ! L’Univers n’a alors que 3 % de son âge actuel. Le précédent record date de quelques semaines et montrait une galaxie observée 490 millions d’années environ après le “Big Bang”.

Etendue sur 600 années-lumière, MACS0647-JD apparait comme une minuscule galaxie en comparaison avec notre Voie Lactée d’aujourd’hui, vaste de 100 000 années-lumière. Rappelons que selon les modèles admis par les cosmologistes, notre galaxie et ses homologues — en termes de masses et dimensions — ne seraient pas ce qu’elles sont sans la coalescence de centaines de nano-galaxies depuis l’aube de l’Univers … “Cet objet peut être l’un des nombreux blocs de construction d’une galaxie. Au cours des 13 milliards d’années qui ont suivi, il a pu avoir des dizaines, des centaines voire des milliers de rencontres et de fusion avec d’autres galaxies et des fragments de galaxies.” raconte Dan Coe (Space Telescope Science Institute, STScI) qui a mené cette étude.

Débusquer une aussi infime galaxie dans les confins de l’Univers, à rebours, dans les premières couches du mille-feuille du temps n’a pu être possible qu’avec la grande sensibilité des télescopes spatiaux Hubble et Spitzer combinée à l’effet “loupe” de l’amas de galaxies MACS J0647.7 7015. Ce dernier, de par sa masse très importante a, en effet, magnifié l’objet lointain situé en arrière-plan. L’espace déformé par la masse de la grappe de galaxies, a détourné et amplifié les rayons lumineux de la petite galaxie. Sans ce précieux effet de “lentille gravitationnelle”, très prisé pour ce genre de chasse aux objets lointains très discrets, sa détection aurait été très difficile. Nul doute que MACS0647-JD sera une cible privilégiée pour le futur James Webb Space Telescope (JWST), lancement prévu en 2018, emblématique de la nouvelle génération de télescopes spatiaux.

Afficher et/ou télécharger l’image ci-dessus en haute résolution (1,6 Mb). Version « zoomable ».


Zoom sur la galaxie la plus lointaine jamais… par Pyxmalion

Crédit photo : NASA/ESA/M. Postman et D. Coe (STScI).

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