Plus de 100 milliards d’exoplanètes dans notre galaxie !

plus de 100 milliards d'exoplanètes
Illustration du ballet des planètes autour des milliards d'étoiles qui peuplent notre galaxie

D’après une étude statistique établie après 6 ans de recherche, il y aurait en moyenne 1,6 planètes par étoile dans notre galaxie soit plus de 100 milliards, rien que pour la Voie Lactée !

Il y a 2 300 ans, le philosophe Epicure déclarait :

« Ce n’est pas seulement le nombre des atomes, c’est celui des mondes qui est infini dans l’univers. Il y a un nombre infini de mondes semblables au nôtre et un nombre infini de mondes différents ».

Les découvertes d’exoplanètes explosent ! Plus de 2 000 candidates repérées par le satellite Kepler attendent d’être confirmées. Pas plus tard qu’hier, une équipe de chercheurs annonçait avoir débusquer un mini système planétaire : une étoile naine rouge règne sur les trois plus petites exoplanètes jamais observées (lire l’article ici) !

La méthode qu’utilise Kepler est le transit. Plus de 150 000 étoiles comparables au Soleil sont patiemment surveillées, espionnées. Lorsqu’un corps passe devant l’étoile, la baisse de luminosité trahit tout de suite sa présence.

Les deux autres méthodes employées par les scientifiques sont la vitesse radiale et la micro-lentille gravitationnelle. Pour la première, la présence d’une – ou plusieurs – planètes est signalée par les oscillations qu’elle provoque, de par sa masse (même faible) sur l’étoile-mère. Des mouvements d’éloignement ou de rapprochement qui se lisent sur le spectre de l’étoile (effet Doppler). La méthode de microlentille gravitationnelle est en quelque sorte une effet loupe créé par l’alignement de deux étoiles. En vertu des lois de la relativité générale, les objets massifs courbent l’espace-temps et déforment ainsi le trajet de la lumière. Ainsi, l’étoile à l’arrière-plan est “grossie”, amplifiée par celle qui se trouve au premier-plan. Avec un peu de chance, si celle-ci possède une ou plusieurs planètes, cela se verra par un accroissement de la luminosité sur l’étoile la plus éloignée. Nécessitant, comme on l’a vu, beaucoup de chances pour que l’orbite des planètes soient vu par la tranche pour être détectée, cette méthode a permis de découvrir seulement une douzaine d’exoplanètes. En dépit de ces difficultés, elle présente des avantages sur ses “concurrentes”, notamment les possibilités de mettre en évidence des planètes très éloignées de leur étoile (jusqu’à 1,5 milliards de km de distance) ou aussi des corps de masses variables (de cinq masses terrestres à dix masses “jupiteriennes”) … !

Une équipe internationale de chercheurs (parmi lesquels les français Arnaud Cassan et Jean-Philippe Beaulieu de l’Institut d’Astrophysique de Paris) ont passé au peigne fin des données collectées durant six années par les projets PLANET (Probing Lensing Anomalies NETwork) et OGLE (Optical Gravitational Lensing Experiment) et en ont trouvé trois avec cette méthode de micro-lentille. Trois, oui c’est pas mal ! Associé aux données des autres exoplanètes découvertes par la même méthode, les statistiques calculés enchantent les astronomes.

« les données que nous avons obtenues montrent de manière remarquable que les planètes sont plus courantes que les étoiles dans notre galaxie. Nous avons également trouvé que les planètes les moins massives, comme les super-Terres ou les Neptunes peu massifs, doivent être plus courantes que les planètes les plus massives. » commente l’auteur de l’article publié dans la prestigieuse revue scientifique Nature, Arnaud Cassan.

Parmi toutes les étoiles étudiées, une sur six (17 %) possède une planète géante de masse comparable à celle de Jupiter. La moitié (52 %) ont des “Neptune” et vraisemblablement plus des deux tiers (62 %) ont des super-terres en orbite ! Tout laisse à penser qu’il y a statistiquement, un minimum d’une planète par étoile dans notre galaxie. Autrement dit plus de 100 milliards d’exoplanètes.

Ces chiffres impressionnant corroborent les propos de l’éminent Geoffrey Marcy (lors d’un entretien en 2002 pour le journal Le Monde) sur les progrès à venir dans ce domaine :

« C’est comme si nous étions sur un bateau, à 1 kilomètre de la plage. A cette distance, on ne distingue que les gros rochers. Mais à mesure que votre navire s’approche, les petits rochers apparaissent, puis les galets et, quand vous accostez, vous voyez les grains de sable et, bien sûr, ils sont les plus nombreux. C’est exactement ce qui nous arrive. Pour l’instant, nous ne voyons que les gros rochers. Un jour, avec une autre technologie, nous verrons les galets et les grains de sable».

Même s’il faut toujours rester prudent sur les pronostiques, il apparait en effet que la population des planètes au sein d’une galaxie comme la nôtre est très élevée. Celles-ci ne sont véritablement pas “l’exception mais la règle” ! Rien de plus commun, dans notre galaxie, que les planètes. De tels chiffres permettent, in extenso, d’imaginer que la situation est plus ou moins la même pour les autres galaxies : des milliards de planètes, partout, autour de chaque étoile ou presque ! Nous vivons une époque formidable, exaltante. Il y a 20 ans, cette vision était encore peu partagée.

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Source : ESO et NASA.

Crédit photo : NASA/ESA/M. Kornmesser (ESO).

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