Pluie exceptionnelle d’étoiles filantes le 8 octobre !

Perseids meteor
Avis de grosse pluie d'étoiles filantes le 8 octobre !

Cette année, l’essaim météoritique les « Draconides » s’annonce exceptionnel avec une estimation de plus de 700 étoiles filantes par heure !

Si vous avez manqué le rendez-vous annuel avec le célèbre essaim d’étoiles filantes « les Perséides » le 13 août dernier ou encore s’il vous a déçu, dérangé par la luminosité de la Pleine Lune, ce n’est pas grave. Les dernières prévisions pour les « Draconides » annonce un pic d’activité pour le 8 octobre dépassant largement celui des « Perséides » : environ 750 par heure !

Plutôt discret, l’essaim météoritique des « Draconides » connait périodiquement de remarquables embardées ! Comme en 1933 ou 1946, deux crus exceptionnels avec un taux de météores dépassant allégrement les 6 000 à 10 000 par heure ! Waouh ! Cela laisse rêveur. Ce sont de véritables tempêtes comme on peut en voir rarement. Les anglo-saxons parlent, eux, de douche (meteor shower) !
Plus récemment, les observateurs japonais eurent une belle surprise en 1998, les « Draconides » semèrent dans le ciel 700 étoiles filantes par heure en moyenne ! Pas mal, n’est-ce pas ?!

Bolide
Bolide

Pour le cru 2011, l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE) prédit pour la soirée du 8 octobre (nuit du 8 au 9 octobre) un taux horaire équivalent. Les plus pessimistes tablent sur un pic d’une centaine de météores par heure et les plus optimistes montent à 1 000 par heure ! Jérémie Vaubaillon, prévisonniste aguerri à l’IMCCE, s’appuie sur les modélisations des trajectoires des particules laissées par les comètes, en l’occurrence la comète 21P Giacobini-Zinner, pour annoncer deux maximum au cours de cette longue nuit. Une moyenne de 750 météores par heure devrait s’abattre dans le firmament ! Le premier pic devrait survenir entre 17 h et 18 h TU (19 h et 20 h, heure française). A cette heure-là, la nuit n’est pas encore installée en France. Les observateurs les plus privilégiés sont alors plus à l’est, dans les douces contrées de l’orient méditerranéen (Chypre, Grèce, Turquie, …) ! Il faudra donc patienter le deuxième pic d’activité qui devrait se manifester vers 22 h-23 h (les prévisions sont susceptibles d’être modifiées entre temps).
La seule ombre à ce tableau qui promet d’être extra-ordinaire, est lumineuse (!) : la présence de la Lune gibbeuse. Certes, c’est préférable à une Pleine Lune (souvenez-vous cet été, les « Perséides » rendues en partie invisible par la Pleine Lune …) mais elle est néanmoins à 90 % de la totalité. Une gêne qui réduira la visibilité des météores les plus petits et moins lumineux. On se consolera bien sûr avec un taux horaire élevé qui décuple les chances d’en surprendre, traversant la voûte céleste. Sans oublier, les plus gros d’entre eux – lumineux et fulgurants bolides – qui ne craignent pas le bain de lumière lunaire.

Cette nuit du 8 octobre devrait être un régal, arrosée par des centaines d’étoiles filantes. Comme son nom l’indique, l’essaim a son radiant dans le Dragon, plus exactement dans sa tête (sa gueule). Serpentant entre la Grande Ourse et la Petite Ourse, la constellation est circumpolaire donc visible toute la nuit.

veines meteor
Graphique de l'IMCCE montrant les deux "veines" à l'origine de la pluie du 8 octobre

La comète 21P Giacobini-Zinner est à l’origine de cette pluie. Découverte en 1900, elle essaime des centaines de milliers de petits grains au cours de sa révolution de 6,6 années autour du Soleil. C’est lorsque la Terre rencontre ces essaims ou « veines » de débris (quelques microns à quelques centimètres) que se produisent les pics d’activité, à l’instar des célèbres – et plus réguliers – « Perséides » (août), « Léonides » (novembre) ou « géminides » (décembre). La vitesse de pénétration dans l’atmosphère des « Draconides » est de seulement 20 km par seconde !

Les conditions météo de ces derniers jours permettent d’imaginer qu’elles resteront en votre faveur ce 8 octobre, temps clair et douceur à la tombée de la nuit. Afin de se prémunir de l’humidité (habituelle en cette période) et de la fraicheur, prévoir des vêtements chauds. Naturellement, il est recommandé de s’éloigner le plus possible des agglomérations urbaines et de toute pollution lumineuse, nuisibles à l’observation du ciel nocturne. Inutile d’en rajouter à la Lune gibbeuse. Pour mieux embrasser la voûte céleste, en particulier dans la direction nord où grimpe le Dragon, il est préférable de s’allonger (couverture, tapis, chaise longue, …).
Avec de la chance, l’activité qui règne sur le Soleil ces temps-ci pourrait produire des aurores boréales exceptionnelles, visibles jusque dans l’Europe du Sud. Une forte éruption solaire pourrait, en effet, offrir semblable spectacle.
Autrement, si vous possédez un instrument d’observation (même de faible grossissement), vous pourrez vous en mettre plein les yeux, entre deux pics d’activité, en observant la Lune (notamment le « terminateur », zone de partage entre le jour et la nuit sur la Lune) et bien sûr, Jupiter. Impossible de ne pas la remarquer au-dessus de l’horizon est. Gros point doré, dominant la constellation du Bélier.

Lire aussi : « Maximum des Draconides à 21 heures ? »

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