En photo : les restes d’une comète qui a frôlé le Soleil

nuage de poussière reste de comète
Stupéfiante photo de Michael Jager réalisée le 28 février du nuage fuselé de poussières associé à la comète C/2015 D1 (SOHO) -- cette dernière était passée près du Soleil quelques jours plus tôt

De rares personnes ont pu photographier le nuage de débris résiduels de la comète C/2015 D1 (SOHO) qui avait rasé le Soleil le 23-24 février.

On en parlait la semaine dernière : la 2 875e comète (alias SOHO-2875) repérée le 19 février par le satellite SoHO et qui avait survécu les jours suivants à l’enfer de son passage à environ 3 millions de km de la surface du Soleil a finalement fait une apparition furtive dans les lueurs du crépuscule. Les rares astronomes amateurs qui ont réussi à la photographier le 28 février n’ont que son fantôme à nous montrer. Une trainée de débris qui sur l’extraordinaire cliché de l’Autrichien Michael Jäger (voir aussi ses fabuleuses photos de la C/2014 Q2 aka comète Lovejoy) pourrait se confondre avec une galaxie naine, nonobstant son mouvement…

De type sungrazer car rasant notre étoile (certaines n’y survivent pas), les astronomes ne lui connaissent aucun lien de parenté avec les autres comètes de cette catégorie. Désignée C/2015 D1 (SOHO), elle apparait donc comme un nuage de poussière, vraisemblablement surchauffé et broyé par l’astre solaire. Une situation qui n’est pas sans évoquer celle de la comète ISON, à la différence que la nouvelle est restée un peu plus longtemps en un seul morceau…

D’ailleurs, Karl Battams (@SungrazerComets), spécialiste du sujet qui avait suivi de très près les mésaventures d’ISON voici plus d’un an, déclarait au site Spaceweather « C/2015 D1 (SOHO) fut en effet observé depuis le sol, mais malheureusement pas en un seul morceau. L’astronome amateur Justin Cowart fut le premier à la photographier, suivi la nuit d’après par un couple d’autres observateurs. Tous ont rapporté la même chose : une longue trainée diffuse sans condensation centrale, comme l’illustre parfaitement l’impressionnante image de Michael ».

Selon lui, le noyau cométaire « a probablement souffert, peu après le périhélie, de plusieurs perturbations catastrophiques qui l’ont brisé complètement ». Par chance, continue-t-il, l’astre « a patienté le périhélie pour s’émietter et le nuage de poussière est resté assez compact pour être vu depuis le sol ».

Et après ? Que deviennent tous ces débris ? Le chercheur du Naval research lab qui entend souvent cette question répond que cela « dépend de la taille des morceaux. Les plus petits sont balayés par le rayonnement solaire. Mais les plus gros vont sagement continuer sur leur orbite, retournés dans les régions froides du Système solaire », mais conclut-il, « cette comète ne semble être de courte ou longue période, c’est un fantôme qui ne refera plus de réapparitions ».

restes de comète SOHO-2875
Fantôme de la comète C/2015 D1 (SOHO) photographié par un groupe d’étudiants le 27 février au BOOTES-1 astronomical station d’El Arenosillo, en Espagne

Crédit photo : Michael Jäger et M. Masek (Institute of Physics, Academy of Sciences, Prague)/J. Jurysek (Charles University, Prague)/J. Cerny (Czech Astronomical Society)/M. Jeli..

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