Observez la comète 41P dans le ciel d’avril

La comète 41P/Tuttle-Giacobini–Kresak photographiée le 2 avril 2017 au lendemain de son passage au plus proche de la Terre — Crédit : John Chumack, Spaceweather

Le 1er avril, la comète 41P/Tuttle-Giacobini–Kresak est passée à moins de 21 millions de km de la Terre. Maintenant, elle file en direction du Soleil et le 12 avril prochain, elle aura atteint le point de son orbite le plus proche de lui. L’activité de ce petit astre glacé va donc continuer de croître. Aussi peut-être nous réserve-t-il de belles surprises comme lors de son passage de 1973, quand elle devint soudainement 10.000 fois plus brillante !

En ce début avril, la comète 41P — plus exactement 41P/Tuttle-Giacobini–Kresak, voir plus bas — est de passage dans notre voisinage. Le 1er avril, elle n’était qu’à quelque 20,8 millions de km de la Terre, soit l’équivalent de 55 fois la distance moyenne entre notre planète et la Lune. Elle n’était pas passée aussi près de nous depuis sa redécouverte en 1907, selon la Nasa.

À présent cette boule de glace et de poussière de 1,4 km de diamètre, selon les estimations, fonce tout droit vers le point de son orbite elliptique le plus proche du Soleil, le périhélie. Elle l’atteindra le 12 avril prochain (156 millions de km la séparera de notre étoile, contre environ 768 millions de km lors de son aphélie). Pour l’astre, c’est donc l’été qui arrive. Et avec lui, des changements importants en raison des fortes élévations de température dans les régions exposées, au rythme de sa rotation. Cela se traduit par ce qui est appelé des sursauts d’activité : explosions, dégazages plus intenses, effondrements de terrain sur le noyau cométaire (comme cela a été observé de près sur Tchouri par Rosetta), etc. Bref, pour la comète, c’est une période de turbulence qui, bien entendu, retient l’attention des astronomes professionnels, curieux d’en savoir plus sur ce corps glacé originaire de la région de Jupiter (elle est de la famille des comètes jupitériennes).

Le périple de la comète 41P/Tuttle-Giacobini–Kresak entre la mi-mars et la mi-mai 2017. Le 1er avril, l’astre n’était qu’à 21 millions de km de la Terre. Le 12 avril, elle atteindra le périhélie. La période est très favorable à son observation. Qui sait sa luminosité va être décuplé dans les prochains jours ? — Crédit : Stelvisions

Une comète observable quasiment toute la nuit

Comme toujours avec les comètes, leur « comportement » est imprévisible et 41P ne fait pas exception. Nombre d’astronomes amateurs, de photographes et bien sûr de simples curieux des phénomènes célestes sont donc à l’affut d’un soudain accroissement de sa luminosité qui peut intervenir à tout moment. Pour l’instant, l’astre flirte avec la magnitude 6, ce qui veut dire qu’il est presque visible à l’œil nu dans un ciel très sombre. Certains assurent d’ailleurs avoir d’ores et déjà réussi à la distinguer sans instrument ces derniers jours.

41 P suivie par les télescopes de Slooh le 31 mars 2017 — Crédit : Slooh, YoutubeSurtout, il faut garder à l’esprit que nous ne sommes pas à l’abri de surprises grandioses avec 41P. En effet, certains se souviennent qu’en 1973, au moment où, aussi, elle approchait du périhélie, c’était à la fin mai, elle devint 10.000 fois plus brillante. Cela se reproduisit une deuxième fois, six semaines plus tard, début juillet. Inutile de dire qu’alors aucun instrument n’était nécessaire pour la voir. Toutefois, il est toujours préférable de les admirer avec une paire de jumelles ou une lunette astronomique, pour plus de détails. À noter que de par sa relative proximité avec nous, visuellement, la comète se déplace vite par rapport au fond du ciel étoilé.

Durant tout le mois d’avril, la petite comète est quasiment circumpolaire, se frayant un chemin dans la voûte céleste à travers la longue constellation du Dragon. Autrement dit, dans l’hémisphère nord et aux latitudes de la France métropolitaine, elle ne passe jamais sous l’horizon… Toutefois, précisons que plus elle est haute dans le firmament, meilleure sera la résolution. Aussi, même si on peut la rechercher dès la fin du crépuscule, c’est au cours de la deuxième partie de nuit qu’elle culmine dans le ciel.

D’où lui vient son nom 41P/Tuttle-Giacobini–Kresak ?

Comme vous l’avez remarqué, la comète 41P porte trois noms différents. Ceux de ses trois découvreurs qui l’ont observé à plusieurs décennies d’intervalle. Horace Tuttle fut le premier à la remarquer. C’était en 1858. Mais elle était alors si faible (magnitude 10) que l’astronome ne parvint pas à déterminer efficacement sa périodicité. Elle sera de nouveau débusquée en 1907, à l’observatoire de Nice, par Michel Giacobini. L’astre chevelu fut alors suspecté d’être la même comète qui avait été aperçue un demi-siècle plus tôt… Mais là encore, le manque d’informations ne permit pas de l’affirmer.

Enfin, elle fut re-redécouverte en 1951, alors que Ľubor Kresák regardait le ciel dans une paire de jumelle 25×100. Cette fois, les observations furent plus conséquentes, sur de plus longues périodes, et permirent de définir son orbite. Il put être établi que 41P était le même objet repéré par deux fois dans le passé.

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