Nuit des Etoiles et pluie d’étoiles filantes

atmosphère de Pluton
Avant de dire adieu à Pluton, la sonde New Horizons a été programmée pour photographier Pluton en contre-jour de façon à mettre en évidence son enveloppe atmosphérique. L’image a été acquise à 2 millions de km de la planète naine, sept heures après le survol historique du 14 juillet. L’équipe de la mission l’a reçu et découvert le 23 juillet

La 25e édition des « Nuits des Étoiles » se déroule quelques jours avant le pic d’activité de la pluie d’étoiles filantes nommée Perséides. En partenariat avec l’association Humanité et Biodiversité, les manifestations ont pour thème « Climat, biodiversité et atmosphères planétaires ».

La « Nuit des Étoiles » est un peu à l’astronomie ce qu’est la Fête de la Musique à… la musique. Une merveilleuse occasion, par de claires et douces soirées d’été, de faire connaissance avec les étoiles qui peuplent le ciel, d’explorer le cosmos, d’en apprendre plus sur notre Univers et les dernières découvertes comme par exemple les exoplanètes potentiellement habitables récemment annoncées (Kepler-452b, Kepler-186f…). Pour la 25e édition, l’AFA a choisi de mettre les exoplanètes à l’honneur justement (on fête les 20 ans de la découverte de la première exoplanète, Pegasi 51 b) et aussi les atmosphères planétaires. En partenariat avec l’association Humanité et Biodiversité dont Hubert Reeves est le président d’honneur, la thématique est plus exactement « Climat, biodiversité et atmosphères planétaires ». Ces dernières reflètent l’activité à la surface des autres mondes, à l’instar de notre petite planète bleue, « oasis fragile » dont les équilibres dont nous dépendons sont hélas menacés. À travers les multiples manifestations (plus de 416) organisées partout en France, les 7, 8 et 9 août, il sera notamment question dans les conférences et débats, d’habitabilité. Ailleurs… « Y a-t-il d’autres Terres ? ». Mais au fait, pourquoi la vie est-elle apparue sur Terre ?

Par ailleurs, dans la foulée des observations historiques de la surface de Pluton et Charon, leurs atmosphères, et celles de Cérès — autre planète naine remarquable —, de la comète Tchouri, escortée depuis un an déjà par Rosetta, tous ces petits corps du Système solaire, vestiges de sa formation il y a plus de 4,5 milliards d’années seront aussi au centre des conversations.

Environ 285 sites en France donnent rendez-vous au public pour échanger sur ces sujets et aussi observer le ciel d’été, dans la mesure où il fait beau (voir carte). « Les Nuits des Étoiles » ont obtenu le label COP21 pour son engagement dans la lutte contre les bouleversements climatiques. Un sujet brulant qui sera au centre des préoccupations des décideurs de toute la Planète, à Paris, en décembre prochain, pour la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques.

perséides
Perséide dans la constellation du Cygne, devant la Voie lactée – Crédit photo : Rok Pucer et Jure Atanackov

Et la pluie d’étoiles filantes ?

Il est tentant de confondre « Nuit des Étoiles » avec la traditionnelle pluie d’étoiles filantes de l’été : les Perséides. Certes, en relation avec celles-ci, l’AFA a bien sûr choisi de programmer son rendez-vous annuel au cours de la période d’activité de cet essaim météoritique, du 17 juillet au 24 août. Par une belle nuit claire, sans brume et le minimum de pollution lumineuse, on peut en effet surprendre déjà quelques étoiles filantes fendre le ciel nocturne, le plus souvent si on regarde en direction du nord-est où se lève la constellation de Persée (en début de nuit) qui leur a donné son nom… Mais c’est surtout au cours de la nuit du 12 au 13 août, que ces grains de poussière éjectés de la comète 109P/Swift-Tuttle (période orbitale estimée à 135 ans) sont les plus nombreux à pénétrer dans notre atmosphère, à environ 110 km d’altitude, à une vitesse moyenne de 59 km/s. On parle alors de pluie (et même parfois de tempêtes comme dans le cas, certaines années, des Léonides, en novembre). Des Meteor shower (douche de météores) comme disent les Anglo-saxons.

Pour cette année 2015, les prévisions sont variables et partagées selon les spécialistes. Certains prédisent un « cru exceptionnel », relativement à une veine de poussières qui a dérivé récemment sous l’effet de la gravitation de Jupiter et pourrait croiser à proximité de l’orbite terrestre.

Pour Jérémie Vaubaillion de l’IMCCE, cité par Guillaume Cannat dans son indispensable Guide du ciel, la Terre passerait à 80 000 km d’un courant de particules laissées dans le sillage de la comète, lors de son passage de 1862. Cela augurait d’un flot de collisions supplémentaires qui pourrait se produire, d’après ses calculs, vers 18 h 39 TU (20 h 39 en France métropolitaine). Le taux de météorites — ou météoroïdes — reste cependant indéterminé : 100 à 120 par heure, voire plus et cela, peut-être, durant plusieurs heures…

Si l’on se réfère aux années précédentes, comme le rapporte l’IMO, l’activité de l’essaim s’accroit surtout le 13 août, entre 1 h 30 TU et 14 h TU. Le taux moyen dans cette tranche horaire serait classiquement de 80 à 100 avec de possibles bonds à un niveau supérieur (entre 6 h 25 et 9 h TU ?).

En résumé, il est difficile de connaître à l’avance, l’heure exacte du pic d’activité et le taux de météorites visibles. De toute façon, cela devrait se manifester dans la nuit du 12 au 13 août. Des dizaines d’étoiles filantes seront visibles et le moment venu, cela pourrait dépasser 100 par heure… Le meilleur moyen pour ne pas les manquer reste donc de trouver un site à l’horizon dégagé avec le moins de pollution lumineuse possible — de prévoir aussi des jumelles (observation de la Voie lactée, d’essaims d’étoiles…), des vêtements chauds, une couverture, un tapis ou une chaise longue, du répulsif à moustique, de la tisane ou un bon vin, etc. — et de vous laisser emporter par le flot d’étoiles dans la voûte céleste, vous immerger en suivant le courant de la Voie lactée… Bref, une fois étendu et détendu, vous serez bien disposé pour en voir un maximum : des plus délicats et pâles aux plus étincelants et lumineux (plus brillants que Vénus durant quelques instants) qu’on appelle bolides (fireballs)… De surcroît, nous avons la chance cette année que la Lune soit absente quasiment toute la nuit : nous ne pâtirons donc pas de son insolente lumière qui réduit la visibilité de ce phénomène.

Trois conférences de grands chercheurs sur le thème « Climats et atmosphères planétaires » :

Humanité et Biodiversité, le Cnes, le CEA, le CNRS-INSU, Airbus Defence and Space, l’Ademe, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie se sont associé à l’occasion de cette 25e édition des Nuits des Étoiles.

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