New Horizons nous dévoile le ciel bleu de Pluton

ciel bleu de Pluton en contre-jour
L’atmosphère bleutée de Pluton imagée en contre-jour par Ralph/MVIC (Multispectral Visible Imaging Camera) de New Horizons, peu après le survol de la planète naine, le 14 juillet 2015

L’atmosphère de Pluton, vue en contre-jour, apparait bleue. Quant aux rares endroits où la glace d’eau affleure en surface, elle est curieusement teintée de rouge.

New Horizons qui est à présent à plus de 5 milliards de km de la Terre et déjà à plus de 100 millions de km du système Pluton-Charon continue comme prévu de transmettre au compte-goutte les images et les données recueillies lors du survol historique du 14 juillet dernier.

Celles que l’équipe de la mission a reçu ces derniers jours et rendues public le 8 octobre nous dévoilent en couleur l’atmosphère de ce monde étonnant et indiquent les sites où la signature spectrale de la glace d’eau a été repérée.

« Qui a aurait pu suspecter un ciel bleu dans la ceinture de Kuiper [région où se situe Pluton, NDLR] ? C’est énorme ! » s’est exclamé Alan Stern, directeur de la mission au SwRI. À ce sujet, sa collègue Carly Howett a indiqué à la Nasa « cette teinte bleutée nous en dit plus sur la taille et la composition des particules de son atmosphère. Un ciel bleu résulte souvent de la dispersion de la lumière solaire par de très petites particules. Sur Terre, précise-t-elle, il s’agit de très fines molécules d’azote. Sur Pluton, elles apparaissent plus grosses — mais toujours relativement petites — comme des particules de suie que nous appelons tholins [le mot vient du grec ancien qui signifie encre de seiche, NDLR] ».

Pour les chercheurs ces tholins se forment dans la haute atmosphère après que le rayonnement ultraviolet de notre étoile ait brisé et ionisé les molécules d’azote (prédominantes) et le méthane. En se recombinant, ils produisent ces macromolécules complexes, à l’instar de ce qui existe dans la haute atmosphère de Titan (par ailleurs, seul satellite naturel du Système solaire a possédé une épaisse atmosphère). Les plus complexes continuent de grandir jusqu’à devenir de petites particules enrobées de gaz volatiles glacés. Ainsi alourdis, ils retombent et nappent la surface de la planète naine.

Autre curiosité de Pluton, le problème de la glace d’eau qui affleure dans certains endroits mais pas partout, comme l’a révélé l’instrument Ralph. Elle est vraisemblablement masquée la plupart du temps par d’autres dépôts de glaces. Pourquoi là justement et pas ailleurs ?, s’interroge l’équipe scientifique. En outre, les chercheurs sont très intrigués par sa présence sur des sites qui apparaissent bien rouges sur le portrait couleur de Pluton, des régions justement recouvertes de tholins. « Je suis surprise que cette glace d’eau soit si rouge » a déclaré Silvia Protopapa (université de Maryland), ajoutant : « Nous ne comprenons pas encore la relation entre la glace de l’eau et la coloration rougeâtre à la surface de Pluton. » Un monde décidément très surprenant.

signature de la glace d'eau sur Pluton
Les taches bleues indiquent les régions où la signature de la glace d’eau a été identifiée par les instruments MVIC et Leisa. La longue trace à gauche, dans la fosse de Virgile, apparait très rouge sur les images couleur de Pluton publiées fin septembre

Crédit photo : NASA, JHUAPL, SwRI

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