New Horizons : des images plus détaillées de Pluton

Mosaïque d’images en haute résolution de la surface de Pluton. On reconnait, en clair, une partie de la région Tombaugh, la grande plaine Spoutnik. Les paysages qui la bordent sont plus détaillés sur ces photos de New Horizons prises à quelque 80.000 km de la planète naine, lors de son survol historique -- Crédit photo : NASA, JHUAPL, SwRI

New Horizons vient de transmettre de nouvelles images de la surface de Pluton. On découvre avec plus de détails que jamais les paysages de la plaine Spoutnik et de son environnement. De nouvelles caractéristiques géologiques sont observées. L’équipe scientifique de la mission est déroutée par tant de complexités à la surface de cette lointaine planète naine.

Les images de Pluton recueillies par New Horizons, le 14 juillet dernier, et transmises au compte-goutte les jours suivants, nous ont tous émus et sidérés. Pour la première fois, en effet, nous apercevions la surface de cette planète naine découverte 85 ans plus tôt. Les chercheurs de la mission n’en revenaient pas de ce qu’ils découvraient : un monde complexe affichant une diversité insoupçonnée de paysages.

Après une accalmie dans le transfert des images pour se consacrer à des données de télémétrie et d’analyses du vent solaire, la sonde spatiale a débuté le 5 septembre, une nouvelle phase de téléversement qui durera toute une année.

En réalité, tout ce que nous avions vu jusqu’à présent n’était qu’une « entrée ». Voici venir maintenant les plats. Les images sont moins compressées et la une résolution atteint 400 m. par pixel. Nous devisons ainsi de nouveaux détails, pour le moins stupéfiants, des régions survolées ce jour-là, à quelque 12.500 km. Pour Jeff Moore qui dirige l’équipe de géophysiciens de la mission :« La surface de Pluton est aussi complexe que celle de Mars ».

Pour s’en convaincre, il n’est qu’à plonger son regard sur ce nouveau set d’images de ce survol historique. Beaucoup reconnaitront la plaine baptisée Spoutnik, la moitié ouest de la vaste région Tombaugh (le grand Cœur), et les différentes chaines de montagnes qui la borde. Celles-ci semblent déverser de la glace d’azote dans la plaine. On relèvera la présence de vallées, probablement creusées par les nombreux écoulements qui façonnent la surface de cette planète naine de 2.370 km de diamètre.

Des cratères d’impacts signalent la présence de terrains plus anciens, au-delà de Spoutnik, laquelle en est dénuée (formation plus récente). Certains détails comme ces blocs, en bordure de la plaine, sont entourés de matériaux un peu brouillés, qui rappellent aux chercheurs des structures observées sur Europe, une lune de Jupiter. Mais Pluton a probablement sa propre recette pour les former.

Enfin, des formations linéaires remarquées dans les reliefs les plus sombres et anciens, évoquent des dunes, ce qui n’est pas sans intriguer l’équipe. Toutefois, comme le souligne Emily Lakdwalla dans ses commentaires plus exhaustifs — sur son blog de The Planetary Society — de cette nouvelle salve d’images, mieux vaut rester prudent sur l’interprétation, car de nombreux artefacts de compression subsistent.

« Voir des dunes serait complètement incroyable, commente le géophysicien William B. McKinnon, membre de l’équipe, car Pluton a une atmosphère si fine aujourd’hui. Soit elle était plus épaisse dans le passé, soit un processus que nous n’avons pas encore compris est à l’œuvre. C’est à s’arracher les cheveux ». Tout apparait effectivement plus complexe qu’on n’osait l’imaginer.

Deux vues différentes de l’atmosphère de Pluton, photographiées en contre-jour, à environ 770.000 km de sa surface, 16 heures après le survol de la planète naine. L’image de droite montre une multitude de couches de brumes qui n’avaient pas été observées auparavant. Moins retravaillée, l’image de gauche laisse entrevoir des reliefs sur le limbe de Pluton éclairés par le crépuscule -- Crédit photo : NASA, JHUAPL, SwRI
Deux vues différentes de l’atmosphère de Pluton, photographiées en contre-jour, à environ 770.000 km de sa surface, 16 heures après le survol de la planète naine. L’image de droite montre une multitude de couches de brumes qui n’avaient pas été observées auparavant. Moins retravaillée, l’image de gauche laisse entrevoir des reliefs sur le limbe de Pluton éclairés par le crépuscule — Crédit photo : NASA, JHUAPL, SwRI

Des crépuscules sur Pluton

Parmi les nouvelles images qui ont voyagé jusqu’à la Terre durant environ 4 h 30, à la vitesse de la lumière, de nouvelles vues de l’atmosphère de Pluton montrent que les couches de brumes sont plus nombreuses que ne le pensaient les scientifiques. Si bien que cela produit un « effet de crépuscule » qui éclaire légèrement les régions où le Soleil, distant de plus de 5 milliards de km, est en train de se coucher.

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