New Horizons : première image couleur de Pluton et Charon

illustration New Horizons Pluton-Charon
Le 14 juillet prochain, New Horizons sera la première sonde spatiale à survoler Pluton et Charon. Sa suite d’instruments collectera des données précieuses sur la géologie, la géomorphologie, la température, l’atmosphère, etc. de chacun de ces deux mondes sombres situés dans la ceinture de Kuiper

Après neuf années de voyage à grande vitesse, New Horizons arrive aux portes de Pluton.

Avant 2006, on apprenait tous à l’école que notre Système solaire comptait neuf planètes. Avec une distance moyenne du Soleil de 5,9 milliards de km (près de 40 fois la distance Terre-Soleil), Pluton, qui évolue au sein de la ceinture de Kuiper, était donc la dernière, la plus lointaine et aussi la plus petite de toutes. Puis, de par ses caractéristiques physiques et orbitales, l’Union astronomique internationale (UAI) a voté son reclassement dans la nouvelle catégorie des planètes naines. C’était il y a neuf ans, au cours de l’été et quelques mois auparavant, New Horizons, la sonde spatiale la plus rapide jamais réalisée, s’élançait en direction du système Pluton-Charon.

Après avoir parcouru plus de 4,8 milliards de km, la voici à présent aux portes de la planète naine et de ses satellites (on en connait cinq actuellement). Trois mois environ avant son rendez-vous au plus proche de sa surface, prévu le 14 juillet, New Horizons vient de transmettre une image couleur inédite de sa cible principale, prise le 9 avril, à 115 millions de km. Certes encore flous, les deux points lumineux ont cependant leur utilité pour les ingénieurs de la mission qui ont besoin de connaitre sa position exacte pour le survol de juillet à 12.500 km de Pluton.

image couleur Pluton et Charon
Le système Pluton-Charon photographié le 9 avril 2015 par l’instrument Ralph à bord de la sonde New Horizons à 115 millions de km de distance (soit l’équivalent de la distance Soleil-Vénus). Bien que floue, l’image montre distinctement les deux objets et leurs différences de tailles et d’apparences

C’est une année très excitante dans le domaine de l’exploration spatiale, car c’est la première fois que nous visitons des planètes naines — l’énigmatique Cérès approchée par Dawn début mars — et aussi parce que, 85 ans après sa découverte, Pluton va enfin nous dévoiler son vrai visage. C’est une étape importante dans l’histoire des missions spatiales, laquelle a commencé avec la visite de nos voisines Vénus et Mars, dans les années 1960, suivie de Mercure puis des géantes Jupiter et Saturne, au cours des années 1970, Uranus et Neptune enfin, en 1986 et 1989. Jamais encore, nous nous étions rendus auprès de Pluton et des objets de la ceinture de Kuiper, aux confins du Système solaire. C’est pourquoi d’ailleurs, la Nasa en fit une priorité à l’aube des années 2000 quand il s’agissait de définir son programme. « (…) Nos connaissances sur ce qu’est vraiment le système de Pluton vont s’étendre de façon exponentielle, déclarait John Grunsfeld, astronaute et administrateur adjoint à la Direction des missions scientifiques de la Nasa à Washington, je ne doute pas un instant que nous allons faire des découvertes très excitantes ».

Nous savons encore relativement peu de choses au sujet de Pluton et de ses lunes (lorsque la construction de New Horizons a débuté, en 2001, on ne connaissait pas encore Nix, Hydra, Styx et Cerberos). « C’est de l’exploration pure », s’enthousiasme Alan Stern, principal chercheur de la mission pour la Southwest Research Institute (SwRI) de Boulder au Colorado. « New Horizons vogue vers Pluton, la plus grande, la plus brillante et la plus complexe des planètes naines de la ceinture de Kuiper. Cette rencontre du 21e siècle va être une manne d’exploration sans précédent depuis les missions Voyager dans les années 1980 ».

Avec un diamètre approximatif de 2.306 km, Pluton est plus petite que la Lune. Elle possède une atmosphère d’azote et présente, comme le suggèrent des images d’Hubble et de télescopes terrestres, plusieurs marques distinctes à sa surface. Son noyau se composerait de glace et de roches et certains chercheurs n’excluent pas qu’un océan d’eau liquide puisse exister dans ses profondeurs. Idem pour son compagnon Charon, à près de 20.000 km, où il pourrait y avoir en outre des signes d’une activité récente.

Encore un peu de patience avant le lever de rideau : la suite de sept instruments embarqués dans la sonde va bientôt nous mettre en lumière ce monde sombre et glacial, promettant une visite pleine de surprises et de mystères. « New Horizons est une des plus grandes explorations de notre temps, commente Hal Weaver, chercheur au laboratoire de physique appliquée de l’université John Hopkins (JHUAPL) à Laurel, Maryland, en charge de la mission, il y a tant de choses que nous ne savons pas, pas seulement sur Pluton, mais aussi sur les autres mondes qui lui ressemble » ajoutant que « nous ne sommes pas en train de réécrire les manuels scolaires avec cette mission historique, nous les écrivons de zéro ».

Crédit photo : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory (JHUAPL)/Southwest Research Institute

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