Le prochain rover de la NASA, Mars 2020, recherchera de possibles traces de vie

Le design définitif du rover 2020 hérite en partie de celui de Curiosity, avec toutefois des différences technologiques et pour les instruments qui seront greffés. Les investigations ne seront pas les mêmes que son prédécesseur toujours en activité dans le cratère Gale — Crédit : NASA, JPL-Caltech

Programmé pour un débarquement sur Mars début 2021 pour rechercher d’éventuelles traces de vie passées ou actuelles et enquêter sur les ressources disponibles pour l’exploration humaine, le rover Mars 2020, qui héritera de plusieurs caractères de Curiosity, vient d’entrer dans la phase de construction, a annoncé la Nasa. Le rover pourra se poser dans des régions plus risquées et préparera des échantillons à expédier vers la Terre.

Les prochains pas de l’Homme en dehors de son berceau, la Terre, seront vraisemblablement sur notre petite voisine, Mars… à l’horizon de la décennie 2030. Mais avant cela, il faut se préparer. D’une part, au voyage, et d’autre part, à ce que le séjour se déroule dans les meilleures conditions possible dans ce monde aride.

Le rover Mars 2020 sera un éclaireur de premier ordre en vue de cette prochaine étape dans l’aventure spatiale. Avec un départ programmé pour l’été 2020 et un atterrissage martien en février 2021, le développement de cette machine d’une tonne équipée de six roues, comme Curiosity dont il reprend le design (question de budgets et de technologies en partie déjà éprouvées), avance bien a indiqué la Nasa, le 15 juillet, à l’occasion d’une conférence de presse qui apporte plus de précisions sur cette future mission qui s’annonce passionnante.

Préparer les colis d’échantillons pour la Terre

« Le rover Mars 2020 est la première étape d’une potentielle campagne multi-mission pour retourner avec soins et sous scellés des échantillons sélectionnés du sol et de roches martiennes à la Terre. Cette mission marque une étape importante dans le ‘’Voyage vers Mars’’ de la Nasa, pour déterminer si la vie y a jamais existé, et aussi pour faire avancer notre objectif d’envoyer des humains sur la Planète rouge » a résumé Geoffrey Yoder, administrateur-adjoint de la Direction des missions scientifiques à l’agence spatiale américaine, à Washington.

Pas moins de 30 tubes remplis de divers échantillons qui seront collectés via son nouveau bras articulé seront ainsi déposés sur des sites jusqu’à ce qu’une mission ultérieure viennent les cueillir pour les expédier vers les laboratoires terrestres. Là, des analyses approfondies pourront être menées sur de possibles traces biologiques passées ou présentes, et aussi pour détecter d’éventuelles menaces pour la santé humaine. Ces retours d’échantillons, envisagés depuis longtemps, seront les premiers dans le cas de Mars.

L’instrument SuperCam, disposé au sommet du mât de Mars 2020, pourra analyser la signature minérale et chimique d’une cible aussi petite qu’une pointe de crayon à une distance de 7 mètres — Crédit : NASA, JPL

L’instrument SuperCam, disposé au sommet du mât de Mars 2020, pourra analyser la signature minérale et chimique d’une cible aussi petite qu’une pointe de crayon à une distance de 7 mètres — Crédit : NASA, JPL

Dans la lignée de ses prédécesseurs, Mars 2020 sera un véritable couteau suisse en termes d’instruments d’exploration. Sur le bras robotique, deux d’entre eux seront destinés à la recherche de signes de vie passée en analysant les caractéristiques chimiques, minérales, physiques et organiques des roches visées. Sur son mât, deux instruments, dont un français (SuperCam Mast Unit), pourvoiront en images en haute résolution et spectroscopies à distance.

Une station météo, qui s’intéressera aux vents, températures, pressions et poussières, sera une fois de plus implantée. Un radar scrutera la structure géologique du sous-sol où le rover passe.

On pourra entendre les sons de Mars

Pour son débarquement sur Mars, début 2021, le rover reprendra le système de Curiosity, la grue Sky Crane, avec toutefois des améliorations qui lui permettront de se poser sur des terrains un peu plus accidentés et non pas exclusivement sur des surfaces lisses. Une analyse des images du sol prises par l’engin seront recoupées avec les cartes des zones les plus risquées.

Au cours de sa descente, « [il] pourra dire s’il se dirige vers une des zones dangereuses et se détourner vers un sol sécurisé à proximité », a expliqué Allen Chen, en charge de ce système au JPL. « Grâce à cette capacité, nous pouvons maintenant envisager des zones de débarquement qui auraient été auparavant disqualifiées dans l’ensemble de la région. » Voilà qui peut éviter au rover un long chemin jusqu’à sa principale cible scientifique…

Plus encore que l’arrivée de Curiosity en 2012 (et ses « sept minutes de terreur »), celle du nouveau rover promet d’être sensationnelle. Ingénieurs et chercheurs de la mission ont en effet prévu de capturer le moment en vidéo et… en audio. Non pas seulement pour le grand public mais aussi à des fins scientifiques car ces données pourront aider dans la préparation de futurs atterrissages.

« Personne n’a encore jamais vu à quoi ressemble l’ouverture d’un parachute dans l’atmosphère martienne », a rappelé David Gruel, directeur adjoint du système de vol de Mars 2020 au JPL. Et personne non plus n’a encore entendu les sons de Mars. Cela aussi pourra fournir des informations précieuses aux ingénieurs.

Avant la phase D finale de l’assemblage et du décollage, Mars 2020 vient de passer à la phase C de son développement : design définitif et fabrication. Viendront aussi son petit (sur)nom et l’attribution d’un site d’atterrissage.

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