LRO a identifié le site où s’est écrasé S-IVB d’Apollo 16

Le cratère d’impact créé par le troisième étage de la fusée Saturn V, S-IVB, qui servit à propulser Apollo 16 a été enfin retrouvé par LRO. Il se situe à environ 260 km au sud-ouest du cratère Copernic, précisément à 1.921 °N, 335.377 °E -- Crédit : Nasa, Goddard, ASU

Presque 44 ans après s’être échoué à la surface de la Lune, le troisième étage de la fusée Saturn V qui expédia la mission Apollo 16 vient d’être enfin retrouvé. Le site a été identifié sur les images de la sonde LRO. Il se situe à une trentaine de km de la localisation initialement prévu.

En orbite autour de la Lune depuis 2009 pour cartographier en haute résolution et examiner en détail la surface de notre satellite naturel, LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter) s’est aussi illustré en dévoilant les différents sites foulés par les astronautes au cours des années 1970. À cela s’ajoute, entre autres faits d’armes, que la sonde a permis de retrouver des étages de la fusée Saturn V. En effet, toutes les missions habitées depuis Apollo 13 prévoyaient d’envoyer s’écraser volontairement sur la Lune, le troisième étage nommé S-IVB. L’objectif affiché était bien sûr d’enregistrer leur impact au moyen des sismomètres installés au préalable, afin de déterminer, avec le plus de précision possible, la structure interne de ce corps de 3 470 km de diamètre.

Traqués lors de leur approche du sol lunaire grâce à des capteurs, la localisation de leurs sites d’impact fut ensuite estimée avec plus ou moins de succès. Ces dernières années, les recherches de LRO ont permis d’en retrouver quatre. Le cinquième, appartenant à la mission Apollo 16, restait introuvable. Puis finalement, en décembre dernier, la Nasa a annoncé l’avoir identifié sur les images de LROC. Cela n’a pas été simple bien sûr, car le site était plus éloigné que prévu. En outre, chaque image des deux NAC (Narrow Angle Camera) couvrent une aire de 25 sur 5 km à 50 sur 10 km selon l’altitude et se composent de 500 millions de pixels, ce qui mis bout à bout représente des milliards à passer au crible. Sans compter, le grand nombre de petits cratères récents dans cette région qui n’ont pas facilité la tâche aux enquêteurs.

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Le débris qui devait ressembler à une cannette métallique vide (tout le carburant a été brulé) a créé, de par sa faible masse et aussi sa vitesse relativement basse – environ 9 000 km/h -, un petit cratère de forme elliptique de 40 sur 30 mètres avec un petit monticule au centre. Les éjectas de poussière, quant à eux, s’étendent sur quelques centaines de mètres. L’impact qui s’est produit voici presque 44 ans, le 19 avril 1972, a eu lieu à l’intérieur de la Mer des Îles (Mare Insularum), à quelque 260 km au sud-ouest du célèbre cratère rayonnant Copernic (93 km de diamètre), visible avec une paire de jumelles à la surface d’une lune gibbeuse. C’est en réalité à une trentaine de km du site prévu. Pour les quatre autres cratères, l’écart était de 7 km au maximum. Cela vient principalement du fait que le contact radio fut perdu avant le crash, compliquant ainsi sa localisation.

« Trouver et mesurer les cratères d’impact d’engins spatiaux est très utile, car ils permettent aux scientifiques de tester leurs modèles numériques de la formation de cratères lorsque leurs masse, densité, et vitesse de collision sont connues » rappelle Mark Robinson, responsable du système d’imagerie de LRO. Le professeur à l’Arizona State University indique aussi que ces cratères d’origine artificielle sont « à la base d’une étude à long terme sur leur dégradation avec le temps, un outil potentiellement très utile pour l’ensemble de la Lune et la surface d’astéroïdes ».

Étage S-IVB d’une fusée Saturn V qui a propulsé la mission Apollo 9 -- Crédit : NASA
Étage S-IVB d’une fusée Saturn V qui a propulsé la mission Apollo 9 — Crédit : NASA
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