Jupiter : Hubble observe des aurores et Juno entre dans la magnétosphère de la planète géante

Partie de la Terre il y a 5 ans, Juno s’apprête à s’installer en orbite autour de Jupiter ce lundi 4 juillet. La sonde a pénétré le champ magnétique de la planète, le 25 juin dernier. De son côté, Hubble a observé quotidiennement durant un mois, d’impressionnantes aurores au-dessus du pôle nord de la géante gazeuse.

Jupiter est au centre de l’attention de nombreux astronomes ces dernières semaines, précisément parce qu’enfin, après une traversée de 5 ans de l’océan interplanétaire, le vaisseau Juno, de la Nasa, arrive en vue de la planète géante. Son insertion sur une orbite polaire est pour ce lundi 4 juillet.

Sa mission ? À l’image de la déesse dont elle reprend le nom, la sonde veut découvrir ce que Jupiter a dans le ventre, et bien sûr tout ce que nous cache la première planète à s’être formée autour du Soleil (il y a 4,6 milliards d’années). Elle dispose pour cela de 18 mois pour étudier sa structure interne, en cartographiant notamment son champ gravitationnel et son champ magnétique.

La rencontre du vent solaire avec le champ magnétique de Jupiter est bien visible. La frontière, bow shock pour onde de choc, marque le choc produit par le ralentissement du plasma solaire comparable au bang supersonique d’un avion dans notre atmosphère  — Crédit : NASA, JPL-Caltech, SwRI, University of Iowa
La rencontre du vent solaire avec le champ magnétique de Jupiter est bien visible. La frontière, bow shock pour onde de choc, marque le choc produit par le ralentissement du plasma solaire comparable au bang supersonique d’un avion dans notre atmosphère — Crédit : NASA, JPL-Caltech, SwRI, University of Iowa

Juno est entrée dans les eaux territoriales de Jupiter

Le premier, le champ gravitationnel est devenu prédominant pour Juno, le 27 mai dernier. Le second, la sonde spatiale le rencontrait le 24 juin. « Nous venons juste de franchir le bord intérieur du gazon autour du domicile de Jupiter », s’est réjoui le directeur scientifique de la mission, Scott Bolton, du Southwest Research Institute, précisant que l’équipe recueillait déjà de « précieuses données ».

En effet, l’instrument Jedi (Jupiter Energetic-Particle Detector Instrument) a indiqué que la sonde traversait la zone tampon turbulente où les particules solaires qui se déplacent à plus de 1,5 million de km/h se heurtent à la magnétosphère jovienne. Désormais, dans le domaine où elle est entrée, les particules sont sous l’influence du champ magnétique de la géante gazeuse, de plus en plus puissant à mesure qu’elle s’en approche (jusqu’à 5.000 km en orbite).

« Vu de la Terre, si la magnétosphère de Jupiter brillait dans la lumière visible, explique William Kurth, de l’université de l’Iowa et membre de l’équipe scientifique, il aurait deux fois la taille de la Pleine Lune ». C’est très impressionnant en comparaison du petit point brillant que l’on distingue à l’œil nu (au-dessus de l’ouest, au crépuscule). Mais cela ne représente qu’une petite partie en réalité. En forme de larme, la plus grande partie s’étale sur une distance équivalente à cinq fois celle qui sépare la Terre du Soleil (soit autant que la distance moyenne entre la géante et notre étoile) !

Au cours de ce changement d’environnement, les chercheurs ont relevé des différences intrigantes avec leurs prédictions dans la structure de cette région frontalière. Plus complexe que prévu, ces observations réclament une enquête plus approfondie.

Hubble observe un festival d’aurores aux pôles de Jupiter

Jupiter est très regardée par les terriens. Nombreux sont les astronomes amateurs à lui tirer le portrait chaque nuit. Ainsi surveillée quasiment en permanence, il est plus facile de remarquer la chute d’un astéroïde ou des changements importants dans ses motifs en surface comme par exemple, sa Grande tache rouge. Voici quelques jours, l’Eso publiait des images prises entre autres avec le VLT dans l’infrarouge, délivrant ainsi un rare aperçu de ses entrailles.

À présent, c’est au tour d’Hubble de partager son regard sur Jupiter. Un petit peu chaque jour, depuis un plus d’un mois, le télescope spatial en orbite autour de la Terre – au passage, signalons qu’il a été reconduit 5 ans de plus – scrute la planète géante dans l’ultraviolet, nous révélant ainsi un autre aspect de l’astre actuellement situé à 856 millions de km de nous (47 minutes-lumière) : ses aurores.

Le phénomène est comparable à celui qui se produit régulièrement dans la haute atmosphère terrestre sous le joug, variable, des particules les plus énergétiques du vent solaire, mais… en beaucoup plus grand, plus puissant et en continu ! A cela s’ajoute, et ce n’est pas rien, celles émises par le satellite voisin Io. D’ailleurs ces observations et les mesures, in situ, de Juno, aideront les chercheurs à mieux départager les courants les plus influents, selon les éruptions de la petite lune volcanique et aussi selon les tempêtes solaires.

« Ces aurores sont parmi les plus spectaculaires et actives que j’ai jamais vu, a déclaré à leur sujet, Jonathan Nichols de l’université de Leicester, Royaume-Uni. C’est presque comme si Jupiter accueillait l’arrivée imminente de Juno avec un feu d’artifice ».

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