Juno est en orbite autour de Jupiter

Après un voyage de 2,7 milliards de km en près de 5 ans, la sonde Juno a réussi son insertion en orbite, ce lundi 4 juillet, jour de l’anniversaire des États-Unis. La phase d’exploration scientifique devrait débuter en octobre. Le but de la mission : comprendre l’origine et l’évolution de la plus grosse planète du Système solaire, la première à s’être formée.

Partie de la Terre le 5 août 2011, la sonde spatiale Juno a été capturée avec succès, ce lundi 4 juillet 2016, par la gravité de la plus grosse planète du Système solaire, Jupiter, a annoncé la NASA. Il était 20 h 53 en Californie, soit 05 h 53 en France métropolitaine (03 h 53 TU), le 5 juillet, lorsque la confirmation est parvenue au centre de contrôle.

Ce n’est pas la première fois qu’une mission américaine d’exploration arrive à destination en ce jour solennel de la fête de l’indépendance des États-Unis (Independence Day). En 1997, par exemple, le petit rover Sojourner débarquait sur Mars, après de nombreuses années d’absences de la nation de ses concepteurs (il y eut aussi Deep Impact en 2005).

L’administrateur de la Nasa, Charlie Bolden, a salué l’insertion en orbite de l’engin, avec ces mots aux accents patriotiques : « Qu’est-ce qui a de plus américain qu’une mission de la Nasa qui se rend courageusement à un endroit où aucun vaisseau ne s’est rendu auparavant ? »

Qu’est-ce qu’est partie faire Juno autour de cette planète géante et gazeuse, la cinquième en partant du Soleil ? « […] nous allons étudier les inconnues des massives ceintures de radiations de Jupiter afin de se plonger en profondeur, non seulement à l’intérieur de la planète, mais sur la façon dont elle est née et comment notre Système solaire a évolué » a-t-il précisé.

Un tonnerre d’applaudissements de toute l’équipe de la mission a accueilli l’annonce du succès de cette phase d’insertion en orbite — Crédit : NASA, JPL-Caltech
Un tonnerre d’applaudissements de toute l’équipe de la mission a accueilli l’annonce du succès de cette phase d’insertion en orbite — Crédit : NASA, JPL-Caltech

Des préliminaires de 53,5 jours

Ce 4 juillet, Juno qui affichait alors quelque 2,7 milliards de km au compteur, s’est donc engagé dans la phase d’insertion en orbite (JOI pour Juno’s orbit-insertion phase), planifiée par l’équipe technique. La sonde a d’abord changé d’attitude et augmenté sa rotation de 2 à 5 tours par minute afin de l’aider à se stabiliser. Puis à 5 h 18 heure française (20 h 18 au JPL de la Nasa à Pasadena en Californie), son moteur principal s’est allumé durant 35 minutes pour la faire ralentir de 1.950 km/h (942 m/s) et qu’ainsi elle se laisse prendre par la gravité de la géante. Peu après le vaisseau de 3,6 tonnes s’est orienté de façon à ce que les 18.698 cellules individuelles photovoltaïques reçoivent la lumière solaire.

Même si cette étape s’est déroulée correctement, les chercheurs vont devoir attendre que les phases de test et de calibration de ses neuf instruments soient achevées. « Notre phase de collecte scientifique débute officiellement en octobre, mais nous avons trouvé un moyen de recueillir des données beaucoup plus tôt », a déclaré le directeur scientifique Scott Bolton, du SwRI (Southwest Research Institute). « Il y a beaucoup de choses à voir et à faire ici » a-t-il ajouté en parlant de Jupiter.

Avant de suivre des orbites polaires de 14 jours jusqu’à 10.000 km de la géante — et 5.000 km au-dessus de l’équateur —, à compter du 19 octobre, après un dernier allumage de son moteur principal, Juno empreinte une orbite de 53,5 jours.

Bien que plusieurs vaisseaux d’exploration soient déjà venus rendre visite à cette planète 318 fois plus massive que la Terre, aucun ne s’en est jamais approché aussi près que ne le fera cette dernière ! En outre, hormis la sonde Ulysse en 1992 (ce fut sommairement et plutôt éloignée), aucune n’a survolé ses pôles.

Illustration de Juno s’insérant en orbite polaire autour de Jupiter. Son moteur principal s’est allumé durant 35 minutes pour la faire ralentir et qu’elle soit capturée par le champ de gravité de la planète géante — Crédit : NASA, JPL-Caltech
Illustration de Juno s’insérant en orbite polaire autour de Jupiter. Son moteur principal s’est allumé durant 35 minutes pour la faire ralentir et qu’elle soit capturée par le champ de gravité de la planète géante — Crédit : NASA, JPL-Caltech

Percer les secrets de Jupiter

L’objectif au cours de ses 34 orbites prévues est de mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur de cette première planète à s’être formée autour du Soleil et ayant peu évoluée. Que peut-elle nous dire sur ses origines (et donc celles des autres planètes…) ? Où est-elle née ? Comment ? À partir de quels matériaux ? Comment a-t-elle influé sur le contenu du reste du Système solaire et conditionné son développement ?, etc. Bien entendu, les astronomes s’intéressent aussi aux principaux traits physiques de cette planète comme sa Grande tache rouge et ses bandes équatoriales.

Pour percer ses secrets dissimulés sous son épaisse atmosphère et tenter de discerner son cœur (un noyau liquide ou solide ?), Juno va s’intéresser d’une part à son champ magnétique 20 fois plus puissant que celui de la Terre, et d’autre part, à sa composition en mesurant notamment la présence d’eau et d’ammoniac.

« Aujourd’hui, on ne sait pas si Jupiter possède ou non un noyau central, a indiqué Tristan Guillot, médaille de bronze du CNRS et co-investigateur de la mission, Juno va mieux contraindre nos hypothèses sur la structure et la dynamique interne de Jupiter grâce à des mesures 100 fois plus précises que celles dont nous disposions jusqu’ici. »

En réalité, on ignore encore beaucoup de choses au sujet de cette planète qui, rappelons-le, représente les deux tiers des 0,24 % restants de la masse totale du Système solaire, le Soleil comptant à lui seul pour 99,86 %.

Enfin, la description détaillée de ce géant va permettre aussi de mieux éclairer les chercheurs sur les autres systèmes planétaires découverts et à découvrir.

le Doodle de Google pour l'arrivée de la mission Juno
le Doodle de Google pour l’arrivée de la mission Juno
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