Nouveaux indices sur l’habitabilité d’Europe, lune de Jupiter

Illustration des geysers sur Europe découverts par Hubble
argiles sur Europ
Empreintes de minéraux argileux détectés à la surface d’Europe

Plus que jamais, Europe, satellite galiléen de Jupiter, apparait comme un milieu habitable. Une étude révèle la présence d’argiles vraisemblablement apportées par la chute d’une comète ou d’un astéroïde. Pour savoir si il y a des « Européens » dans notre système solaire, il ne reste plus qu’à programmer une mission vers cette lune glacée (en surface) et de « renifler » les geysers d’eau découverts par Hubble.

Si il y a de la vie ailleurs que sur Terre, les scientifiques savent que l’un des lieux les plus plausibles et propices où la trouver dans notre système solaire est Europe, l’un des quatre « satellites galiléens » de Jupiter. Une présomption qui dure depuis quelques décennies et qui s’accompagne de plus en plus d’indices qui appuient cette hypothèse. Le dernier en date — et pas des moindres — fut présenté par une équipe de chercheurs du JPL le 13 décembre lors des rencontres de l’American Geophysical Union (AGU) qui se tenait à San Francisco.

C’est en réexaminant des images capturées dans le proche infrarouge en 1998 par feu la sonde spatiale Galileo (exploration de Jupiter et des satellites entre 1995 et 2003) que Jim Shirley et son équipe ont découvert la présence de phyllosilicates prés d’un site d’impact à la surface de lune couverte d’une épaisse couche de glace. Des minéraux argileux qui, malgré une qualité d’image assez basse, apparaissent disposés dans un arc de cercle d’environ 40 kilomètres de largeur. Le dépôt se situe à 120 kilomètres du centre d’un cratère vaste de 30 kilomètres. Pour les chercheurs, ces matériaux organiques ont probablement été apportés par un astéroïde de plus ou moins 1,1 kilomètre de longueur ou une comète dont la taille aurait comparable à celle d’ISON, soit environ 1,7 kilomètre.

impact sur Europe
Impact d’une comète ou d’un astéroïde, porteur de matière organique, sur la banquise d’Europe

« Les matériaux organiques, qui sont d’importantes briques pour la formation de la vie, sont souvent retrouvés dans les comètes ou les astéroïdes primitifs » rappelle Shirley. Aussi, ajoute-t’il « retrouver ces résidus rocheux de la chute d’une comète sur la surface d’Europe pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans le récit de la recherche de la vie sur Europe ».

On ne peut que partager son enthousiasme avec tous les exobiologistes de la Terre, car cette petite lune de 3 121 kilomètres de diamètre se révèle être, en effet, un milieu riche de tous les composés essentiels pour permettre à des formes de vie de se développer. Même si la température à sa surface n’excède pas les – 150 °C, il y a sous son épaisse écorce de glace un vaste océan d’eau liquide (d’ailleurs, saviez-vous qu’Europe contient plus d’eau que notre planète !) profond d’une centaine de kilomètres et en contact avec un plancher rocheux. Des sels et aussi les forces de marée de l’énorme Jupiter, distante de 1,2 million de kilomètres, qui n’ont de cesse de pétrir son noyau constituent d’importantes sources d’énergie.

Un monde glacé susceptible de conserver dans ses abysses toute une faune extra-terrestre micro et macroscopique, un milieu aussi où les chercheurs pourraient trouver des réponses sur comment de la matière organique inanimée devient un élément du vivant… « Comprendre la composition d’Europe est la clef pour déchiffrer son passé et son habitabilité potentielle » explique Robert Pappalardo, chercheur au JPL. Soutenant l’élaboration d’une mission pour explorer ce fascinant satellite naturel de Jupiter, il a ajouté qu’elle est nécessaire « pour cerner ses spécificités chimiques et les implications pour soutenir la vie sur cette lune ».

L’idéal serait d’envoyer un petit laboratoire mobile pour progresser dans cet univers sous-marin, mais le principal problème posé aux ingénieurs est son accès. La banquise dont l’épaisseur est estimée entre 20 et 30 kilomètres reste impénétrable à une aussi grande distance. Cela demande des moyens technologiques hors de notre portée.

Geysers sur Europe observés en 2012 par Hubble

Toutefois, rien n’est perdu, car pour la première fois des geysers ont été observés près du pôle Sud d’Europe. De véritables jets de vapeur d’eau identifiés par Hubble au cours d’une campagne d’observation menée en décembre 2012 où le télescope spatial fut poussé à ses limites.
Une bonne nouvelle, car il est plus facile d’étudier la matière organique qui en jaillit. Reste à déterminer si elle remonte des fonds océaniques ou si elle provient des poches d’eau emprisonnée dans la glace sous la surface.

Crédit photo : NASA/JPL-Caltech/SETI et NASA/ESA/K. Retherford/SWRI.

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