Impressionnants portraits dans l’ultraviolet du Grand et Petit Nuage de Magellan

Grand Nuage de Magellan en ultraviolet
Image composite du Grand Nuage de Magellan distant de 163 000 années-lumièreet large de 14 000 années-lumières

Les deux galaxies naines les plus proches de nous dévoilées dans le rayonnement ultraviolet sur les images composites en très haute résolution capturées par le télescope spatial SWIFT.

Pareils à deux nuages de cendres immobiles dans la voûte céleste australe, passivement (en apparence) étendus prés du rivage de la Voie Lactée, les deux Nuages de Magellan, sont deux galaxies naines en interaction gravitationnelle avec la nôtre depuis des temps immémoriaux. Deux petites galaxies de formes irrégulières qui s’offre au regard curieux des terriens.

De nos jours, il n’est pas rare de les admirer sur des clichés d’astronomes amateurs et professionnels dans le rayonnement visible et de les découvrir aussi, déshabiller dans l’infrarouge — révélant ainsi dans leur nudité leurs infrastructures — afin d’en épier les principales régions où la matière s’organise, s’agrège, s’effondre sur elle-même pour donner naissance à d’éclatantes étoiles (voir la région R136, l’une des plus actives de l’Univers local !).

Image composite du Petit Nuage de Magellan distant de 200 000 années-lumière
Image composite du Petit Nuage de Magellan distant de 200 000 années-lumière

Récemment, le télescope spatial SWIFT conçu pour traquer dans le rayonnement UltraViolet (UV) — ultra-violent ! — les événements les plus puissants dans l’Univers comme les Sursauts Gamma (Gamma Ray Bursts ou GRB) fut choisi par une équipe d’astrophysiciens pour étudier nos deux petites voisines galactiques et leurs centaines de milliers de “sources chaudes”.

Balayant un large champ visuel à travers ses caméras, il fallut pas moins de 2 200 images séparées réparties sur des dizaines d’heures d’exposition (5,4 jours pour LMC et 1,8 jours pour SMC) pour produire les mosaïques en haute résolution les plus complètes possibles du Grand Nuage de Magellan (Large Magellanic Cloud ou LMC) et du Petit Nuage de Magellan (Small Magellanic Cloud ou SMC). Cette vision alternative dans l’ultraviolet permet aux chercheurs de mettre en évidence les régions les plus actives : nuages moléculaires bousculés par leurs progénitures les plus frénétiques, chaudes et massives et aussi restes encore brulants d’étoiles et de supernovae (la récente supernova SN 1987a est visible dans la pagaille d’étoiles de LMC), trous noirs stellaires, etc.

En l’occurrence, trois régions plus actives et denses que les autres se distinguent dans la plus grande des deux galaxies naines distante de 163 000 années-lumière. Sur les clichés du télescope SWIFT, les astronomes ont, en effet, identifié plus d’un million de sources UltraViolet dispersées ou concentrées parmi les centaines de millions d’étoiles qui la composent.

A quelques encablures de là (d’un point de vue terrestre), plus modeste, le Petit Nuage de Magellan affiche quelques 250 000 sources UV parmi la centaine de millions de masses stellaires (un tiers de la masse de sa voisine). Large de seulement 7 000 années-lumière, la nuée d’étoiles – de gaz et de poussières – est flotte dans le milieu intergalactique à environ 200 000 années-lumière de notre système solaire.

Télécharger le portrait du Grand Nuage de Magellan en très très haute résolution (160 Mégapixels – 55 Mb) ici.

Télécharger le portrait du Petit Nuage de Magellan en très très haute résolution (4276 x 3497 pixels – 40 Mb) ici

Crédit photo : NASA/Swift/S. Immler (Goddard)/M. Siegel (Penn State).

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