Enfouies dans la nébuleuse d’Orion, les plus jeunes étoiles jamais observées

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Le télescope spatial Herchel débusque des étoiles âgées de seulement quelques dizaines de milliers d’années, cachées dans leur cocons de poussières.

La constellation d’Orion (que l’on peut admirer chaque année de l’automne au printemps) abrite le plus proche nuage moléculaire (nuage moléculaire d’Orion ou Orion Molecular Complex, OMC) du système solaire. Distant de quelques 1 400 années-lumières, il est le plus lumineux et, par conséquent, le plus facile à observer dans un instrument (on distingue aisément la nébulosité à travers une paire de jumelles). Très connu sous le nom de nébuleuse d’Orion ou Messier 42 (M42), la région est tissée de filaments plus ou moins denses de gaz et de poussières. C’est une immense pépinière d’étoiles. Une matrice en pleine effervescence … Par ailleurs, ce sont les individus stellaires les plus massifs et bouillonnants, éclots il y a quelques millions d’années seulement, qui illuminent en partie le nuage. Celui-ci est gigantesque et s’étend, vu de la Terre, sur la quasi-totalité de la constellation … Seules quelques crêtes de ce vaste massif de matière se dévoilent … dans les longueurs d’onde visible. Tout autour, ce qui apparait obscur à nos yeux est en réalité un océan froid et langoureux, très fécond. Des milliers de corpuscules attendent de déchirer de leurs premières lueurs ces voiles de ténèbres. Comme autant de graines qui patientent leur germination dans le sol hivernal.

Doté d’un regard sensible à l’infrarouge lointain, le télescope spatial Herschel (par ailleurs, en fin de carrière, faute de réserve de liquide de refroidissement suffisante pour continuer) a débusqué sur les flancs de ces espaces sombres et froissés, une quinzaine de proto-étoiles. Oui, des étoiles en gestation … Les astronomes sont ravis de pouvoir ainsi espionner ces astres nouveaux-nés dans leur milieu de culture. Jamais, ils n’avaient pu les découvrir avec une telle acuité, encore enveloppées de leur langes de gaz et de poussières. Certaines poussent leurs tous premiers cris. Leur âge ne dépassant pas les 25 000 ans ! Cela peut paraitre beaucoup mais pour un astre capable de briller durant 10 milliards d’années (comme le fera notre Soleil), il s’agit vraiment des balbutiements, d’un battement de cils …

“Avec ces récentes découvertes, nous ajoutons une importante photo à l’album de famille du développement stellaire. Herschel nous a permis d’étudier les étoiles dans leur petite enfance” raconte Glenn Wahlgren (chercheur du programme Herschel à la NASA).

Très peu chaudes et nimbées de denses cocons de gaz, ces jeunes pousses sont impossibles à observer dans le visible. L’équipe d’astrophysiciens qui a réalisée cette étude en croisant les données collectées par Herchel avec celles de APEX (Atacama Pathfinder EXperiment), de l’Institut Max Planck, Onsala Space Observatory (Suède), l’ESO et aussi le télescope spatial Spitzer a identifié onze proto-étoiles, plus rouges que les autres. Plus rouges et donc plus froides. Plus jeunes.
Ce petit chapelet de frêles étoiles tapies dans la poussière est un échantillon représentatif (environ 5 %) de la population qui se cache dans l’immense nébuleuse.

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Qui était Sir William Herschel ?

Crédit photo : NASA/ESA/ESO/JPL-Caltech/Max-Planck Institute for Astronomy.

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