Gros plans de l’astéroïde Ryugu par la sonde Hayabusa-2

L’astéroïde Ryugu photographié à 6 km d’altitude le 20 juillet 2018 — Crédit : Jaxa
Après trois et demi de voyage, la sonde spatiale Hayabusa-2 a rejoint, fin juin, l’astéroïde Ryugu. La récolte de données vient de commencer. Les 6 et 7 août, le vaisseau s’est approché à moins d’un kilomètre de l’astre, nous dévoilant des détails inédits de sa surface.

Arrivée le 27 juin dans le giron de 1999 JU3, rebaptisé Ryugu, la sonde Hayabusa-2 a commencé sa mission d’un an et demi autour de l’astéroïde. Autour et sur… car bientôt, en octobre, 4 robots, dont Mascot développé par le Cnes, vont se poser sur le dos de l’astre de forme cubique afin de mieux connaître sa composition et ainsi percer ses secrets sur son passé et le nôtre. Car les origines de ce corps céleste, celle de la Terre et des autres planètes sont communes. Situé actuellement à 15 minutes-lumière de nous, ce corps céleste d’environ 900 mètres de large est un véritable coffre rempli de trésors pour les scientifiques…

« Ryugu fait partie de la famille des astéroïdes de type C, carbonés et probablement hydratés. Il y a donc un intérêt pour comprendre l’origine du carbone et de l’eau sur Terre, mais aussi pour étudier la chimie du carbone lors de la formation de notre Système Solaire », a déclaré fin juin Francis Rocard, qui dirige le programme d’exploration du Système solaire au Cnes.

Ryugu détail
À droite : agrandissement de la zone encadrée en rouge sur la photo de gauche. Cliché pris avec la caméra ONC-T, à environ 1.250 m d’altitude, le 7 août 2018 — Crédit : Jaxa

Hayabusa-2 est descendue à moins de 1 km de la surface de Ryugu

Mais avant de libérer Mascot, digne successeur, en plus petit, de l’épique Philae (c’était en 2014, sur la comète Tchouri), les équipes d’Hayabusa-2 doivent déterminer son site d’atterrissage. Pour ce faire, Ryugu est mesuré, cartographié et observé avec de plus en plus de détails. L’endroit où il viendra rebondir en surface devrait être connu avant la fin août.

D’abord postée à une vingtaine de kilomètres de l’astéroïde, Hayabusa-2 a manœuvré fin juillet jusqu’à 6 km de la surface de sa cible. Un peu plus tard, le 6 août, le faucon-pèlerin — c’est son nom — (bourré de technologie) est descendu en chute libre vers l’astre afin de mesurer sa gravité (combien l’attraction gravitationnelle modifie sa trajectoire…). La sonde spatiale s’en est approchée jusqu’à 851 mètres exactement quand elle a rallumé ses réacteurs pour reprendre de l’altitude. Bien entendu, les yeux du faucon étaient rivés sur le sol sombre de Ryugu, n’en perdant pas une miette et nous renvoyant des gros plans inédits (photos ci-dessus). L’exploration s’annonce palpitante et pleine de promesses.

À droite : agrandissement de la zone encadrée en rouge sur la photo de gauche. Cliché pris avec la caméra ONC-T, à environ 1.000 m d’altitude, le 7 août 2018 — Crédit : Jaxa
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