« Grand Attracteur » : découverte d’une collection de 883 galaxies restées cachées

Depuis des décennies, les astronomes peinent à caractériser une anomalie gravitationnelle distante de seulement 250 millions d’années-lumière, nommée le « Grand Attracteur ». Celui-ci attire vers lui des centaines de milliers de galaxies, dont la nôtre, la Voie lactée. Le problème c’est que justement le centre de notre galaxie se trouve devant, au premier plan, et la surdensité de matière empêche de distinguer ce qui se profile au-delà. Toutefois, grâce à un radiotélescope récemment « upgradé », une équipe internationale a pu démasquer des centaines de nouvelles galaxies.

Si, voici plusieurs millénaires, nos ancêtres n’avaient jamais cherché à comprendre la danse des étoiles dans le ciel et le déplacement particulier de certains astres brillants – que nous appelons planètes -, on ignorerait encore aujourd’hui que nous vivons sur une petite boule rocheuse (couverte d’un peu d’eau) qui tourne autour du Soleil, comme les autres planètes. Et on voyage très vite contrairement à ce que suggèrent les apparences, au sein d’un ensemble beaucoup plus vaste que le Système solaire : la Voie lactée.

Si nous sommes sur l’équateur, la rotation de la Terre se fait à quelque 1 600 km/h. Par rapport à notre Étoile, autour de laquelle on fait un tour en une année, on se déplace à 107 000 km/h. Ce n’est pas tout : toute la galaxie est en rotation et le Soleil accomplit une année cosmique en environ 230 millions d’années. Autrement dit, on se balade dans l’espace interstellaire à une vitesse moyenne de 965 000 km/h ! Dans l’espace intergalactique, cela s’accélère ! En effet, notre belle Voie lactée fonce vers la grande voisine, la galaxie d’Andromède (Messier 31, M 31), autre membre majeur du petit groupe auquel nous appartenons, baptisé « amas local ». En dépit de l’expansion de l’Univers, la force de gravité poursuit son œuvre à cette échelle, précipitant celui-ci à plus de 2 millions km/h vers des collections de galaxies beaucoup plus massives et denses, comme l’amas de la Vierge. D’un bassin versant l’autre, nous sommes autour d’un pâle petit point jaune à l’extrémité de l’une des rivières qui traverse l’immense continent Laniakea (Horizon céleste immense, en hawaïen) dont les contours ont été dessinés en 2014.

Depuis les années 1970, les astronomes ont découvert des indices que des centaines de milliers de galaxies (parmi lesquelles la nôtre) au sein d’une multitude d’amas sont irrésistiblement attirées dans une même direction de l’Univers local qu’ils ont appelé le « Grand Attracteur » (Great Attractor). Distant d’environ 250 millions d’années-lumière – ce qui est assez proche de nous à l’échelle de l’Univers observable -, il exerce une force gravitationnelle très importante, équivalente à celle de plus d’un million de milliards de soleils ! Seulement, voilà, depuis des années les chercheurs n’arrivent pas à identifier les causes de cette anomalie, les amas et superamas détectés comme celui de la Régle (Norma cluster), premier sur la liste des suspects, ne sont pas encore suffisamment massifs pour prétendre à une si forte influence à l’origine de cette si grande affluence…

amas de galaxies
Illustration de la collection de centaines de galaxies débusquées grâce au nouvel émetteur multifaisceau du radiotélescope australien Parkes (64 m de diamètre). La distribution des galaxies et leurs caractéristiques physiques (couleurs, formes…) sont conformes au sondage — Crédit : ICRAR

Découvertes dans une région inexplorée du cosmos

Non pas que les instruments ne soient pas en mesure de détecter les galaxies susceptibles de se bousculer dans cette région, et encore moins qu’elles n’existent pas, remplacer par un quelconque objet mystérieux. En réalité, les astronomes sont depuis longtemps confrontés à un obstacle de taille : un mur épais, au premier plan, de gaz, de poussières et de millions d’étoiles massées au centre de la Voie lactée et qui entravent l’observation de ce qui est au-delà. Une zone de vide ou d’évitement (Zone of Avoidance, en anglais) jusqu’ici impénétrable.

Mais ça, c’était avant. Grâce au vénérable radiotélescope australien de 64 mètres Parkes, ouvert en 1961, doté désormais d’un récepteur multifaisceau innovant, l’équipe dirigée par le professeur Lister Staveley-Smith, de l’université d’Australie occidentale, a pu voir et étudier à travers la portion sud de ce voile – la portion nord est dévolue à Arecibo -, une population de 883 galaxies dont un tiers d’inconnues jusqu’à présent. « […] nous sommes capables de cartographier le ciel 13 fois plus vite que nous le pouvions auparavant et ainsi de faire de nouvelles découvertes à un rythme plus élevé » commente Bärbel Koribalski du CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization), en charge du radiotélescope.

Les astronomes, qui viennent de publier leurs recherches dans Astronomical Journal, attendent encore de préciser la masse des concentrations débusquées, telles NW1, NW2 et NW3, ou les deux amas baptisés CW1 et CW2, afin de mieux déterminer leurs implications dans le « Grand Attracteur » vers lequel nous nous précipitons à plus de 200 millions de km/h !

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2016 Xavier Demeersman
More from X. Demeersman

La sonde Cassini survole les dunes de Shangri-La sur Titan

Cassini nous fait découvrir à travers son 122e survol de Titan, les...
Read More

4 Comments

  • Je suis absolument sur et certain que d,aprés mes calculs ;la distance qui nous sépare du g.attractor( soit environ 250 millions A.L ) demande à ètre revue…merci

  • Bonjour :je suis sur que la distance qui nous sépare du G.attractor et qui est relatée par tous les médias spécialisés et autres soit 250 millions AL km n,est pas correcte ,et qu,il est possible de la caculer avec plus de précision..merci pour votre comprehension:Mustapha

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *