Trois puissantes éruptions solaires observées les 10 et 11 juin

Ces derniers jours, trois intenses éruptions ont été observées dans une région active de notre Soleil. Pour les physiciens solaires, notre étoile est en train de vivre le pic d’activité de l’actuel cycle 24. Un « mini max » !

Ce mardi 10 juin 2014, pas moins de deux puissantes éruptions solaires se sont manifestées successivement dans la région active 2087. Deux événements de classe X assez inattendus car la scène s’est produite dans une région émergeant sur le limbe de notre étoile. En effet, les regards étaient alors davantage concentrés sur les groupes de taches sombres 2080 et 2085 lesquels, susceptibles d’être le théâtre de tempêtes, plastronnent sur la surface du Soleil dirigée vers nous.
C’est à 11 h 42 TU que le satellite Solar Dymamics Observatory (SDO) a enregistré la première éruption. Notée X2.2 par les physiciens solaires, elle fut beaucoup plus violente que le deuxième coup de semonce, de classe X1.5, observé au même endroit à 12 h 52 TU. S’ensuivit dans la foulée une remarquable éjection de masse coronale (à voir ici). La charge de plasma expulsée dans l’espace n’a pas échappé à Stereo A. Doté d’un coronographe, le satellite a pu suivre son déploiement. Dans un premier temps, les modélisations numériques du NOAA ont exclu une déferlante en direction de la Terre. Toutefois, après révision, il est probable qu’une partie du nuage de particules heurte notre magnétosphère le 13 juin. Ce qui occasionnera un probable nouvel épisode auroral dans les contrées proche des pôles. Le 11 juin, une nouvelle éruption a frappée. Classée X1, elle s’est manifestée dans la même région du Soleil à 09h05 TU.

À l’heure actuelle, les risques qu’une nouvelle éruption de classe X se produise dans la région 2087 s’élèvent à 30 % d’après les prévisionnistes. En outre, au fil de la rotation du Soleil, l’archipel de taches est de plus en plus orienté vers la Terre.

solar flare
Violente éruption solaire survenue les 10 et 11 juin dans la région active 2087

Mini maximum solaire

Cela fait des mois que notre Soleil arbore des taches sombres — de tailles variables — à sa surface, signes tangibles d’une activité importante. « Le champ magnétique du Soleil a basculé, nous commençons à voir le développement de longs trous coronaux et, ah oui, le nombre de taches solaires culmine » commente Dean Pesnell (Goddard Space Flight Center, GSFC). Pour lui, il n’y a plus de doutes : « le maximum solaire (du cycle 24) est arrivé ». Tout indique aussi qu’il n’est pas banal. La reprise fut très lente au point d’ailleurs que les spécialistes doutèrent un moment d’un possible retour ! Celui-ci, loin d’égaler le cycle solaire précédent (le cycle 23 culmina en 2000, 2001), l’actuel « se classe parmi l’un des plus faibles connus » soutient Ron Turner, conseiller scientifique à la NASA. Depuis 1755 (premiers décomptes des taches solaires), « seuls quelques-uns eurent un maximum solaire plus faible que celui-ci » continue-t-il. À défaut d’être impressionnant, il est qualifié de « mini max » ! Toutefois, préviennent les chercheurs, cela n’interdit pas l’émergence de super-tempêtes solaires comme celle qui surgit le 23 juillet 2012. Si elle avait déferlé sur nous, rappellent-ils, les conséquences auraient été très douloureuses pour l’économie mondiale. À présent, les prévisions tablent sur une baisse d’activité à l’horizon 2015 mais cela n’écarte pas les risques d’épisodes intenses.

Crédit photo : NASA/SDO/GSFC.

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