Des échanges chimiques existeraient entre l’océan d’Europe et sa surface

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Des chercheurs apportent les preuves d’échanges chimiques entre l’immense océan d’eau liquide d’Europe et sa surface gelée. Quelle habitabilité pour ce satellite de Jupiter ?

Gravitant autour de Jupiter, Europe — une des quatre lunes galiléenes — se dévoile petit à petit aux astronomes qui la contemple et la scrute avec intérêt afin d’en percer les secrets. Depuis les survols par la sonde spatiale Voyager relayés ensuite, au cours des années 1990, par ceux de la mission Galileo (exploration de Jupiter et de ses principaux satellites), les scientifiques ont de forts soupçons qu’un vaste océan d’eau liquide se cache sous une banquise épaisse de plusieurs kilomètres. Mieux, ce milieu pourrait abriter des formes de vie … Pour en avoir le coeur net, il n’y a pas de meilleures solutions que d’envoyer, au mieux, un engin submersible ou du moins, un robot capable de percer ou de gratter la glace en surface afin d’analyser les éléments présents.

En attendant qu’une agence spatiale la mette au point (et les délais du voyage …), les professeurs Mike Brown (Planétologue à Caltech) et Kevin Hand (chercheur au JPL) viennent de rendre publique une étude apportant, plus que jamais, de nouvelles preuves tangibles de l’existence d’un océan d’eau liquide sous sa surface. Les observations menées depuis la Terre avec le spectrographe OSIRIS installé sur Keck II (un des deux cyclopes de 10 mètres de diamètre) et croisées avec celles collectées par Galileo suggèrent des échanges chimiques entre l’océan et la surface. Donc, un océan potentiellement riche chimiquement … D’ailleurs, comme s’amuse à l’évoquer Mike Brown, si on pouvait lécher la surface glacée d’Europe, son goût ne serait pas celui d’un glaçon mais plutôt “[celui] de l’eau de mer que l’on boit parfois à la tasse lors d’une baignade à la plage …« . Mieux vaut, bien sûr, ne pas s’attarder car la température ambiante n’excède pas les -150° C !

Les  données recueillies révèlent la présence de sulfate de magnésium, de l’épsomite formé par oxydation d’un minéral issu des profondeurs océaniques. L’eau salée des océans pourrait donc remonter en surface et s’évaporer, laissant derrière elle des dépôts de sels. Pour approfondir nos connaissances sur la composition chimique de cet océan couvrant sur environ 100 km la surface d’Europe (il y aurait plus d’eau sur Europe que sur Terre !), il suffirait, en somme, non pas de lécher mais de gratter sa surface hétérogène … Pour les chercheurs, il pourrait beaucoup ressembler à nos océans terrestres. “Si nous avons bien appris quelque chose à propos de la vie sur Terre c’est que partout où il y a de l’eau, il y a généralement de la vie” commente Kevin Hand “et bien sûr, nos océans sont de doux et salés océans. Peut-être que l’océan salé d’Europe est un magnifique endroit pour la vie”.

Lire aussi “Découverte d’un grand lac sous la glace d’Europe”.

Crédit photo : NASA/JPL-Caltech.

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