Diminution croissante des couches de glace aux pôles, concentration record de CO2 dans l’atmosphère

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Les pôles fondent et cela va même plus vite que prévu en Arctique. Pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre dans le monde continuent de grimper et pulvérisent les précédents records. La concentration de CO2 dans l’atmosphère approche les 400 ppm !

Les données acquises sur 20 ans par les flottilles de satellites de l’agence spatiale américaine (NASA) et européenne (ESA) montrent une perte croissante de la glace dans les deux régions polaires, trois fois plus qu’au début des années 1990. Cela a contribué à une hausse du niveau de la mer de 11,1 mm depuis 1992. Environ les deux tiers proviendraient du Groenland.

Pour étonnant que cela puisse paraitre, ça ne représente qu’un cinquième de la hausse des océans. Le reste est imputable à la dilatation thermique des eaux qui se réchauffent et aussi à la fonte des glaciers des reliefs montagneux.

Les deux calottes glaciaires semblent perdre plus de glace aujourd’hui qu’il y a 20 ans, mais le rythme de la perte de glace du Groenland est extraordinaire, avec une augmentation prés de cinq fois plus élevée qu’au milieu des années 1990” déclarait le chercheur Erik Irvins (JPL) qui a contribué à cette étude internationale publiée dans la revue Science du jeudi 29 novembre 2012.

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Chaque fois que l’on voit ces chiffres reflétant les changements en cours du climat global, indiquant des valeurs supérieures à celles qui étaient prédites dans le rapport du GIEC de 2007, on ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Va t’on continuer d’émettre toujours plus de dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère ? Voulons-nous une hausse des températures moyennes de 5° C ? Bien sûr que non ! Ce serait conduire, à l’horizon 2100, d’innombrables espèces vivantes, nous compris, à la ruine. Destruction des niches écologiques  par des épisodes intenses de pluies, de sécheresses, des coulées de boue, des incendies violents, des super-tempêtes, etc. Mauvaises récoltes, assureurs ruinés, économie en berne, guerres pour l’eau, les terres arables, etc. Bref rien de réjouissant. Les inégalités seraient aussi, on s’en doute, plus grandes que jamais.

Les effets du changement climatique sont déjà là. Pour éviter que la facture ne s’alourdisse, il nous incombe de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Or nous n’en avons jamais autant rejeter dans l’atmosphère qu’en 2011 : 34 milliards de tonnes (+ 2,5 % par rapport à 2010) ! L’Organisation Météorologique Mondiale (WMO) a fait savoir le 20 novembre dernier que la concentration de CO₂ dans l’atmosphère atteignait 390,9 parties par millions (ppm) en 2011. Les 400 ppm ont été dépassé cet été en Arctique (lire ici) ! Cela n’était pas arrivé depuis au moins 800 000 ans (voir courbes ici). Rappelons qu’avant l’ère industrielle, cette concentration n’était que de 280 ppm !

Avec la fonte du permafrost, sols gèles qui enferment de grandes quantités de méthane (23 fois plus puissant que le CO2) depuis des millions d’années, le risque est un emballement de la machine climatique. Pour l’heure, on ne peut que déplorer l’inaction des politiques des pays les plus puissants. Les égoïsmes nationaux persistent voire même s’intensifient et chacun détourne le regard de la “maison qui brule”. Les tentatives pour restreindre (contraindre) le réchauffement global à une augmentation de + 2° C ont malheureusement échoué. De récentes projections montrent qu’on se dirige vers + 5° C d’ici 2100 si rien n’est fait.

Article du Jet Propulsion Laboratory (JPL) sur les pertes de glace en Arctique et Antarctique ici.

Ci-dessous, et si les émissions de CO2 de New York étaient visibles ? :

Crédit photos : ESA/NASA/JPL et Planetary Visions, DTU (Greenland), UCL (Antarctica).

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