Découverte de grandes galaxies très fluettes qui étonnent les astronomes

fluffy galaxy
Avec ses quelque 60 000 années-lumière d’envergure, Dragonfly 44 (à gauche) est une des galaxies ultra-diffuses récemment découverte et confirmée. À droite, elle apparait toute pale et fluette au sein de l’amas galactique de la Chevelure de Bérénice auquel elle appartient

A leur grande surprise, des chercheurs ont débusqué des galaxies relativement grandes mais paradoxalement très peu peuplée d’étoiles (environ 1 % de la population de la Voie lactée !) qu’ils ont baptisé « galaxies ultra-diffuses ».

Comme on l’a vu récemment, des astronomes ont annoncé avoir découvert des galaxies extrêmement lumineuses dans l’infrarouge ou ELIRG (acronyme de Extremely Luminous Infrared Galaxies) aux confins de l’univers et une autre équipe pense, quant à elle, avoir débusqué des amas globulaires d’un nouveau type qu’ils qualifient de « sombres ». À présent, un groupe international de chercheurs emmenés par Pieter van Dokkum, de l’université de Yale, a confirmé à travers leur article publié dans The Astrophysical Journal Letters, l’existence d’une nouvelle et pour le moins étonnante classe de galaxies : des galaxies ultra-diffuses ou UDG (Ultra Diffuse Galaxies).

On connaissait les galaxies naines, des ensembles de modestes dimensions que l’on rencontre dispersés en grand nombre au sein de tous les amas galactiques — elles sont, par exemple, plus d’une trentaine dans notre amas local dominé par la Voie lactée et Andromède (M31) — et désormais, il faut compter aussi des galaxies aussi grandes que la nôtre, mais très peu denses. Les cas observés avec l’un des télescopes géants de l’observatoire Keck à Hawaï s’étendent en effet sur environ 60 000 années-lumière et n’affichent cependant qu’un seul pour-cent de la population d’étoiles de la Voie lactée (ce qui représente un à deux milliards de masses solaires).

Leurs découvreurs demeurent stupéfaits que des galaxies aussi fluettes aient survécu si longtemps aux danses cannibales de leurs massives congénères tout autour d’elles. « Elles ont été trouvées dans une région de l’espace dense et violente, remplie de matière noire et de galaxies virevoltant autour, explique le principal auteur de ces recherches, aussi nous pensons qu’elles doivent être enveloppées de leur propre bouclier de matière noire qui les protège des assauts intergalactiques. » Ces candidates UDG ont été débusquées dans le vaste amas de galaxies de la Chevelure de Bérénice (Coma) aussi désigné Abell 1656, distant de quelque 300 millions d’années-lumière de la Terre. Reste à savoir comment on obtient ces paquets de gaz, de poussières et d’étoiles d’un nouveau genre. « S’agit-il de galaxies ratées qui auraient bien démarré puis auraient ensuite manqué de gaz ? » interroge Roberto Abraham (université de Toronto), membre de l’équipe. « Furent-elles un jour des galaxies normales qui ont été tellement frappées dans l’amas de la Chevelure qu’elles ont gonflée ? Ou sont-elles des morceaux de galaxies arrachés et perdus dans l’espace ? ». Beaucoup de questions restent en suspens sur leurs origines et leurs compositions. Pour l’équipe, la prochaine étape sera d’évaluer les quantités de matière noire qu’elles emmagasinent.

En attendant, imaginez ce que serait notre vision du monde et de l’univers si nous étions nés dans l’une d’elles : « Si des extra-terrestres habitent sur une planète à l’intérieur d’une galaxie ultra-diffuse, commente Aaron Romanowsky (San Jose State University), ils n’auraient pas de bande lumineuse à travers le ciel, comme notre Voie lactée, pour leur dire qu’ils vivent dans une galaxie. Le ciel nocturne serait plutôt vide d’étoiles ».

galaxie fluettes
Quand on les compare à Andromède (M31) et les galaxies naines qui l’entourent, les galaxies ultra-diffuses apparaissent grandes et incroyablement peu peuplée d’étoiles

Crédit photos : P. van Dokkum/R. Abraham/J. Brodie et B. Schoening, V. Harvey/Reu Program/Noao/Aura/Nsf/P. Van Dokkum/Hubble Space Telescope.

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