Découverte d’un nouveau courant d’astéroïdes potentiellement dangereux

Un bolide de l’essaim météoritique des Taurides photographié en 2015. En l’arrière plan, on reconnait en haut à gauche, la nébuleuse d’Orion — Crédit : Ivo Scheggia, APOD

Un groupe de chercheurs tchèque qui a examiné 144 bolides appartenant à la famille complexe de l’essaim météoritique des Taurides a découvert qu’une nouvelle branche s’y ajoute. Un courant comportant des morceaux mesurant de quelques millimètres, inoffensifs, à plusieurs centaines de mètres, plus menaçants.

Selon une équipe de chercheurs tchèque, il existerait dans notre Système solaire un courant météoritique supplémentaire à ceux déjà connus qu’on appelle les Taurides. Parmi les innombrables corpuscules qui le composent, certains seraient des blocs mesurant plusieurs dizaines à centaines de mètres, ce qui n’est pas sans inquiéter. En effet, puisque leurs orbites croisent régulièrement celle de la Terre, ils pourraient éventuellement causer des dégâts à l’échelle régionale si l’un d’eux se trouve être sur une trajectoire de collision.
Les auteurs de cette étude à paraître dans la revue Astronomy & Astrophysics, soutiennent d’ailleurs que certains astéroïdes, découverts ces dernières années, appartiennent à ce filon météoritique et seraient en réalité des morceaux d’un seul et même corps-parent qui se serait brisé voici plusieurs siècles.
Les Taurides se produisent durant quelques semaines plusieurs fois dans l’année. Il y a notamment les Taurides du nord (elles doivent leur nom au fait que leur radient se situe dans la partie nord de la constellation du Taureau), actives surtout entre le 20 octobre et le 10 décembre, et les Taurides du sud (dans la partie sud du Taureau), entre le 10 septembre et le 20 novembre. Dans les deux cas, les observateurs ne relèvent guère plus de 5 météores par heure lors de leur maximum (respectivement le 12 novembre et le 10 octobre). Toutefois, il arrive que certaines années, comme en 2015, soient plus riches que d’autres. Des « sursauts » provoqués par la gravité de Jupiter, laquelle repousse en partie vers notre planète le flux des particules que la comète 2P/Encke a laissé dans son sillage. Car oui, ces essaims météoritiques sont associés à cette comète. Il est probable d’ailleurs, comme le supposent les chercheurs et d’autres avant eux, que Encke ne soit en fait qu’un fragment d’un corps qui fut beaucoup plus gros.

Les astéroïdes 2015 TX24 et 2005 UR ont des orbites très similaires à celles des bolides de 2015 associés au courant des Taurides que les chercheurs ont analysé. Toutes les orbites se croisent à 540 millions de km du Soleil. Est-ce là que le corps-parent s’est brisé ? — Crédit : Pavel Spurný et al.

Plusieurs astéroïdes partagent une orbite similaire à celles de plusieurs bolides

Le professeur Pavel Spurný et ses collègues se sont intéressés de près à quelque 144 bolides du cru 2015, particulièrement actif. Ces boules de feu (en anglais, fireball), des météores plus brillants que d’ordinaire, ont été observées depuis 15 stations de l’European Fireball Network réparties en République tchèque, en Slovaquie et en Autriche.
Ils ont pu inférer que 113 d’entre eux partagent des orbites aux « caractéristiques communes et forment ensemble une structure orbitale bien définie ». À environ 3,6 unités astronomiques du Soleil (approximativement 540 millions de km), ils ont relevé que leurs trajectoires se rapprochent toutes, ce qui suggère qu’ils pourraient être des éclats d’un corps qui s’est brisé à cet endroit. En outre, ils ont évalué dans leurs travaux que la masse de ces météoroïdes varie de 0,1 gramme à 1 tonne. « Nous avons constaté que [ceux]de plus de 300 grammes étaient très fragiles, alors que ceux de moins de 30 grammes étaient beaucoup plus compacts » écrivent-ils dans le communiqué de presse.
Tout indique d’après les données qu’ils ont compilées que des corps de taille métrique se baladent dans cette nouvelle « branche des Taurides », telle qu’ils l’appellent. Et d’autres encore qui sont plus gros, de l’ordre de plusieurs centaines de mètres. Pour eux, c’est quasiment une certitude, l’astéroïde 2015 TX24 appartient à cette famille, au regard de son orbite similaire. Et, ajoutent-ils, « c’est très probable pour 2005 UR, et possible 2005 TF50 ». Il est donc envisageable qu’il y est d’autres objets de cette taille, du genre que l’on n’aimerait pas qu’ils s’écrasent sur la Terre… Mais, comme toujours, ces corps sont sombres et froids, ce qui les rend difficiles à détecter.
Combien sont-ils exactement à être passés entre les mailles de nos filets ? Une poignée ou plusieurs dizaines ? Pour le savoir, les auteurs appellent à poursuivre les recherches sur ce courant des Taurides.

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1 Comment

  • Bonsoir, est-ce qu’un féru du domaine saurait me dire si dans la période d’activité des Taurides, il y a une possibilité d’observer ces astéroïdes? J’aimerais beaucoup pouvoir les voir de mes propres yeux. Ca ne fait bien sûr, jamais le même effet lorsqu’on regarde des photos.

    Merci d’avance.

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