Découverte de Jupiter Chauds avec des orbites rétrogrades

Six cas d'exoplanètes rétrogrades
Six cas d'exoplanètes rétrogrades (cliquez pour agrandir)

Une équipe d’astronomes a fait la découverte-surprise de six exoplanètes de type « Jupiter Chauds » dont leurs révolutions autour de leur étoile sont rétrogrades !

Le nombre d’exoplanètes ne cesse d’augmenter. A ce jour, on en dénombre 454 ! En étudiant 27 cas découverts récemment, les astronomes ont eu la grande surprise de constater que 6 d’entre elles ont un sens « orbital » rétrograde, inverse à celui que pourrait imprimer leur étoile … !

Cette étude lance « une véritable bombe dans le champ des exoplanètes » déclare Amaury Triaud, co-auteur de cette découverte réalisée avec la caméra Wide Angle Search for Planets (WASP) du spectrographe HARPS, installé sur le télescope de 3,6 mètres de l’Observatoire de La Silla. Tous les cas observés sont des Jupiter chauds, des planètes massives (comparables à Jupiter ou plus massives encore) très proches de leur étoile. Depuis qu’ils les observent, elles intriguent beaucoup les astronomes. Jusqu’alors nous ne connaissions pas de cas semblables. Rien de tel dans notre système solaire : quatre petite planètes telluriques relativement proches du Soleil et quatre géantes situées plus loin, au-delà de la ceinture d’astéroïdes ! Alors, comment des planètes géantes et gazeuses pourraient-elles exister à de si petites distances de leurs étoiles ?

Une des explications pour leur présence « à flanc d’étoile » serait qu’elles se forment dans les confins de leur système planétaire, à partir de glaces et de poussières, puis elles migreraient progressivement vers l’étoile centrale sous l’action des forces de marée gravitationnelles engendrées par le disque de poussières. Selon ce modèle, la planète géante rejoint son étoile après plusieurs millions d’années et s’aligne sur son axe de rotation … Comme cela a été annoncé par l’équipe de chercheurs, les observations récentes indiquent que certaines d’entre elles (six exoplanètes découvertes par transit) contredisent cette hypothèse et gravitent dans le sens contraire !

Pour l’instant, la principale explication avancée est une perturbation gravitationnelle d’un autre ordre au cours de la migration de l’objet. D’autres planètes voire d’autres étoiles compagnes pourraient être impliquées dans le processus, provoquant une migration lente sur plusieurs centaines de millions d’années. Cette théorie alternative anéantit, toutefois, les chances qu’un tel système planétaire possède des planètes telluriques et donc, des mondes similaires au nôtre.

L’enquête continue. Des milliers de système extrasolaire restent à explorer et nous n’avons pas fini de nous étonner !

Pour en savoir plus, « Retournement des théories de la formation planétaire ! » sur le site de l’ESO.

Crédit photo : ESO/A. C. Cameron.

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