Dans les entrailles de la nébuleuse de la Lagune

Au coeur de la nébuleuse de la Lagune
Au coeur de la nébuleuse de la Lagune

Le télescope de 8 mètres de l’Observatoire Gemini révèle les entrailles de la nébuleuse Messier 8, connue aussi sous le nom de la nébuleuse de la Lagune.

Souvent évoquée, la nébuleuse Messier 8 nommée par les astronomes la nébuleuse de la Lagune, est l’un des « objets célestes » les plus photographiés. Naturellement, le célèbre télescope spatial Hubble nous en a offert de superbes portraits (voir ici le plus récent d’entre eux), livrant au monde des détails impressionnant de cette gigantesque matrice d’étoiles !

Située à environ 5 000 années-lumière de nous, elle figure parmi les plus observées au cours des douces nuits estivales. Installée en direction du sillon sombre de la Voie Lactée, dans la constellation du Sagittaire (Sagittarius), il est possible de la distinguer avec une paire de jumelle. Bien entendu, on préféra une nuit claire, dénuée de toute pollution lumineuse et un horizon sud bien dégagé. Avec un instrument de plus grande ouverture et un plus fort grossissement, on peut découvrir le chenal ténébreux qui la partage en deux, telle une lagune …

Obtenue depuis le sol terrestre avec le télescope géant de 8 mètres de diamètre de l’Observatoire Gemini, l’image ci-dessus révèle les « dessous » de l’immense nuage de gaz, en particulier la zone dite de « la falaise du sud ». Julia Arias (Universidad de La Serena) et Rodolfo Barbá (Universidad de La Serena and ICATE-CONICET) qui ont réalisé ce gros plan spectaculaire, se sont intéréssés aux effets « Herbig-Haro » des nouveaux-nés stellaires ! Il s’agit de la rencontre brutale de la matière éjectée, à des vitesses très élevées, par ces jeunes pousses avec le gaz présent dans le milieu interstellaire. Une douzaine de ces phénomènes ont été relevé sur cette image qui ne montre qu’un fragment de la nébuleuse. Certains s’étendent sur plusieurs dizaines de milliards de kilomètres et d’autres, plus rares, couvrent plus de 4,6 années-lumières.

Toutes ces couleurs vives et acidulées de l’image ne sont pas les véritables. Dans ces régions plutôt mouvementées, où il se passe énormément de choses, il y fait plutôt sombre. Seules les étoiles chaudes parviennent à l’éclairer partiellement. Plusieurs des piliers de gaz turgescents abritent des étoiles en formation.
La couleur rouge trahit la présence, abondante, de l’hydrogène et le vert signale le souffre ionisé.

Nul besoin de rappeler que pour découvrir cette partie de la nébuleuse de la Lagune dans toute sa splendeur, il est préférable de la télécharger en haute résolution (1,1 Mb) et de l’afficher plein écran !

Crédit photo : Julia I. Arias/Rodolfo H. Barbá/Departamento de Física/Universidad de La Serena (Chile)/ICATE-CONICET (Argentina).

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