Curiosity : nouveau panorama virtuel de son environnement

Sur le chemin périlleux qu’il emprunte depuis début mars, Curiosity a photographié le paysage alentour, sur le flanc nord-ouest du mont Sharp qu’il gravit et jusqu’aux limites du grand cratère où il a atterri. Pour l’instant, ses roues n’ont pas trop souffert, pas plus que prévu.

Depuis son débarquement sur Mars, à l’intérieur du grand cratère Gale (154 km de diamètre), il y a déjà 44 mois, le 6 août 2012, Curiosity a parcouru quelque 12,7 km. Son enquête sur l’habitabilité passée ou présente de la Planète rouge a bien avancé. On a appris notamment que le site qu’il arpente – à présent, un désert aride -, fut il y a plus de 3,7 milliards d’années, un lac alimenté par des rivières descendant des reliefs qui l’entourent.

Début février, nous avions laissé l’astromobile d’une tonne devant la première dune d’un vaste ensemble nommé les « dunes de Bagnold », qui s’étend sur les premiers contreforts au nord-ouest du mont Sharp, ou Aeolis Mons (5.500 mètres d’altitude). À ce moment-là, en plus d’un nouvel autoportrait, nous avions pu nous transporter virtuellement dans cet environnement qu’il visitait depuis plusieurs semaines grâce à un savant montage des vues panoramiques capturées. C’était la première fois que des dunes martiennes furent étudiées sur place.

Le rover a repris la route mais depuis début mars, se retrouve confronté au terrain le plus chaotique de son aventure martienne. Cela ne l’a pas empêché de profiter de la vue sur presque tout le bassin où il a atterri et de la partager à nouveau avec nous (voir vidéo ci-dessous).

panorama Curiosity
Panorama à 360° réunissant des dizaines de photos prises avec la MastCam de Curiosity par un bel après-midi martien, le 4 avril 2016 (sol 1.302). Au premier plan, le plateau Naukluft que traversait alors le rover. À l’arrière-plan, à droite, le mont Sharp. À l’arrière-plan au centre et à gauche, les remparts du cratère Gale. Pour une vue complète en très haute résolution (attention : 110 Mb), cliquez ici. Crédit : NASA, JPL, MSSS

Les roues devraient tenir le choc

Curiosity traverse actuellement le plateau baptisé « Naukluft » qui, à l’instar de la « dune de Namib » fait référence au plus vieux désert du monde en Namibie (voir à ce propos la superbe photo prise par le satellite Sentinel-2A). Le grès qui affleure a été sculpté par les alizés martiens durant des dizaines de millions d’années si bien qu’il est jalonné de roches acérées, de trous, etc. qui sont autant d’obstacles à éviter le plus possible par les pilotes du rover pour ne pas endommager ses six précieuses roues.

Le périple n’est pas sans rappeler celui qu’il avait éprouvé en 2013 alors qu’il se dirigeait vers le mont Sharp. À l’époque, des perforations dans le revêtement métallique de ses roues de 50 cm de diamètre et large de 40 cm avait un peu inquiété les ingénieurs, les conduisant à modifier son parcours.

L’équipe qui surveille très attentivement leur état à travers les yeux de la caméra Malhi tous les 500 mètres est confiante : « Les fissures et les perforations se sont accumulées progressivement au rythme que nous avions prévu, sur la base de tests que nous avons effectué au JPL, explique Steeve Lee, directeur adjoint de Curiosity au JPL. Etant donné nos projections de longévité, je suis sûr que ces roues vont nous mener à destination sur le mont Sharp comme cela est prévu dans nos plans avant l’atterrissage » Et en effet, pour l’instant, par sa bonne conduite, les dommages semblent limités. Sur les 19 crampons zigzaguant sur chacune des roues d’aluminium, aucun n’a encore été brisé. Si tel était le cas, les tests réalisés sur Terre ont montré que si trois d’entre eux venaient à casser, cela réduirait l’efficacité de la roue (60 % de ses capacités). L’essentiel du poids du robot repose sur eux et ils permettent d’augmenter la traction, indispensable dans un milieu aussi accidenté que celui-là.

Dixième forage de Curiosity réalisé lors du sol 1.320 et photographié avec Malhi le lendemain. Son diamètre est de 1,6 cm et sa profondeur est de 6 cm. Crédit : NASA, JPL, MSSS
Dixième forage de Curiosity réalisé lors du sol 1.320 et photographié avec Malhi le lendemain. Son diamètre est de 1,6 cm et sa profondeur est de 6 cm. Crédit : NASA, JPL, MSSS

Dixième forage

Le 23 avril dernier, sol 1.320, Curiosity a opéré son dixième forage dans une zone plus claire nommée « Lubango » figurant dans une fissure de la couche de grès sur le mont Sharp. Lubango se situe à l’extrémité ouest du plateau Naukluft.

Il reste encore 7,5 km à parcourir au rover pour atteindre un empilement de couches géologiques riches en sulfates. Ce sera la plus haute des trois que les scientifiques ont à cœur d’étudier. Au préalable, il est prévu de se rendre dans celle contenant de l’hématite (détectée par l’orbiteur MRO), puis de visiter celle arborant des minéraux argileux.

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