Des astronomes ont identifié une étoile frère du Soleil

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A 110 années-lumière de la Terre, une étoile a été récemment identifiée comme étant un frère (ou sœur) de notre Soleil, tous deux nés au sein du même nuage moléculaire voici plus de 4,5 milliards d’années.

Né voici plus de 4,5 milliards d’années au sein d’un vaste nuage moléculaire — vraisemblablement sous l’impulsion d’une supernova, probable géniteur baptisé « Coatlicue » —, le Soleil ne fut, naturellement, pas la seule étoile à y « voir le jour », à l’image de ce qui est observé ailleurs dans les nébuleuses de notre galaxie. Désignés amas ouvert, ils sont nombreux dans la Voie Lactée à essaimer parcimonieusement leur population de jeunes étoiles. Parmi les plus célèbres et visibles à l’œil nu, on peut citer les Pléiades (M45), l’amas de Ptolémée (M7) ou la Ruche (M44). Certaines de ces fratries ne comptent que quelques centaines d’individus tandis que d’autres en arborent fièrement plusieurs milliers. À plus ou moins long terme, toutes les familles se désunissent. Un sort auquel, bien sûr, notre étoile (une naine jaune) et tous ses frères et sœurs n’ont pas échappé.

Auparavant suspecté d’abriter des congénères du Soleil, l’amas Messier 67 (M67) — cas particulier d’amas ouvert dans la constellation du Cancer composé d’étoiles du même âge que le Soleil —, de récents travaux réfutent cette hypothèse. Après des années de recherches, une équipe d’astrophysiciens apporte les preuves tangibles de l’identification d’une étoile qui serait issue du même nid que le Soleil.

Sur les traces de nos origines

En quête des origines, les astronomes s’interrogent sur l’environnement dans lequel baignait notre jeune Soleil. Une période déterminante et très animée qui a d’abord vu naitre rapidement les planètes puis la vie apparaitre à la surface de l’une d’entre elles. Pour Ivan Ramirez (Université du Texas), astrophysicien sur les traces des étoiles issues du même nid que la notre « nous voulons savoir où nous sommes nés » car « si nous pouvons comprendre dans quelle partie de la galaxie le Soleil s’est formé, nous pouvons contraindre les conditions (qui régnaient) dans le système solaire primitif. Cela pourrait nous aider à comprendre pourquoi nous sommes là » a-t-il expliqué. Par ailleurs, le chercheur n’exclut pas que ces congénères aient pu, eux aussi, connaitre un destin comparable à celui de notre système solaire : « les frères et les sœurs du Soleil sont des candidats clés à la recherche de la vie extraterrestre ». Combien de ces étoiles possèdent, en effet, une ou plusieurs planètes habitables ? Y a-t-il eu des échanges entre les systèmes planétaires ? Des comètes ou météorites (parfois des morceaux arrachés à la Terre primitive…) ont-elles migré d’un milieu à un autre ?, etc. Autant de questions en suspens qui intéressent les scientifiques.

Un frère dans le voisinage

Dans l’article à paraitre dans la revue The Astrophysical Journal (numéro du 1er juin), l’équipe de chercheurs emmenée par Ramirez décline l’identité, émaillée de solides arguments, d’une étoile-frère de notre Soleil. Un premier cas débusqué dans la même province galactique que nous, à quelque 110 années-lumière de distance. Cette recherche a nécessité des outils d’observation très sensibles comme le spectroscope à haute résolution qui équipe le télescope de Harlan J. Smith à l’Observatoire Mac Donald (Texas). Sur les 30 candidates patiemment traquées (7 le furent dans le ciel austral avec le télescope Magellan à l’Observatoire de La Campanas, Chili), l’équipe n’en retient qu’une : HD 162826 (également HR 6669 ou SAO 47009). Observable dans une paire de jumelles en direction de l’un des bras de la constellation de Hercule, l’étoile est décrite comme étant 15 % plus massive que le Soleil. Pour mettre la main sur les frères de notre Soleil, charge revient aux astrophysiciens de retrouver une même abondance en éléments chimiques parmi les sélectionnées. Pour l’équipe qui signe la découverte, il est capital de se « concentrer sur certains éléments chimiques clés ». À cet égard, la variation des baryum et yttrium est considérée comme déterminante. Un facteur susceptible de trahir sa région d’origine, la localisation du nuage moléculaire (ou de ce qui en reste).

Par ailleurs, pour affiner les profils, il incombe aux chercheurs de déterminer les routes qu’elles empruntent, leurs orbites dans la galaxie. Aussi, dans un avenir proche, le satellite GAIA leur sera-t-il d’une aide précieuse pour débusquer et caractériser les mouvements de ces étoiles situées au-delà de notre voisinage (110 années-lumière de nous, cela reste assez proche), dans toutes les directions.

Suivie durant 15 ans par les chasseurs d’exoplanètes, HD 162826 apparait exempt de « Jupiter Chauds » voire même de planètes géantes. Cela n’enlève rien cependant à la possibilité que des planètes rocheuses puissent y exister, estiment les chercheurs.

coatlicue
Une supernova a probablement favorisée la formation du Soleil et de dizaines d’autres étoiles voici plusieurs milliards d’années à l’instar de ce qui est observé aujourd’hui dans d’autres nuages moléculaires

Crédit photo : Ivan Ramirez/Tim Jones/McDonald Observatory.

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