Sursaut d’activité de la comète ISON photographié par Hubble

ison Hubble
ISON photographiée le 2 novembre par Hubble
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ISON photographiée le 2 novembre par Hubble

Au lendemain d’un premier sursaut d’activité de la comète ISON, Hubble a photographié sa chevelure de gaz et la queue de poussière qui n’a de cesse de s’étendre. Trois sursauts ont été observés au cours du mois de novembre par de nombreux astronomes amateurs et professionnels.

Au moment où je rédige ces lignes, la comète ISON n’est plus qu’à 54 millions de kilomètres du Soleil vers lequel elle se précipite à une vitesse supérieure à 250.000 km/h. (70 km/s.). Le compte à rebours a commencé avant le périhélie, prévu le 28 novembre prochain. Si elle survit au survol périlleux de notre étoile — à environ 1,1 million de kilomètres de sa surface — la comète dont nul ne connaît la taille exacte de son noyau (entre 2 et 4 km ?) pourrait être spectaculaire, les jours suivants, dans les vapeurs de l’aurore… Peut-être s’agit-il de « comète du siècle » comme l’espèrent beaucoup de spécialistes et de passionnés.

ISON 21 novembre
ISON et discontinuités dans sa queue de poussière le 21 novembre – photo de Joseph Brimacombe

Venue du nuage de Oort, aux confins du système solaire, la comète C/2012 S1 (ISON) voyage depuis environ 10.000 ans. C’est la première fois — et sans doute la dernière, car elle devrait, à terme, être éjectée du système solaire — qu’elle contourne le Soleil. Aussi, depuis qu’elle a franchi la « ligne des glaces » et abordée le système solaire interne, les observateurs amateurs et professionnels sont nombreux à suivre scrupuleusement sa progression et donc, son évolution.
À l’approche du brasier solaire, la glace qu’elle contient en grande quantité se sublime. La comète ouvre en partie ses entrailles et libère une partie des gaz et poussières piégés depuis 4,5 milliards d’années (précieux témoins restés intacts de la formation du système solaire). Au cours de cette période, le risque de dislocation et de désintégration est de plus en plus fort. D’ailleurs, les trois sursauts d’activité constatés au cours de ce mois de novembre sont probablement imputables à des explosions (fragmentation ?) de son noyau. Toutefois, l’intégrité de la comète ne semble pas menacée ! Du moins, pour l’instant car, comme toujours, ces « astres chevelus » sont par essence imprévisibles.

Ison par Hubble
ISON au fil des mois photographiée par Hubble

Le premier sursaut lumineux s’est produit le 1er novembre. Le lendemain, le télescope spatial Hubble enregistrait l’activité du noyau et de la chevelure (coma) à travers des filtres rouge et bleu (voir aussi les précédentes photos d’Hubble de la comète ISON, le 10 avril et le 9 octobre). Ceux-ci permettent aux astronomes de mieux distinguer l’anatomie intime de la comète. Les grains de poussière étalés dans la queue reflètent, en effet, davantage la lumière rouge tandis que les gaz de la coma réfléchissent plus la lumière bleue. À l’avant s’ajoute une teinte bleu vert qui trahit le carbone diatomique (C2) qui abonde dans son atmosphère. Sur ce portrait, chaque pixel représente 24 kilomètres. À présent, il est plus facile pour les astronomes amateurs de produire une image de la totalité de la comète au fur et à mesure que sa queue s’allonge (plus de 16 millions de km, le 20 novembre).

Le 13 novembre, une nouvelle explosion a fait bondir son activité d’un facteur 10 (voir « La comète ISON passe à la vitesse supérieure »). Le lendemain, la comète est devenue visible à l’œil nu. D’abord comme une pâle étoile de magnitude + 6.5 puis en quelques jours, elle a atteint une magnitude + 4 (22 novembre). Bientôt + 3.
Un nouveau sursaut d’activité se serait produit le 19 novembre et créé quelques discontinuités dans ses queues de poussières et de glace.

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Spectre de la comète ISON réalisé le 17 novembre

La fenêtre d’observation de la comète ISON s’amenuise au fur et à mesure qu’elle se rapproche du Soleil. Pour celles et ceux qui échappent à un ciel couvert, elle tiendra compagnie à la comète 2P/Encke (plus courte période connue : 3 ans), les 23 et 24 novembre à 4,7° de Mercure. S’enfonçant dans les lueurs de l’aube, il deviendra ensuite très difficile de l’observer. Il faudra patienter quelques jours après le périhélie si, bien sûr, elle a résisté.

Où se situe la comète ISON ?
Suivez au jour le jour, la position de la comète sur les cartes interactives

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Crédit photo : ESA/NASA/Hubble Heritage.

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