A-t-on découvert une neuvième planète (planète X) dans le Système solaire ?

Deux célèbres astronomes qui ont étudié l’orbite de plusieurs petits objets des confins du Système solaire sont convaincus, en vertu de leurs simulations, qu’il existe une neuvième planète autour du Soleil, 10 fois plus massive que la Terre.

Depuis 1930 et jusqu’en 2006, nous avions coutume de dire que notre Système solaire possède neuf planètes. Puis, la dernière et aussi la plus petite de toutes, Pluton, fut destituée étant donné le nombre croissant de planètes naines découvertes au début des années 2000 telles Éris, Sedna, Makemake, etc. En procédant à une redéfinition du terme planète, l’UAI fit aussi, par la même occasion, de Cérès – le plus gros corps de la ceinture principale d’astéroïdes -, la planète naine la plus proche de nous.

À la même période, la chasse aux exoplanètes était en plein boom et les découvertes de Jupiter-chaudes se multipliaient si bien que le modèle le plus courant de la formation et l’évolution de notre Système solaire fut remis en cause : pourquoi, après tout, Jupiter ne serait-elle pas plus proche du Soleil comme cela est observé ailleurs ? Le fameux modèle de Nice a apporté par la suite des réponses convaincantes quant à la disposition actuelle des planètes, supposant entre autres que Jupiter avait commencé à migrer jusqu’à ce que Saturne, aidée aussi d’Uranus et Neptune, ne modifient sa trajectoire.

Il y aurait donc autour du Soleil, quatre planètes rocheuses (Mercure, Vénus, Terre et Mars) et plus loin, quatre géantes gazeuses (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune). Il ne faut pas croire cependant que Neptune marque les limites du Système solaire et que Pluton en a été exclue, comme on peut parfois l’entendre… Au-delà de la géante glacée découverte en 1846, il y a une multitude d’objets transneptuniens, des astéroïdes, des comètes et des « plutoïdes » appartenant à la ceinture de Kuiper et, jusqu’à une année-lumière de l’étoile centrale, le nuage de Oort (qualifié de réservoir de milliards de comètes). Tout cela n’obéit à la voix que d’un seul « maître » : le champ gravitationnel de notre Soleil (une étoile sur des centaines de milliards d’autres dans la galaxie).

planète X
Illustration de l’hypothétique planète X

L’hypothèse d’une cinquième planète géante

Depuis quelques années, les singulières orbites très elliptiques de 13 corps de la ceinture de Kuiper (dont les demi-grand axe vont entre 150 et 525 UA), parmi lesquels Sedna, plus ou moins inclinés à 20° par rapport au plan de l’écliptique, ont invité plusieurs chercheurs à supposer l’existence d’un astre qui influencerait suffisamment leurs trajectoires. Dans un article publié ce mercredi 20 janvier 2016 dans la revue The Astronomical Journal, Mike Brown et Konstantin Batygin, de Caltech, démontrent au moyen de leurs simulations qu’il n’y a qu’une explication possible à la disposition de ces corps : une neuvième planète, 10 fois plus massive que la Terre, se cache quelque par là, à une distance 20 fois supérieure à celle de Neptune (qui elle est déjà, en moyenne, à quelque 30 unités astronomiques, c’est-à-dire 30 fois la distance Terre-Soleil).

Pour les deux hommes – Mike Brown est connu, entre autres, pour la découverte en 2003 d’Éris (ce qui lui valut d’être surnommé le « tueur de Pluton ») et Konstantin Batygin, son ancien assistant, pour ses nombreuses recherches du haut de ses 29 ans – le périhélie de cette planète peut-être grosse que Neptune serait à 200 UA et son aphélie à plus de 600 UA, voire 1 200 UA. Une année sur cette hypothétique planète X glaciale durerait entre 10 et 20 000 ans ! Elle serait si sombre, de par sa situation dans les confins du Système solaire, et si lente qu’on peut facilement la confondre avec des étoiles faibles (les étoiles apparaissent fixes au contraire des planètes qui se déplacent : ce sont des « astres vagabonds »), qu’elle aurait échappé jusqu’à présent à sa détection, y compris dans l’infrarouge. Pour les deux chercheurs, elle ne devrait pas être loin de son aphélie (le point de son orbite elliptique le plus éloigné du Soleil), car à l’opposé, au périhélie, elle aurait pu être débusquée ces dernières années.

Bien sûr, il faut se garder de conclure trop vite à sa découverte, car pour l’instant, absolument rien de semblable n’a été observé. Les auteurs de ces recherches estiment qu’un grand télescope comme Subaru, à Hawaï, serait en mesure de la trouver d’ici 5 ans. L’objet, s’il existe bel et bien, ne produit pas de lumière comme une étoile aussi, sera-t-il très difficile de le distinguer dans le vaste océan interplanétaire. Voici deux ans, la Nasa avait conclu qu’il n’y a pas de planète X dans notre système planétaire, du moins plus massive que Jupiter, car WISE n’a rien détecté de tel. Certes, mais si cela se trouve, la planète mystère surnommée Phattie apparait dans les sondages du ciel de ce satellite.

L’affaire, pleine de rebondissements, n’est pas sans rappeler la découverte de Neptune, dont l’existence fut préalablement supposée du fait des irrégularités de l’orbite d’Uranus. Il en fut de même avec Pluton, moins d’un siècle plus tard. Nombre d’astronomes depuis l’antiquité, intrigués par des anomalies ou décalages des orbites de certaines planètes visibles remirent en cause les modèles, tout ceci nous conduisant pas à pas, à affiner nos connaissances de la mécanique céleste.

recherche planète X
Crédit : JPL; BATYGIN AND BROWN/CALTECH; (DIAGRAM) A. CUADRA/SCIENCE
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1 Comment

  • la planète x est bel et bien là quelque part dans le système solaire; mais les paramètres avancés par l ,équipe à sa tète M.Brown sont trés exagérés:et si je le dis c,est que je parle en connaissance de cause…amicalement votre :mustapha

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